Le haras des Princes détrône un prince.
dimanche 21 février 2010

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A la remise des prix © Sylvia Flahaut

Avant-dernier à s’élancer dans le
barrage du GP du CSI2* de Strazeele (59), le cavalier du Haras des Princes,
Guillaume Foutrier, est brillamment parvenu à rattraper et à détrôner le prince Abdullah Al Saud qui, en compagnie d’Obelix, avait annoncé la couleur question chrono. A voir l'interview de Guillaume Foutrier

Quarante six couples avaient pris le départ de l’épreuve dessinée par Eugène Mathy, dimanche, au Haras des Rooses de Strazeele (59). Pas de difficulté majeure, à en juger par les prestations des cavaliers, hormis peut-être un triple en fin de parcours, qui a causé quelques difficultés aux sportifs et à leur monture. Pour les Pays-Bas, c’est Annet Willems, en selle sur Nirvana, qui ouvrira le bal des sans faute. Au total, le jingle du parcours sans pénalité retentira dix fois dans le grand manège. Les tricolores n’ont pas manqué de répondre présents. Thomas Leveque et Oupila Hoy, pour le haras du Vulsain, se qualifieront pour le deuxième manche, tout comme Clémence Laborde et Ups’n Down, Alexis Gautier et Helios de la Cour II ou encore, le Nordiste Guillaume Foutrier et sa bonne Klaire d’Honvault. Luxembourg, Hollande, Grande-Bretagne et Arabie Saoudite s’invitent également au barrage. Dans la cabine du jury, derrière son micro, la speakrine, Véro Lecocq est ravie. Cinq nations sont représentées. « Voilà qui s’annonce d’ores et déjà passionnant, scande-t-elle. Une vraie finale internationale !

Deuxième cavalier à s’élancer pour l’Arabie Saoudite, le prince Abdullah Al Saud, en selle sur l’ancienne monture d’Hervé Godignon, Obelix, donne le ton. Virages serrés, saut de biais sur la spa… La prise de risques et le jeu sont les devises momentanées du parcours du cavalier. Résultat, un chrono inférieur de plus de deux secondes à la cavalière hollandaise, Annet Willems, qui avait signé le premier sans faute du barrage. Un objectif pour les cavaliers suivants : rattraper le prince.Pas évident et pourtant le Britannique Graham Lovegrove et Tin Tin y mettront tout leur cœur. Rien n’y fait, l’Arabie reste en tête. Reste deux cavaliers à entrer en piste. Si le fair-play est de rigueur dans les tribunes et sur le bord de piste, l’entrée de Guillaume Foutrier dans l’arène fait espérer les Nordistes. A la sonnerie, le cavalier du Haras des Princes lance sa jument dans une cadence soutenue, aborde de loin son premier obstacle, puis serre ses courbes. Lorsque le couple franchit l’oxer de fin, difficile de savoir s’il s’est s’emparé ou non de la tête. Véro Lecocq ne dissimule pas bien longtemps le résultat. Le Français devance le prince arabe d’un peu moins d’une seconde, et signe une victoire de plus avec Klaire d’Honvault. Sur la troisième marche du podium, le britannique Graham Lovegrove, juste devant la cavalière des Pays bas, Annet Willems.

« Klaire préfère les terrains un peu plus grands, admet son cavalier. Mais aujourd’hui, sur la fraîcheur, elle a donné le meilleur d’elle-même. Nous avons fait Manerbio (Ita) récemment, où elle s’est classée chaque jour parmi les trois premiers. Sur l’avis de Patrick Caron, avec qui je m’entraîne depuis quatre ou cinq ans, nous avons choisi de venir à Strazeele ». Les internationaux orchestrés par le Haras des Rooses ne manquent en effet pas d’atouts pour attirer les cavaliers. Selon Bernard Vandecasteele, vice président de l’association hippique strazeeloise, l’avis des cavaliers prime. « Par rapport à l’édition 2009, nous comptons une centaine de chevaux en plus, explique-t-il. Nous avons vu arriver cette année de nouvelles nations, comme l’Estonie ou le Luxembourg. C’est encourageant. Le premier concours a eu lieu à Strazeele en juillet 2002, c’était un national Pro 2, se souvient Bernard Vandecasteele. Depuis, nous avons connu une très belle progression qui résulte de plusieurs facteurs. La qualité des pistes, le dynamisme de la quarantaine de bénévoles, l’investissement de la famille Vanhersecke sont, entre autres, des éléments qui font que le concours est apprécié des cavaliers et gagne en notoriété ». Et pour les cavaliers, inutile de préciser que certains aménagements sont appréciables. Sur le paddock, un chapiteau de 1600 m2 carrés a été dressé en prévision des intempéries. Quant au fait d’évoluer vers l’obtention d’une étoile supplémentaire, le vice-président n’est pas entièrement contre, mais préfère garder les pieds sur terre. « Pour l’instant, il s’agit de réussir ce que l’on sait faire, explique-t-il. Pas question de vouloir aller trop vite, et deprendre des risques. L’idée nous séduit, certes, mais un certain nombre de projets doivent se réaliser au préalable ». En attendant, les internationaux de Strazeele, aussi jeunes soient-ils, ont encore de beaux jours devant eux.