Les Français à la noce aux Longines Masters de Paris !
dimanche 08 décembre 2019

Simon Delestre et Hermès Ryan Longines Masters Paris 2019
Simon Delestre et Hermès Ryan Longines Masters Paris 2019 © Scoopdyga

Malgré la grève qui sévit depuis jeudi, quelques 55 000 spectateurs ont fait le déplacement à Villepinte cette semaine pour assister aux Longines Masters de Paris et ils n'ont pas été déçus par le dénouement final : un triplé historique des Français dans le Grand Prix dominical et la victoire de Simon Delestre associé à son charismatique Hermès Ryan.

"Pour le dixième anniversaire des Longines Masters, j'ai demandé aux Français de faire les choses bien, je n'en attendais pas autant !", plaisantait Jean Luc Poulain, le président du salon du cheval de Paris, en conférence de presse. Et pour cause : les Bleus ont trusté les trois places du podium dans le Grand Prix des Longines Masters. Certes, la Marseillaise résonne régulièrement dans le hall du Parc des Expositions de Villepinte, comme en 2016 lors de la victoire de Kévin Staut dans le Speed Challenge ou en 2011 avec celle de Pénélope Leprevost dans le Grand Prix, mais jamais encore les Bleus n'avaient été aussi bien représentés à la remise des prix. 

Simon, Kévin, Bosty... Et Félicie ! 

Au terme d'un barrage à six, la victoire est revenue à Simon Delestre et Hermès Ryan. Le couple s'était déjà sorti aisément du premier tour : "L'enchainement le plus délicat pour moi c'était du 3 au 4 avec une distance de cinq foulées un peu longues pour Ryan. Je devais absolument faire six foulées mais cela impliquait de rentrer dans le triple avec des foulées décroissantes. Il fallait que Ryan trouve l'énergie pour en sortir, ce qu'il a fait. Le reste du parcours était gros mais on a vu de belles choses avec des fautes un peu partout", confiait Simon. La paire a ensuite réitéré au barrage. Dernière à partir, elle a réussi à abaisser de quelques dixièmes le chronomètre de référence établi par Kévin Staut . "Je n'avais pas vraiment le choix, il y a eu quatre sans-faute avant moi. J'ai donc tout tout joué sur le barrage. J'ai respecté les contrats prévus en préparant mes virages pendant les sauts. Ryan est un cheval qui est très rapide au sol. Je pense que j'ai gagné du temps dans les courbes et pas dans les lignes droites", analysait le Lorrain qui a répété à maintes reprises que son petit alezan était tout bonnement incroyable aujourd'hui.

Kévin Staut termine finalement deuxième avec son complice, For Joy van'T Zorgvliet*HDC. Le Normand nourrissait quelques regrets quant à son barrage et plus précisément sur le dernier virage qu'il n'a pas assez anticipé et qui lui a fait perdre quelques précieux dixièmes de seconde. Il peut en tout cas se réjouir de la régularité de son bai sur les trois derniers Grands Prix qu'il a couru. Kévin devance Bosty, qui sellait pour l'occasion sa précieuse Sangria du Coty. "Ma jument a réalisé un bon premier tour. J'ai du prendre des risques sur le dernier obstacle pour rentrer dans le temps. Je n'ai pas fait énormément de barrages à cette vitesse là et je sais qu'elle n'est naturellement pas la plus rapide mais je suis content de ce qu'elle a réalisé", concluait le Barbizonnais. Le week-end a en tout cas été excellent pour lui puisqu'il s'est classé dans pratiquement toutes les épreuves auxquelles il a pris part.  

La dernière mais non la moindre des tricolores classés dans ce Grand Prix est Félicie Bertrand. La Normande était comme toujours accompagnée de sa petite pépite, Sultane des Ibis. En jouant l'ouvreuse au barrage, elle n'a peut-être pas pris le maximum de risques. Elle termine cinquième, derrière Darragh Kenny et devant Christian Ahlmann avec le fils de son ancien crack Taloubet Z baptisé Take A Chance On Me Z

Grégory Bodo signe encore un sans-faute

Les français n'ont pas été bons qu'en piste, ils l'ont aussi été en coulisses. Si le spectacle a été aussi réussi, c'est notamment grâce au travail du chef de piste Grégory Bodo. La qualité des parcours proposés tout au long du week-end et plus particulièrement aujourd'hui, a été saluée de tous. "C'était intéressant à monter, il y a eu des fautes de partout, l'ensemble était très très subtil et le temps juste et cela a obligé les cavaliers à monter dans le rythme ce qui reste la base de l’équitation", rappelait Kévin. Sur les 42 couples au départ, quinze ont renversé une barre, deux se sont retrouvés aux portes du barrage pour un point de temps dépassé et six ont terminé sans-faute, ce que Simon considérait comme confortable : "Nous courons beaucoup de barrages à quatorze, quinze voire seize ou six-sept et il n'y a rien de pire pour un cavalier, autant faire quatre points pour économiser les chevaux plutôt que de leur faire répéter des sauts sans être classé au final." L'intéressé expliquait quant à lui que la fluidité était le maître mort dans la construction de ses parcours : "Il fallait monter avec beaucoup de précision et de délicatesse sans négliger le rythme." Grégory a en tout cas donné des frissons aux quelques milliers de spectateurs présents et il n'a pas fini puisqu'il sera -entre autres- présent aux Jeux Olympiques de Tokyo en tant qu'assistant. 

Les résultats : ICI.