Martin Fuchs et Clooney décrochent enfin le Graal à Rotterdam !
dimanche 25 août 2019

Martin Fuchs et Clooney 51 champions d'Europe 2019
Rien ne pouvait effacer le sourire de Martin Fuchs récolte l'or individuel pour la toute première fois dans un championnat Senior ! © Scoopdyga

Martin Fuchs et Clooney 51 arpentent les plus belles pistes du monde depuis de nombreuses années. S'ils comptent déjà de beaux classements et médailles à leur palmarès, jamais ils n'avaient décroché l'or en championnat. C'est désormais chose faite à Rotterdam.

Chaque championnat réserve son lot d'histoires. La finale individuelle du championnat d'Europe de Rotterdam n'a pas dérogé à la tradition. On se souviendra du déboulement d'activistes de la cause animale en sous-vêtements sur la piste en plein milieu du parcours de Marc Houtzager et Sterrehof's Calimero. Heureusement le Néerlandais a fait preuve d'un sang-froid incroyable et il a réussi à boucler son tour sans la moindre pénalité.

Le véritable coup de théâtre était pourtant sportif. Longtemps l'on a cru à la victoire de Ben Maher qui semblait presque intouchable cette semaine tant il avalait les parcours avec facilité, mais à deux obstacles de la fin, sa monture Explosion W a commis une faute, le reléguant à l'argent, comme en 2013 avec Cella. "Il a sauté de façon incroyable aujourd'hui, Le deuxième tour était compliqué, notamment la ligne avec le mur pour aller à l’oxer étroit. Des fois il fait tellement attention que je dois lui mettre un petit peu la pression. Il a fait un super tour, j’ai décidé de faire 8 foulées pour aller au bidet et... il y a eu cette barre", analysait le Britannique sans parvenir à cacher sa déception. À dix ans, Explosion s'affirme toutefois déjà comme l'un des meilleurs chevaux au monde. Rien que cet été, il est passé à un rien de la victoire dans le Grand Prix d'Aix-la-Chapelle et s'est rattrapé deux semaines plus tard en pliant le Grand Prix du Global Champions Tour de Londres. La médaille d'or européenne n'était pas pour cette année, mais l'alezan a encore tout le loisir de faire reconnaître son talent. En attendant, son cavalier ravalait son amertume pour féliciter les nouveaux champions d'Europe, Martin Fuchs et Clooney 51

Martin Fuchs et Clooney, comme une évidence

Les médailles sont souvent une affaire de couple et de belles histoires. Celle de Martin Fuchs et Clooney a démarré il y a six ans, le gris en avait alors sept. Il était encore un peu délicat lors de son arrivée dans les écuries des Fuchs, Martin peut en témoigner. La victoire dans le Grand Prix d'Aux-la-Chapelle leur a échappé il y a trois ans lorsque Clooney avait dérobé sur le dernier obstacle. "C'était un moment dévastateur dans ma carrière mais il nous a rendu plus fort", confiait-il. Aujourd'hui était tout simplement leur jour.

Le couple courait après l'or depuis des années : médaillé de bronze par équipe aux Européens d'Aix et Göteborg, il était aussi d’argent aux JEM de Tryon et deuxième lors de la finale Coupe du Monde de Göteborg en avril dernier. Aujourd'hui, Martin pensait pouvoir renouer avec les podiums mais de là à monter sur la plus haute marche ? « Au début je pensais vraiment finir une nouvelle fois deuxième. Entre les deux manches de la finale, j'ai eu ma petite amie (la cavalière américaine Paris Sellon, ndlr) au téléphone. Elle m'a juste dit "ne t’inquiète pas tu vas la gagner, tu vas la gagner », c’est d’ailleurs ce qu’elle me dit depuis quelques jours. Aujourd’hui elle me le répétait et je lui ai dit "arrête, tu vas me porter malheur, touche du bois !" », plaisantait-il après coup. 

Vingtième après la Chasse, le Suisse a ensuite enchainé quatre parcours sans renverser la moindre barre. "J’ai fait une faute le premier jour qui était de ma responsabilité mais il a été génial tous les jours, il n’a même fait que s’améliorer au fur et à mesure de la semaine. En entamant la finale aujourd’hui, je me suis dit que si je faisais mon boulot, Clooney ne me laisserait pas tomber et ne ferait aucune barre, comme d'habitude." Et c'est ce qu'il a fait. Le gris n'a concédé qu'un petit point de temps dans la finale qui n'a vu aucun double sans-faute. Le seul à s'en rapprocher a été Marcus Ehning (0+1), qui termine cinquième. Son Comme Il faut (un fils de Cornet Obolensky encore !) a montré une progression constante et une générosité extraordinaire pour son tout premier championnat. Ému aux larmes par cette victoire, Martin n'en oubliait pas de remercier son équipe et notamment son groom Sean Vard, ses parents et ses propriétaires de toujours.

La Belgique, d'or et de bronze 

Après sa médaille d'or par équipe, la Belgique comptait encore sur deux couples pour ramener une nouvelle médaille au bercail. Premier à s'élancer, Grégory Wathelet a laissé deux barres à terre en première manche avant de conclure sur un sans faute avec l'excellent MJT Nevados, qui courait son premier championnat à onze ans et que l'on se targue de retrouver à l'avenir. Igor, la monture de Jos Verlooy, était tout aussi jeune et relativement inexpérimentée bien qu'elle ait couru les JEM de Tryon l'an passé. L'alezan a en tout cas montré une sacrée aisance sur les cinq parcours de Louis Konickx. Résultat : une troisième place. "Il marche dans les pas de son père (Emerald van'T Ruytershof, l'ancien crack d'Harrie Smolders, ndlr), s'exclamait Jos, "Je suis très fier. On m’aurait dit au début de la semaine que j’allais gagner le bronze, j'aurais tout de suite signé, je ne me plains pas !"

Retrouvez un article détaillé des performances tricolore : ICI

Les résultats complets : ICI.