Myriam Haentzler, toujours en avant !
lundi 27 mai 2019

La cavalière haut-rhinoise a réalisé un très beau début de saison avec sa jument Athéna de la Hée (SF par Luccianno et Urville du Montois). Nous sommes allés à sa rencontre.

L'Eperon. : Bonjours Myriam, vous venez d’enchaîner de bons résultats...

Myriam Haentzler : C’est clair ! A La Wantzenau, durant le week-end de Pâques, Athéna et moi gagnons le GP AM1 115. Il s’agissait du premier grand prix à ce niveau que je faisais avec la jument, c’est donc doublement positif ! Une semaine avant, à Rosières-aux-Salines, nous avons remporté le GP AM2 105 et le GP AM110... Donc oui, la saison a très bien commencé ! 

Quelle est votre histoire avec Athéna de la Hée ?

Athéna a déjà un sacré parcours de vie. Elle est née en Alsace : c’est la fille d’Impériale Montoise, la bonne jument d’Alizée Machet-Fernandez. Par contre, elle a ensuite enchaîné de nombreuses écuries. A chaque fois, cependant, son caractère la desservait. Avant d’être à moi, elle n’avait pas forcément bonne réputation, elle a fait tomber beaucoup de cavaliers ! Quand je l’ai connue, elle appartenait à Joanna, une cavalière de mon écurie. Elle aussi alignait les chutes et, à sa grande tristesse, commençait à ne plus trop supporter la jument. Moi de mon côté, j’avais l’impression d’être à la fin de mon histoire avec Quartz du Calvaire (SF par Hermès d’Authieux, AA, et Jasmin, SF), mon ancien cheval. C'est un très bon cheval, nous avons eu de beaux résultats, nous avons par exemple gagné le Master Tour Alsacien. Malgré tout, je voulais terminer avec lui sur de belles notes, pas en étant obligée de le forcer. J’ai commencé à évoquer l’idée d’un échange entre lui et Athéna, Joanna a accepté, c’était il y a deux ans... Cet échange est le meilleur qui aurait pu être fait. A Quartz, j’ai offert la meilleure pré-retraite possible. Sa nouvelle propriétaire l’adore.  Avec lui elle retrouve le plaisir de monter à cheval, sans vouloir vraiment faire de la compétition non plus. Et moi avec Athéna, j’ai trouvé une jument qui, je crois, me ressemble niveau caractère... Elle a du tempérament, elle ne se laisse pas faire et moi non plus ! C’est une boule d’énergie du haut de son 1m54 ! Quand elle rentre en piste, elle est déterminée, elle a envie de gagner. Aux remises des prix, elle est fière, on sent qu’elle comprend ce qui arrive ! L’année dernière déjà, nous avons commencé à avoir de bons résultats. Nous nous sommes trouvées ! »

Quelle est la place de l’équitation dans votre vie ?

Le cheval, c’est un truc de famille chez nous. C’est ma marraine qui m’a mise à cheval avant même que je sache marcher. J’ai commencé les concours à 13 ans, en 2002. J’ai commencé à sortir en poney mais j’ai vite été trop grande. Puis j’ai fait du club et enfin je suis passée en Amateur. Au lycée, j’étais en section sport études à La Jument Verte, l’équitation a donc aussi accompagné ma scolarité. J’ai obtenu de justesse un BAC STI Electronique. En effet, je suis diagnostiquée dyslexique depuis l’âge de 7 ans et ma scolarité n’a pas été très simple... Après le BAC, je n’ai plus eu le courage de continuer des études. Mon père m’a demandé d’assumer la pension de mon cheval. Je n’ai pas trouvé de travail dans le domaine de mon diplôme. Je suis alors allée voir Gregory Binder. Deux jours après, j’ai signé un CDI chez lui en tant que palefrenière. J’ai travaillé aux écuries pendant un an et y suis restée ensuite en tant que pensionnaire. Aujourd’hui, je cumule quatre emplois pour pouvoir payer mon loisir. Ce n’est pas forcément facile tous les jours mais le jeu en vaut la chandelle !

Et côté concours hippiques, quelle est la suite ?

J’aimerais bien retourner au championnat de France. En 2018, Athéna et moi y sommes déjà allées mais les côtes d’une AM2 d’un championnat de France sont plutôt celles d’un AM1 en région. Notre couple n’était pas encore vraiment prêt ! Je participe aussi au Grand Régional Grand Est, je suis en équipe avec Julie Springer. 

Une Dyslexique qui écrit un livre ? Et pourquoi pas ?

Myriam ne s’en cache pas : elle a été reconnue dyslexique très jeune et a eu du faire preuve de beaucoup d’opiniâtreté pour arriver à avoir une scolarité à peu près normale : « la première orthophoniste chez qui mes parents m’ont emmenée avait décrété que je faisais du cinéma... j’avais six ans... plus tard, au lycée, ma professeure principale m’a dit que je ne réussirai jamais mon bac... » Myriam raconte avoir heureusement eu un soutien parental sans faille. Sa mère n’a pas baissé les bras, elle a emmené sa fille consulter une deuxième orthophoniste qui a su diagnostiquer la dyslexie de Myriam et proposer un suivi adapté. Aujourd’hui, Myriam souhaite revenir sur son parcours scolaire, sur le soutien immense que ses parents lui ont apporté et qui a permis que sa dyslexie ne soit pas une fatalité. Elle a écrit un livre « Une dyslexique qui écrit un livre ? Et pourquoi pas ». Celui-ci est disponible pour le moment seulement sur demande auprès de Myriam. La jeune femme cherche cependant un éditeur près à la publier. On ne peut que lui souhaiter d’y arriver.