Rahotep de Toscane à la retraite !
dimanche 11 avril 2021

Philippe Rozier et Rahotep de Toscane Rio 2016
A Rio, Philippe Rozier et Rahotep avaient grandement aidé la France à remporter l'or par équipe © Eric Knoll

C'est une page qui se tourne aujourd'hui pour Rahotep de Toscane. Après plus d'une décennie passée à Bois-le-Roi dans les écuries de son cavalier de toujours, Philippe Rozier, le champion olympique de Rio a rallié la Normandie et le haras de son propriétaire, Christian Baillet, pour y démarrer sa nouvelle vie d'étalon.

"Après plus de 11 ans à mes côtés, il est temps pour mon fidèle Rahotep de mettre un terme à sa carrière sportive", a annoncé Philippe Rozier en fin d'après-midi. L'étalon a été touché il y a quelques semaines par la rhinopneumonie et s'il s'est remis du virus, son entourage a toutefois préféré le laisser profiter d'une retraite bien méritée. Le fils de Quidam de Revel, SF (Jalisco B, SF) ISO 185/92 et de la prolifique Fanny du Murier (Laudanum, PS) ISO 140/1998 né chez Michel Aubertin restera dans les annales comme le vaillant soldat ayant permis à la France de décrocher la médaille d'or lors des Jeux Olympiques de Rio en 2016. "C'est un lion en piste. Il me donne énormément de confiance. Je n'ai pas de doute, car il ne m'a jamais lâché. Je sais que si je le monte bien, il saute bien. Aujourd'hui il me rend tout ce que j'ai fait pour le préserver. Il est vraiment super attachant", confiait Philippe dans nos colonnes il y a de ça quelques années.  

Ça n'avait pas pourtant pas été le coup de foudre au premier regard. Lorsque Philippe a posé ses yeux pour la première fois sur le gris alors âgé de cinq ans en Belgique, "il était tout petit et tout maigre. Son physique n'avait rien à voir avec celui d'aujourd'hui. Je suis monté dessus et au départ il ne montrait rien du tout. Mais une fois que nous avons monté les barres, le turbo s'est mis en route et j'ai senti qu'il avait un sacré moteur. J'ai alors conseillé à Christian Baillet de l'acheter !" Le marché fut conclu et Rahotep a finalement débarqué à Bois-le-Roi. Philippe lui a d'abord laissé le temps de murir. "J'avais déjà l'expérience des Quidam de Revel avec Jadis et Idéal de Roy. Ils sont doués à l'obstacle et précoces dans le mental mais ils ont un physique tardif donc si on va trop brute, on le paye cash. C'est pourquoi j'ai attendu qu'il ait fini de grandir et qu'il s'endurcisse physiquement avant de lui demander plus." Rahotep a ainsi participé à la finale des 6 ans sous la selle d'Eric Navet (Philippe étant retenu à l'étranger à ce moment-là) puis aux 7 ans. C'est à l'âge de neuf ans qu'il explose véritablement au plus haut-niveau. "Rahotep avait d'emblée le courage et les moyens, et il a acquis de la force et de la puissance au fil des années." Le couple s'est classé dans de nombreux Grands Prix 5* comme à Madrid (2e en 2015), Knokke (2e en 2016), Chantilly (3e en 2017), Paris (4e en 2015), même si Rio restera de loin leur plus bel accomplissement. Depuis, le gris avait été blessé plusieurs fois mais continuait à engranger quelques classements sur de belles épreuves. Il aurait du poursuivre encore un peu mais le destin en a décidé autrement. 

"Rahotep va laisser un grand vide à l’écurie mais il part en Normandie rejoindre son propre frère Jadis de Toscane et Lauterbach pour commencer sa seconde vie d’étalon au haras de ses propriétaires Mr et Madame Baillet que je ne remercierai jamais assez pour leur confiance depuis plus de 30 ans", expliquait Philippe. Pour l'anecdote, la seule saillie de Rahotep avait été adjugée l'année passée à 8500 euros lors de la vente "Trésors de Champions" organisée pour venir en aide aux centres équestres mis en difficulté lors du premier confinement l'année dernière. Gageons que d'autres suivront désormais, belle retraite Rahotep ! 

Pour revoir l'un de ses parcours aux JO de Rio c'est ici :