Retour en piste pour Gregory Bodo
vendredi 05 juin 2020

Gregory Bodo
Après plusieurs mois d'arrêts, Gregory Bodo a repris du service sur les pistes de saut d'obstacles SHF © Jean-Louis Perrier

Les chefs de piste ne font pas exception aux acteurs du sport équestre dont l’activité a été stoppée pendant la période de confinement. A l’occasion du SHF de Sainte Cécile (71) Grégory Bodo retrouvait le plaisir de dessiner des parcours pour les cavaliers de Jeunes Chevaux. Il nous a livré ses sentiments sur la situation engendrée par la crise sanitaire qui a dressé des obstacles complètement inattendus sur le parcours de l’année 2020.

L'Eperon : Comment avez-vous vécu cette période de confinement ? 

Gregory Bodo : Comme beaucoup je me suis retrouvé chez moi sans presqu’aucune activité. Avec le développement de mon rôle de chef de piste international, je n’ai gardé qu’une journée de cours pour mon poste d’enseignants en marketing, et même là c’était réduit au télétravail ! J’ai passé des plans de quelques parcours pour des copains qui voulaient s’entraîner, et avec la reprise des stages FFE, j’ai fait quelques tracés, mais pendant deux mois je n’ai pas eu beaucoup à faire ! Finalement cette période de repos a été propice pour voir les choses sous un autre angle, pour se recentrer. On est sans cesse la tête dans le guidon, passant d’un concours à l’autre ! Cette parenthèse forcée a été l’occasion de réfléchir à l’organisation de notre sport, peut-on continuer à faire du concours quasiment tous le week-end en déplaçant les chevaux en avion pour des concours lointains ? Il faut avoir une réflexion sur les programmes de concours, sur les circuits !

Est ce que les chefs de pistes ont un échange avec la FEI sur ces sujets ? 

Non, nous échangeons entre nous lorsque nous travaillons ensemble comme moi avec Santiago Varela avec qui je devais aller à Tokyo comme assistant, mais il n’y a pas d’instance à la FEI où nous sommes présents. De plus c’est un peu compliqué depuis le départ de John Roche qui a quitté en début d’année la direction du saut d’obstacles, et qui n’est pas encore remplacé, c’est la secrétaire générale Sabrina Ibanez qui intervient directement. 

La reprise commence avec les concours SHF,  comment ça se passe pour vous ? 

Je suis très heureux de recommencer avec un concours Jeunes Chevaux, ça fait bien dix ans que je n’en avais pas fait étant pris par les internationaux. Je suis très agréablement surpris par le bon comportement des chevaux, pourtant il y en a qui font leur premier concours ici à Sainte Cécile. Mais cette période de confinement a été  bénéfique aux chevaux, les cavaliers ont pu faire un bon travail de préparation à la maison. Pour les chevaux d’expérience, cette parenthèse aussi a été une bonne chose, ça leur a permis de souffler un peu ! C’est mentalement positif pour eux et ils vont revenir aussi forts. 

La FEI a annoncé une reprise des compétitions au 1er juillet, quels sont vos projets ? 

En effet il y a un protocole sanitaire qui va permettre la reprise des compétitions internationales, même avant cette date en accord avec les procédures sanitaires en vigueur dans les différents pays ( NDLA : Grégory Bodo officiera pour la piste des CSI 2 et 4* de St Tropez-Grimaud du 25 au 28 juin dont le programme est validé par la FEI et ouvert aux demandes sur FFEcompet comme ceux du même niveau sur le même site du 18 au 21 juin confiés par le Haras des Grillons à un chef de piste italien). Je vais aller faire des pistes au Portugal et en Espagne. La reprise des concours va être progressive avec surtout des CSI 2 et 3*. Beaucoup de 5* ont été annulés, et ce qui est inquiétant c’est qu’il y a déjà des annulations pour la rentrée. Il faut être conscient qu’il y a beaucoup de dommages collatéraux avec la crise du covid-19. Là tout le monde est impatient de repartir en concours, mais il va falloir composer avec la situation économique.

L’année 2020 vous parait compromise pour le sport équestre ? 

C’est une année très difficile. Nous avons déjà perdu des belles échéances comme la finale de la Coupe du Monde. Maintenant il y a le report des Jeux Olympiques, en croisant les doigts pour que la situation de la crise sanitaire en 2021 ne les remette pas définitivement en question. Si c’était le cas, ce qui serait une catastrophe pour tous les sports, j’espère que la FEI serait réactive pour replacer l’organisation de championnat d’Europe car on ne peut pas se permettre de ne pas avoir d’échéances ! En France nous avons des chevaux qui sont en pleine progression et devraient être au top l’année prochaine, donc de ce point de vue ça nous arrange ! Reste à voir dans quel concours ils pourront s’exprimer ! Maintenant il faut savoir être patient, et  se préparer pour "le monde d’après Covid-19".