La double casquette d'Edward Levy
mercredi 15 janvier 2020

Edward Levy
Edward Levy © Scoopdyga

Considéré comme l’un des meilleurs cavaliers de sa génération, Edward LEVY réussi le pari de s’installer à haut-niveau en quelques années. Le talentueux cavalier de vingt-cinq ans, arrivé depuis peu au Haras de Lécaude (Calvados), lève le voile sur son nouveau système !

L’ancien élève modèle de Patrice Delaveau en a fait du chemin, écumant régulièrement les podiums des plus beaux CSI 3* et 4*, il s’est aligné en CSI 5* dès 2017, notamment à Paris, Valence, New York, Falsterbo, Calgary…
En plus de la qualité de son équitation, fruit de travail et de talent, Edward Levy semble avoir trouvé la stabilité nécessaire pour développer un système pérenne.

« Développer une activité de commerce et de sport de haut niveau. »

Après avoir élargi ses expériences en Allemagne puis aux Etats-Unis, le pilote français a rejoint la Normandie. Et après trois années passées au Haras du Breuil, Edward Levy tourne une page et s’installe au Haras de Lecaude propriété de la famille Giraud. Si certaines questions se sont posées dans le cadre de la refonte de son système, il n’en a pas été le cas dans l’esprit du jeune cavalier concernant l’emplacement des écuries. Edward est très attaché à la Normandie pour son calme ressourçant à l’écart des pistes de concours mais également pour le cadre sportif que cette région intrinsèquement liée au cheval apporte : les conditions semblent réunies pour y développer un projet fleurissant. C’est d’ailleurs à quelques centaines de mètres qu’évolue une autre écurie focalisée vers le haut niveau, celle de la championne Penelope Leprevost.

Un système, trois objectifs

Jusqu’à présent soutenu par la structure Show Jump International, Edward pourra désormais compter sur le Haras de Lecaude ainsi que des propriétaires indépendants pour développer ses activités. Cette collaboration rassemble aujourd’hui une vingtaine de chevaux dans l’écurie. Ce système s’organisera autour de trois axes : s’installer durablement à haut niveau, développer en parallèle une activité de formation et de commerce de chevaux, et construire un réservoir de chevaux suffisants. Le sport évolue très vite et pour perdurer à haut niveau, il n’y a pas de mystère : le renouvellement et le commerce sont essentiels pour maintenir un piquet de chevaux aguerri. « L’objectif est de rentrer des jeunes chevaux. Outre le fait que leur formation est primordiale, les chevaux prêts sont presque inachetables. »

Rentabiliser le haut-niveau

A l’heure où les bénéfices sportifs ne peuvent couvrir toutes les charges d’une écurie de haut niveau, le cavalier professionnel diversifie ses activités vers la commercialisation de chevaux de sport. « Le commerce prend une place très importante si on veut perdurer. Faire fonctionner une écurie est couteux. Les frais engagés, notamment de déplacements, d’engagements en concours, les employés ainsi que les achats de chevaux avec les partenaires impliquent d’avoir des rentrées autres que celles du sport qui ne sont pas régulières. »
Difficile est l’équilibre à trouver face à l’éternel dilemme des cavaliers : vendre les bons chevaux ou les garder pour accéder au haut-niveau. C’est avec un sens aigu de la réalité qu’Edward analyse la situation. « Parfois on va en garder, parfois on va en vendre. Les situations décideront mais il y a des prix qui ne se refusent pas », explique le jeune homme qui n’entre pas dans la sphère du commerce sans réflexion. « Pour une activité de commerce régulière il faut disposer d’un panel de jeunes chevaux, un panel de chevaux de 8 à 10 ans et des chevaux d’âge plus adaptés à une clientèle amateur ».

Si évoluer au plus haut niveau demeure l’objectif principal, Edward salue l’étroite collaboration qu’il a développée au fil des saisons avec Simon Lorrain, cavalier installé en Moselle. « Je le considère comme mon associé. Simon m’a beaucoup aidé à développer mon piquet de chevaux. Pour deux minutes de sport sur la piste, j’ai derrière moi toute une équipe qui œuvrent et contribuent à l’aboutissement de mes objectifs »

La double casquette

« Etre un bon cavalier ne suffit pas à développer un système rodé, il faut être un véritable chef d’entreprise », analyse Edward. Dans la recherche de l’excellence pour une écurie axée sur le sport de haut niveau, il faut savoir s’entourer d’une équipe solide. « Tous les jours je sens que je suis de plus en plus un cavalier ET un chef d’entreprise. Avoir une équipe c’est avoir des employés ». Et pour le seconder au Haras de Lécaude, Mathis Burnouf, âgé de dix-huit ans, originaire de la Manche, préparera et valorisera désormais les chevaux de 4 à 8 ans.

Au sein d’une filière équine complexe et internationale, les très nombreuses démarches administratives alourdissent la charge de travail. Pourtant elles sont indispensables : « J’ai une personne au bureau qui se charge de l’intendance et de la comptabilité, les papiers pour partir à l’étranger, les organisations de concours, les nouvelles arrivées de chevaux, les transports plus ou moins lointains… ». Cinq autres employés gravitent autour des chevaux dont les deux grooms Ophélie Beaudelot et Mailys Pillette et c’est avec émotion qu’Edward souligne le travail formidable qu’elles accomplissent d’année en année ainsi que la chance qu’il mesure de pouvoir s’appuyer sur une équipe aguerrie.

L’évolution en ligne de mire

A l'aube de la saison 2020, le surdoué peut compter sur les chevaux qui ont déjà performé à haut niveau comme l’excellent bai Sirius Black (Calisto du Petray), Rebeca LS (Rebozo La Silla) achetée en mars 2018 par le Haras de Lécaude, sa fidèle Starlette de la Roque (Jumpy des Fontaines), Uno de Cerisy (Open Up Semilly) 2ème d’une épreuve à 1m50 au CSI4* de Maastricht, le fils de Dutch Capitol de 11 ans Drag du Buisson Z et Blue Moon une jument Holsteiner par Diarado repérée par Simon Lorrain. D’autres plus jeunes recrues évolueront sur des épreuves intermédiaires ou le circuit SHF. « J’ai cinq chevaux de 7 ans qui représentent beaucoup d’espoir. »

L’objectif principal est d’être toujours compétitif en CSI5*, et Edward garde évidemment l’envie de défendre les couleurs tricolores notamment en circuit Coupes des nations mais également en Championnat. « J’essaye d’être très objectif et réaliste, au long de ma carrière j’espère devenir un cavalier sur lequel on pourra compter en Championnat. Pour cela il faut des chevaux avec le profil. ».
S’il faut laisser le temps aux choses le cavalier émérite a cette année intégré la sélection Rider’s Lab, mis en place par l’équipe de Christophe Ameeuw, et dont l’objectif est de soutenir les meilleurs jeunes talents et leur offrir l’opportunité de se former face aux meilleurs cavaliers et chevaux de la planète. Les Longines Masters est donc un circuit qui tiendra à coeur cette saison au cavalier, qui n’écarte pas non plus le Longines Global Champions Tour,, qui permet également de se confronter aux meilleurs.