Pierre Marie Friant : « Le but du jeu est d’aller le plus loin possible »
mardi 23 juillet 2019

Pierre-Marie Friant Urdy d'Astrée La Baule 2019
Avec Urdy d'Astrée, Pierre-Marie Friant touche au plus haut niveau © Eric Knoll

L’année 2019 a été synonyme de très bons résultats pour Pierre-Marie Friant qui a enchaîné performances sur performances. Membre de l’équipe de France lors du CSIO 3* de Lisbonne et sélectionné pour le CSIO 5* de La Baule, le cavalier vient de remporter à Samorin le premier Grand Prix 4* de sa carrière avec Urdy d’Astrée.

Une victoire récompensant des années de travail

Urdy d’Astrée n’est pas n’importe quel cheval puisque Pierre Marie Friant le monte depuis son plus jeune âge comme il l'explique avec fierté : « je l’ai depuis qu’il a 4 ou 5 ans, c’est moi qui l’ai formé, je l’ai amené au plus haut niveau ». Champion des 6 ans en 2014, il devançait d’ailleurs un certain Un Lord du Rozel, récemment sacré champion d’Europe Junior par équipes et vice-champion d’Europe en individuel avec la jeune cavalière espagnole Maya de la Joya Fernandez-Longoria.

Très respectueux et « très très concours », Urdy n’a fait qu’impressionner cette année. Avec un début de saison à Arezzo où il gagne deux épreuves et prend la 2e place du Grand Prix, le CSIO 5* de La Baule est l’élément déclencheur, terminant 7e de la grosse épreuve du samedi à 1,50m, avant de s'élancer le lendemain dans le Grand Prix. La sélection pour le CSIO 3* de Lisbonne au sein de l’équipe de France s’enchaîne une dizaine de jours plus tard, où « on a fait un concours parfait ! ». Réalisant avec Max Thirouin / Utopie Vilellongue la meilleure performance française dans la Coupe des nations (4+0), la compétition portugaise s’est terminée de la plus belle des manières pour le couple avec une 3e place dans le Grand Prix (4 points au chronomètre le plus rapide).

Ce Grand Prix de Samorin, Pierre Marie ne le cache pas, il l’avait en ligne de mire : « on a préparé le concours en visant un peu le Grand Prix et ça a payé. Je me suis mis dans ma bulle par rapport à mon cheval, je ne me suis pas trop fié aux concurrents. J’ai déroulé du mieux que j’ai pu et il a super bien sauté ». D’un tempérament gagnant, il ne prend tout de même pas de risques inutiles, ne faisant pas trop courir Urdy et ciblant les grosses échéances. « J’essaie de l’emmener physiquement au meilleur moment, pour l’instant j’ai eu la chance d’avoir le cheval en pleine forme, tout ça n’est que du plus ».

Un système efficace entre jeunes chevaux et haut niveau

En plus du haut niveau qu’il attrape à pleines mains cette année, Pierre Marie poursuit la formation des jeunes chevaux. Si aujourd’hui le prix et le marché du cheval font qu’il est pratiquement obligatoire de passer par cette phase, il apprécie ce travail et ne peut qu'en souligner l'importance. Il avait d’ailleurs amené Bianca Star dans le CSI 2* de Samorin, une jument de 8 ans qu’il monte depuis ses 4 ans. Très performante sur 1,40m cette saison, elle remporte une épreuve en Slovaquie et se classe 3e dans une autre, est deux fois victorieuses au CSIO de Lisbonne et s’offre également une 2e place dans le 2* de St Tropez. « Elle est super compétitive » dit-il au sujet de sa monture.

Tous ces résultats sont aussi le fruit d’un travail d’équipe. Installé à Nantes où il travaille avec son père, Pierre Marie doit ces belles performances à toute l’équipe qui est derrière lui et qui le soutient. Plus souvent sur la route des concours que chez lui, il peut en effet compter sur un staff formidable de cavaliers qui lui permettent de garder ses chevaux au meilleur de leur forme et prêts à s’élancer sur les plus belles pistes. « J’ai la chance d’avoir des propriétaires qui sont supers et qui comprennent mon système. J’ai une très bonne équipe encadrée par mon père. Une bonne équipe à la maison est le plus important ».

« Représenter son pays est un privilège »

« Mon objectif pour le restant de la saison est de gagner » dit-il en riant. S’il est un gagnant et un combattant, porter la veste de l’équipe de France demeure, comme bien d’autres, son rêve. Son expérience au sein des tricolores au CSIO de Lisbonne l’a convaincue, il est prêt à re-signer : « j’espère le refaire une fois dans la saison si c’est possible, s’il y a encore des opportunités. J’ai adoré, on avait une super équipe et une bonne ambiance ! C’est une atmosphère différente et représenter son pays est un privilège ».

Même si Pierre Marie souhaite poursuivre une carrière en équipe nationale, le bien-être de ses chevaux demeure l’une de ses principales préoccupations, souhaitant faire du beau sport tout en gardant ses chevaux en bonne santé. Il rêve ainsi de veste bleue avec Urdy, sur qui il espère bien pouvoir compter longtemps : « le but du jeu est d’aller le plus loin possible sans se brûler les ailes ».