Le retour des puissances et six barres ?
jeudi 30 juin 2022

Epreuve des six barres
Epreuve des six barres © PSV

Tendances et présentes au programme de nombreux événements il y a encore quelques années, les épreuves de puissance et de six barres ont peu à peu été boudées par les organisateurs. Dans un contexte où les cavaliers de saut d’obstacles plébiscitent de plus en plus les terrains en sable et ne veulent plus de rivière sur leurs parcours, ces épreuves un peu particulières peuvent-elles revenir au sein des programmes ?

À Dunkerque, chaque année, c’est presque une tradition : le CSI indoor du mois d’octobre voit sa soirée du samedi prise d’assaut par les spectateurs. On joue des coudes pour se trouver une place de choix, dans le manège ou au sein du club house, pour assister à l’épreuve reine de l’événement : la puissance. Entre 2 000 et 2 500 personnes, néophytes et connaisseurs, viennent au Club hippique de l'Afgand pour voir la douzaine de couples engagés se frotter à l’impressionnant mur, disposé dans la diagonale du manège. L’ambiance est toujours de mise et chauffe à hauteur des centimètres pris par l’obstacle (et sans doute des gobelets de bière consommés également).

Cette épreuve, que François Gilmet - qui a succédé à son père Michel à l'organisation de l’événement il y a dix ans - s’attache à mettre au programme de son concours chaque année, existe depuis 1980, soit deux années après la première édition du CSI dunkerquois. Cela fait donc quarante-deux ans que la puissance est courue, chaque année, quasiment sans exception. Parmi les cavaliers qui ont inscrit leur nom au tableau des victoires : le Belge Philippe Lejeune en 1983, Philippe Rozier l’année suivante, Bruno Broucqsault en 1993, Kevin Staut en 2003 ou encore Julien Anquetin dix ans plus tard.

« La puissance draine plus de spectateurs que le Grand Prix »

Cette "épreuve spectacle", comme François Gilmet l’appelle, fait partie intégrante de l’identité du concours. « Le samedi soir est un moment que certains spectateurs ne louperaient pour rien au monde », indique-t-il. « C’est un spectacle, qui draine différents types de publics et plus de monde que le Grand Prix du dimanche. Il y a une émulation, ça rompt avec la monotonie d’un concours, ça le fait vivre. Le public est vraiment captivé et il participe. Et je pense que les cavaliers qui s'engagent dans cette épreuve aiment cette ambiance, il y a une vraie adrénaline. »

L’organisateur indique que, depuis plusieurs années, le nombre d’engagés dans l’épreuve - entre dix et quinze - est stable. « Les cavaliers qui participent à la puissance possèdent un cheval adapté à ce type d’épreuve. Je prends l’exemple de Mathieu Billot, qui a gagné l’an dernier et en 2019 avec Dassler (Douglas, KWPN). Il engage spécifiquement ce cheval là dans cette épreuve parce qu’il sait que c’est dans ses cordes et qu’il est adapté. Je pense que les cavaliers professionnels savent parfaitement ce qu’ils peuvent demander ou non à leurs chevaux, ils savent jusqu’où ils peuvent aller. Ce qui n’est pas forcément le cas des amateurs, pour lesquels je serais plus réservé quant à une participation à une épreuve de ce type. »

Une épreuve économiquement intéressante

Si l’épreuve de puissance, à proprement parler, avec un mur, a presque disparu de la majorité des concours, l’épreuve des six barres subsiste, çà et là, comme à Maubeuge (59), où Valère Cogniot, directeur du concours, la défend bec et ongles. « Pour un organisateur de concours, l’épreuve des six barres est un élément fort de la compétition et ce, à plus d’un titre », détaille le directeur du groupe Lorban, qui porte à bout de bras le CSI3* de Maubeuge.

La suite de cet article est à découvrir dans le numéro 424 de L'Eperon Hebdo (paru le 29 juin 2022), disponible sur notre boutique en ligne.