La médaille d'or belge, ils l'ont méritée et décrochée !
vendredi 23 août 2019

Podium Rotterdam 2019
Les Belges, bras dessus-dessous sur le podium, c'est l'image que l'on conservera des Européens de Rotterdam

Voilà soixante-deux ans que les Belges couraient après la médaille d'or aux Européens, c''est désormais chose faite à Rotterdam ! Plus que quelques parcours bien exécutés, c'est l'aboutissement de systèmes pensés par les cavaliers mais aussi par les fédérations et cela transparait d'autant plus lors d'une année qualificative pour les Jeux Olympiques. La nouvelle génération belge est en marche.

A la reconnaissance du parcours de la finale par équipes, les cavaliers ont découvert un parcours totalement différent des deux premiers jours : "Le premier était un vrai parcours de chasse, pas trop haut mais avec un tracé pour de la vitesse. Hier était un autre type de parcours plus piégeux et délicat et aujourd’hui c’est plus massif", analysait le Belge Jérôme Guery. L'occasion de souligner le fantastique travail des chefs de pistes, Louis Konickx et Alan Wade, depuis le début du championnat. La diversité des parcours proposés a semblé plaire aux Belges qui se sont montés sur la plus haute marche du podium par équipes cet après-midi. 

Une médaille d'or sans précédent pour la Belgique

"Que puis-je dire ? Je suis très très heureux, pas seulement pour moi mais aussi pour mon équipe. Je pense que c’est une médaille que nous méritons vraiment", affirmait Pieter Devos. Armés de quatre excellents chevaux mais surtout d'une volonté et d'un mental d'acier, les Belges ont réalisé une finale mémorable. Huitièmes après la Chasse, les Diables Rouges ont signé une remontada fulgurante en reprenant la tête dès le lendemain. Aujourd'hui, il ne fallait rien lâcher face à la redoutable équipe allemande partie pour décrocher sa huitième médaille d'or. Si la médaille d'argent a été sécurisée après le parcours de Jérôme Guery, il a fallu attendre le passage du quatrième couple, Grégory Wathelet et MJT Nevados S, pour assurer l'or. Plus qu'une performance sportive, il faut saluer la solidarité des cavaliers, en témoignait le soutien infaillible des réservistes Niels Bruynseels et Nicolas Philippaerts à leurs côtés. "Nous sommes une jeune et nouvelle génération et cela fait plusieurs années que nous travaillons. Nous sommes surtout de bons amis et c’est ce qui a fait que nous sommes sur le podium aujourd’hui", ajoutait Pieter avant de conclure, "à chaque championnat nous nous loupions de peu et aujourd’hui nous avons prouvé que nous sommes là. La qualification olympique était l'objectif, l'or est la cerise sur le gâteau et c’est un sentiment superbe pour la Belgique. " C'est effectivement la première fois que la Belgique décroche le plus beau métal aux Européens, "sûrement parce qu’elle ne m’avait pas en chef d’équipe avant", plaisantait le chef d'équipe Peter Weinberg. 

La Belgique sera donc aux Jeux Olympiques l'année prochaine, elle qui était passée à côté de ses Jeux Equestres Mondiaux, première chance de qualification pour les JO. Elle décroche le premier des trois tickets pour Tokyo, les deux autres ayant été alloués à la Grande-Bretagne et la France. 

La Grande-Bretagne, ou l'aboutissement d'un travail de longue haleine

Champions olympiques à Londres, champions d'Europe à Herning en 2013, les Britanniques n'avaient plus récolté de breloque depuis le sacre de Nick Skelton et Big Star aux Jeux Olympiques de Rio. "Je pense que nous avons enfin réussi", soufflait la chef d'équipe Di Lampard. Pendant trois ans, la Grande Bretagne s'est cherchée, renouvelée, reconstruite et retrouvée. Le retour de Ben Maher et Scott Brash avec de nouveaux chevaux a été salutaire mais une nouvelle dynamique a émergé ces dernières années, il suffit de regarder le nombre de médailles glanées lors des championnats d'Europe Jeunes et l'arrivée de nouvelles têtes à l'image de Holly Smith et Amanda Derbyshire, qui se sont toutes les deux bien battues à Rotterdam. Cela a fini par payer puisque la Grande-Bretagne a décroché le bronze cet après-midi. "Nous avions en tête la qualification pour Tokyo, c’était un travail compliqué parce que l’année a été dure pour nous. Nous avons un collectif incroyable avec un très bon esprit d'équipe. Toutes les choses ne se sont pas passées comme on le voulait cette semaine mais nous avons fait ce qu’il fallait aujourd’hui", expliquait Ben Maher. 

La France a également achevé sa course à la qualification olympique en terminant quatrième par équipe et en décrochant le troisième ticket mis en jeu pour Tokyo. Pour Thierry Pomel et l'ensemble du staff français, le soulagement primait ce soir (lire ici). L'Irlande et l'Italie s'affronteront donc une dernière fois à Barcelone pour tenter de participer aux Jeux. 

À Rotterdam, la récolte de médailles n'est pas terminée. Il reste encore la finale individuelle dimanche dans laquelle la Belgique peut de nouveau briller: en signant deux des quatre double sans-faute de ces deux derniers jours, Jos Verlooy et Grégory Wathelet pointent respectivement aux deuxièmes et quatrièmes places. Ils tenteront de détrôner Ben Maher, en tête du classement provisoire avec l'agile, respectueux et puissant Explosion W. "Mon cheval saute de façon incroyable, il est vraiment formidable. J’ai eu une petite frayeur sur le milieu du triple mais il est en très grande forme. Je suis content qu’il ait un jour de repos, j’ai hâte d’être à dimanche !", avouait l'Anglais. Sixième et premier français qualifié aux côtés de Nicolas Delmotte et Pénélope Leprevost, Alexis Deroubaix, possède encore de grandes chances de médailles avec Timon d'Aure. 

Les résultats par équipes : ICI.

Le classement individuel : ICI