Mélie Gosa et Alouette d’Éole, les nouvelles pépites du saut d’obstacles français
dimanche 16 mai 2021

Mélie Gosa et Alouette d'Eole
En 2019, Mélie Gosa et Alouette d'Eole sont sacrées championnes de France des cavalières. © FFE / PSV

À seulement 21 ans, Mélie Gosa évolue aux côtés des meilleurs cavaliers français... Et les devance parfois même dans les classements. En selle sur sa très bonne Alouette d’Éole, la jeune cavalière enchaîne les victoires en CSI2* en France comme à l’étranger. Portrait d’un duo explosif.

Comme beaucoup, Mélie Gosa a mis le pieds à l’étrier dès l’âge de trois ans et n’a, depuis, jamais décroché. Alors que la jeune cavalière suivait un chemin des plus classiques en courant sur le circuit poney puis sur les épreuves chevaux d’environ 1,25 mètre en étant coachée par Benjamin Negron, en 2016, elle fait une rencontre qui va bouleverser sa carrière : Alouette d’Eole (Mylord Carthago), une jument Selle Français de six ans. Elle ne le sait pas encore, mais c’est cette énergique jument grise qui l’emmènera sur ses premières grandes épreuves internationales et qui lui offrira sa première place en équipe de France. Pourtant, rien ne semblait assurer une telle destinée à ce couple. « Lorsque je l’ai essayé, les choses ne se sont pas très bien passées. C’est une jument très sensible et à cette époque je n’étais pas assez précise dans mes actions et dans mes demandes. Elle s’était arrêtée, m’avait emmenée… Bref, je n’avais pas le contrôle », confie Mélie. Pourtant, la jeune cavalière va garder cette jeune jument au grand potentiel et décide de prendre le temps qu’il faudra avec elle. Après quelques tours sur des épreuves de Formation 3 à 6 ans ainsi qu’un vrai travail de dressage aux côtés du cavalier français Romain Dreyfus, en 2017, le couple fait ses débuts en CS1* et enchaîne progressivement les belles performances. « Travailler avec Romain Dreyfus a vraiment été bénéfique pour moi, mais aussi pour ma jument, qu’il montait parfois en semaine. C’est grâce à lui et à ses conseils que j’ai pu passer des épreuves 1,25 mètre à 1,45 mètre », souligne Mélie.

2019, l’année de la révélation

Après trois années de patience et de travail, en 2019, Mélie, alors installée dans les écuries de Raphaël Goehrs, voit son acharnement couronné de succès. Après avoir été sacrée championne de France des cavalières cette année-là et terminé quatrième des championnats Jeunes Cavaliers, elle intègre pour la première fois les rangs de l’équipe de France. Une consécration. « Ça a été une véritable surprise, je ne m’y attendais absolument pas. Trois semaines avant la Coupe des Nations d’Opglabbeek, je reçois cet appel me demandant si je veux bien m’y rendre pour représenter la France ! Bien qu’une fois sur les places les choses ne se soient pas passées de manière idéale puisque nous faisons huit points et que l’équipe termine en bas du classement, cela reste une très bonne expérience pour moi. J’espère pouvoir la revivre à nouveau, en faisant une belle performance cette fois-ci », raconte la cavalière. La fin de l’année 2019, Mélie continue d’impressionner en remportant le CSI1* de Barcelone, toujours en selle sur sa fidèle Alouette.

Puis les victoires se sont enchaînées, encore et encore. L’hiver dernier, la jeune française réalise une tournée à Oliva quasiment exemplaire, en décrochant une deuxième place lors du Grand Prix du CSI2* en novembre 2020, en gagnant cette même épreuve quelques semaines plus tard et en terminant troisième du CSI3* en février dernier. Un très beau palmarès, qui lui a valu les félicitations de Thierry Rozier, qui lui a laissé ce message sur sa page Facebook : « Je voulais te féliciter pour ta tournée à Oliva. Tu as une très bonne jument et tu la montes merveilleusement bien. Chapeau à vous deux ! »

Un entraînement particulier

Mélie connaît désormais sa jument mieux que quiconque. Après s’être entraînée et formée aux côtés de Sophie Della Valle et Harold Boisset au centre équestre de Grammont à Montpellier au cours de l’année 2020, la jeune femme est maintenant installée aux centre équestre d’Istres, où elle prépare son DEJEPS. « Avoir été entourée de Sophie et Harold a sûrement été ma plus belle expérience. Ils m’ont permis de revoir toutes mes bases et de devenir vraiment plus performante. Depuis que j’ai changé d’écuries, je m’entraîne seule et cela me convient aussi car ma jument et moi nous connaissons vraiment par cœur », souligne la cavalière. Et le moins que l’on puisse dire, c’est que le programme d’entraînement de Mélie et Alouette n’a rien de commun. « À la maison, je ne fais que de l’extérieur avec elle car je ne peux tout simplement rien faire d’autre. Elle refuse de travailler sur le plat ou de sauter quoi que ce soit. En carrière, elle active la marche arrière immédiatement. Pourtant, elle reste extrêmement performante en compétition et est une véritable lionne en piste. En 2021, sur quatorze parcours que nous avons réalisés, nous avons fait douze sans-faute. Je suis la première surprise de cette organisation qu’elle m’impose mais cela semble être ce qui lui convient le plus, donc je continue. Le plus important pour moi, c’est qu’elle soit bien dans sa tête et qu’elle ait le moral », explique Mélie. Alouette a donc du génie, certes, mais également un caractère bien trempé et un mode de fonctionnement bien à elle.

Si la jeune cavalière souhaite continuer à progresser et un jour atteindre le plus haut niveau aux côtés de sa grise, elle cherche également désormais d’autres chevaux pour la soutenir et lui permettre de s’installer en tant que cavalière professionnelle. « Lorsque j’étais dans les écuries de Ludovic Simon en 2019, j’avais quelques chevaux à monter et à valoriser pour qu’ils soient commercialisés. J’avais beaucoup aimé, mais j’avais du arrêter car je sentais bien que je n’avais pas assez d’expérience pour cela et qu’il fallait encore que je travaille certaines choses. Aujourd’hui, je me sens prête à ce que ma carrière prenne un nouveau tournant », souligne Mélie, déterminée.