Olivier Perreau : repartir en 2021 sur la dynamique de 2019 !
mercredi 02 décembre 2020

Olivier Perreau
Olivier Perreau © Eric Knoll

Comme beaucoup, Olivier Perreau a hâte de tourner la page 2020 ! Entré dans le Top 100 mondial en 2019, il compte bien reprendre son ascension vers le très haut niveau. Pour ça, le cavalier roannais ne manque pas de projets, aussi bien avec son piquet de compétition, que pour son élevage en plein développement.

Dans cette année où les circuits de compétition ont été très impactés par les restrictions liées à la crise sanitaire, Olivier Perreau ne se sent pas le plus malchanceux. "2020 a été compliquée, mais j’ai pu faire presque tous les concours de l’Hubside Tour et je suis très reconnaissant envers l’équipe de Sadri Fegaier. C’est vraiment une chance d’avoir ces beaux évènements. C’est un site très confortable pour les chevaux, j’ai pu emmener cinq chevaux en sortant les plus jeunes sur les CSI 2*. Il y avait une concurrence très élevée et c’est toujours intéressant de se confronter aux meilleurs mondiaux mais avec une seule jument de Grand Prix, c’est difficile ! Il faut savoir courir des épreuves "à blanc" sans penser au classement, pour viser le Grand Prix ! J’ai la chance d’avoir Dolce Deceuninck*Gl Events pour épauler Venizia d’Aiguilly* GL Events, et des très bons 7 et 8 ans qui me permettront d’avoir un piquet plus fourni l’année prochaine."

Avec l’annulation des principaux CSI, dont Equita organisé par son partenaire GL Events, il a ensuite offert un break à ses juments de tête  Venizia, Dolce, et Chrysolite Fonroy, une 8 ans qui s’annonce très prometteuse, déferrées pendant un mois et demi au paddock. Elles reprendront les compétitions en janvier en Espagne, à Oliva et Vejer de la Frontera. Janvier sera aussi un nouveau départ pour Olivier Perreau en tant que chef d’entreprise, ses parents Chantal et Claude Perreau prenant leur retraite au 31 décembre 2020. "Mes parents sont arrivés au centre équestre de Roanne Vougy il y a 32 ans, j’avais deux ans. Il y a toujours une école d’équitation, c’est une monitrice salariée qui s’en occupe. Nous sommes aussi organisateurs de plusieurs concours SHF et Pro 2. Et puis il y a l’élevage qui s’est développé. Nous essayons de faire naître une douzaine de poulains par an. Nous avons pu prendre en location une ferme à Iguerande, à quinze minutes des écuries, et le fermier qui s’en occupait reste pour travailler avec nous, donc il y a toujours une surveillance. Je m’intéresse beaucoup à l’élevage et c’est la meilleure façon de préparer l’avenir : savoir prendre du temps pour s’occuper des jeunes est une bonne façon de gagner du temps plus tard !" En bord de Loire se prépare la relève des "d’Aiguilly", déjà bien présents sur les terrains internationaux, non seulement sous la selle d’Olivier, mais avec les produits vendus dans des bonnes maisons comme Avenir d’Aiguilly (Vancouver DML) qui poursuit sa carrière dans l’écurie de Martin Fuchs. Pour trouver l’équilibre entre la conservation d’un piquet pour le haut niveau, et le commerce indispensable pour s’assurer des revenus, la production maison de chevaux de qualité est un sérieux atout ! 

Aiguilly cultive ses Perles et Bijoux 

Les prés du Brionnais, aux confins de la Bourgogne et du département de la Loire, accueille une jumenterie haut de gamme, complétée par les juments porteuses qui prennent le relais à l’élevage de celles en compétition. Olivier Perreau accorde une importance primordiale aux mères : "Pour moi, la mère apporte 80% de la qualité du poulain ! Il faut des juments avec beaucoup d’énergie, de respect, un grand cœur. On recherche des familles de compétitrices, c’est mieux que des cracks qui n’ont pas de collatéraux. Et il faut chercher des chevaux qui ont un bon mental, car une grande partie de la production sera commercialisée pour des amateurs."

Il se lance à son tour dans l’aventure de l’étalonnage avec Crack d’Aiguilly Z, un fils de Comme Il Faut avec une souche maternelle qui lui permet d’avoir une totale confiance en son mental. Sa mère, Butterfly d’Aiguilly (Nabab de Rêve) tournait l’an dernier en compétition avec Olivier, et est elle-même fille d’Uata (Heartbreaker), une jument de l’Américaine Brianne Goutal qu’Olivier a aussi monté en concours. Fidèle à sa stratégie de prendre son temps avec les jeunes, Crack n’a fait que quelques parcours à 5 ans, et sera du voyage du Sunshine Tour pour prendre de l’expérience.

Parmi les 7 ans qui ont fait leur apprentissage en CSI cette année, Divine de Félines (Calvaro) représente l’élevage de Mary-Ange Hurstel dans la Loire avec qui la famille Perreau travaille depuis longtemps. Ainsi, Perle de Félines (Quick Star) a fait toute sa carrière sportive avec Olivier avant de très bien réussir à l’élevage, d’abord avec Utah d’Aiguilly (Kashmir van Shuttersho) performante en CSI 5* avec Simon Delestre, un cavalier très apprécié par Olivier avec qui il échange beaucoup : "c’est lui qui m’a conseillé de faire l’effort financier de conserver Venizia pour accéder au haut niveau !" Du croisement avec Diamant de Sémilly, Perle de Félines a fait naître la plus belle pépite actuelle de l’élevage : Venizia d’Aiguilly *GL Events.

Mais il y a d’autres joyaux à Aiguilly : Bijou Orai (Toulon) a été achetée à 5 ans chez le regretté Hubert Bourdy pour Brianne Goutal. Après une belle carrière en compétition (ISO 166) elle a intégré l’élevage d’Aiguilly et sa première fille, Dorai d’Aiguilly (Kannan) fait partie des espoirs de l’écurie Perreau. Bijou d’Orai avait produit en Belgique le performer déjà très prisé comme étalon, Eldorado van de Zeshoek (Clinton). Les bonnes relations avec l’étalonnier belge Luc Tilleman ont permis d’étoffer la génétique venue de ce pays qui réussi bien sur les bords de la Loire. Ballade van Het Indihof (Thunder van de Zuithoeve) a rejoint l’effectif il y a trois ans. Elle avait produit en Belgique Elky van Het Indihof (Toulon), bonne gagnante avec Kévin Staut.  Une jumenterie haut de gamme pour répondre à la stratégie haut niveau d’Olivier Perreau !