Olivier Robert : « Vivaldi a été au-delà de mes espérances »
mardi 02 mars 2021

Olivier Robert et Vivaldi des Meneaux lors du CSI5* de Doha
Olivier Robert et Vivaldi des Meneaux se classent deuxièmes du CSI5* de Doha en réalisant un triple sans-faute. © Al Shaqab

En selle sur Vivaldi des Meneaux, Olivier Robert se classait deuxième dans le Grand Prix du CSI5* de Doha, à seulement dix centièmes du vainqueur de l’épreuve. Une excellente performance pour ce couple, qui n’en est cependant pas à sa première victoire. Olivier Robert revient sur cette épreuve, la belle évolution de son cheval et aborde ses objectifs pour la suite ainsi que la situation sanitaire à Doha. Entretien.

Samedi dernier, vous vous classiez deuxième du CSI5* de Doha. Quelles étaient les difficultés techniques de ce parcours ?

Le parcours initial était très imposant, avec du matériel tout à fait impressionnant. Les conditions étaient quant à elles idéales : nous avons monté dans un stade équestre fabuleux, avec un très bon sol et les températures étaient de 25 degrés, ce qui est parfait. Je ne sais pas si c’est le fait de ne pas avoir monté de CSI5* depuis un petit moment, mais nous étions tous impressionnés par la hauteur et la longueur de ce parcours. Il y avait tout de même dix-sept sauts en première manche. Après cela, dix-huit couples ont pu accéder à la deuxième manche. Ce n’est pas très confortable lorsque l’on est sans-faute comme cela était mon cas. Lorsque nous avons reconnu cette deuxième manche, nous étions à nouveau très impressionnés. Il y avait douze obstacles, pour quinze sauts, ce qui est à la fois rare et très long. Les choses se sont tout de même bien passées pour six d’entre nous, qui avons réussi à aller au barrage en réalisant un double sans-faute. Finalement, c’était une superbe soirée pour nous tous. 

Vivaldi des Meneaux vous a donc offert ce beau podium mais aussi une cinquième place dans l’épreuve de jeudi. C’est un week-end très réussi pour lui… 

Je suis très satisfait du comportement de Vivaldi. Il ne cesse de progresser. C’est un cheval que je monte depuis sept saisons maintenant, donc nous sommes un peu un vieux couple (rires). Il est dans une forme étincelante. Il ne manque rien depuis un bon bout de temps. Et lorsque nous ratons quelque chose, c’est le barrage d’un Grand Prix 5* à Saint-Tropez dans lequel je prends un peu trop de risques pour essayer de gagner. Mais à part cela, il n’a rien raté. Je suis très fier de lui, de son évolution. À Doha, c’était un peu comme un championnat pour lui et il sort triple sans-faute dans le Grand Prix après une cinquième place dans la qualificative du jeudi. C’était tout à fait incroyable. Il m’avait déjà époustouflé à Aix-la-Chapelle et Hambourg dans de grosses épreuves mais là, il a été au-delà de mes espérances. 

À douze ans, Vivaldi fait donc son entrée dans le très haut-niveau. C’est un peu plus tard que certains autres chevaux. Est-ce un choix de votre part, dans votre façon de le préparer ? 

Vivaldi arrive à maturité à haut-niveau à douze ans, alors que d’autres y arrivent un peu plus tôt. Mais ce qu’il faut aussi prendre en compte, c’est qu’il a été champion de France à neuf ans, dans un championnat qui était très compliqué cette année-là. Après cela, nous avons fait le choix de l’emmener sur de grandes pistes internationales, plutôt que de faire des épreuves du Grand National. Suite au championnat de France, nous lui avons donné un mois de pause, avant d’aller à  Aix-la-Chapelle. Il avait seulement neuf ans. Plutôt que de penser à l’aspect financier, nous avons pensé à sa formation. Puisque j’avais des sélections grâce à Eros ou à Quenelle du Py, Vivaldi a toujours pu suivre le mouvement et faire du sport de haut-niveau. Alors même s’il arrive réellement à maturité un petit peu plus tard que la moyenne, il a toujours été là et a très souvent gagné ce dans quoi il était engagé. Même après un échec, il a toujours répondu présent lors de la compétition suivante. Il a quand même été triple sans-faute dans Grand Prix majeurs à Aix-la-Chapelle, double sans-faute dans la Global League à Hambourg ainsi que dans le Grand Prix. Et lorsqu’il faisait quatre points dans des Grand Prix, ce n’étaient pas des « coups de mou », c’est juste qu’il finalisait sa formation. Il était prêt, dès l’âge de dix ou onze ans. Et là, il se classe deuxième devant de très bons chevaux… C’est peut-être une chance pour lui de se révéler, être un véritable crack. Je le souhaite en tout cas. Mais une chose est sûre : si je devais refaire les choses avec lui, ce serait de la même manière. Je ne changerais rien. Je n’ai aucun regret. 

Comment envisagez-vous désormais la suite ? Votre programme de concours a du être chamboulé suite aux différentes annonces concernant l’épidémie de rhinopneumonie… 

Il y a 72h, j’étais encore dans l’euphorie, un premier camion devait partir pour 's-Hertogenbosch  avec trois chevaux pour le CSI5* de la semaine prochaine et un deuxième pour Vejer de la Frontera avec Vangog du Mas Garnier et Iléna de Mariposa pour le Sunshine Tour. Mais les choses sont désormais arrêtées pour un mois, voire un peu plus. Concernant Vivaldi, quoi qu’il en était, son programme était de passer deux semaines à Doha et de faire une grande pause de six à huit semaines avant de reprendre les compétitions. Je ne suis pas dans le wagon des championnats d’Europe et des Jeux Olympiques cette année, alors j’aimerais refaire un beau championnat de France avec lui fin avril. Voilà l’objectif à court terme.  

Quelle est la situation actuelle à Doha concernant cette épidémie ? Des mesures ont-elles été prises à ce sujet ? 

Tout s’est passé très vite entre l’annonce de la situation à Valence et l’arrivée des chevaux ici. Un cheval en provenance de Valence a été immédiatement mis en quarantaine à son arrivée à Doha. Il n’a pour le moment aucune souffrance ni aucun symptôme mais nous attendons tout de même de nouvelles analyses dans la matinée de demain pour déterminer s’il est infecté ou non. Tous les autres chevaux de ce cavalier ont également été isolés. Néanmoins, il y a une certaine inquiétude. Tous nos chevaux ont été testés et actuellement tous sont négatifs. Malheureusement, négatif ne veut pas dire qu’il n’y a absolument rien. Cependant, le protocole est assez strict : les chevaux sont testés et leur température est prise trois fois par jour, ce qui est rassurant.