Rodrigo Pessoa, engagé pour défendre les sports équestres
lundi 15 août 2022

Rodrigo Pessoa
Rodrigo Pessoa © Scoopdyga

Désormais installé aux États-Unis, près de New York, Rodrigo Pessoa retrouvait avec plaisir les grands concours européens comme Dinard, où il nous a livré ses sentiments sur la situation du sport équestre de haut niveau et sa gouvernance.

Nous sommes à Dinard, dans le cadre d’un concours Rolex. En même temps, il y a le CSIO5* d’Hickstead, avec la Coupe des nations Longines. Est-ce que cela ne devient pas compliqué de s’y retrouver hiérarchiquement au milieu de tous ces grands concours ?

Je crois que les deux partenaires majeurs que sont Rolex et Longines sont importants pour les sports équestres. Moi, je suis un "homme Rolex", donc tout ce que fait Rolex pour notre sport, je trouve ça bien. Mais, depuis dix ans, Longines a beaucoup apporté aussi. C’est plus de dotations qui font vivre le sport, donc c’est positif. Ce qui est malheureux, selon moi, c’est le conflit d’intérêt entre Longines et la Fédération équestre internationale. Je pense que la FEI se prend un peu les pieds dans le tapis en surprotégeant Longines - non pas au détriment de Rolex qui, à ma connaissance, est très satisfait de ses évènements car la marque a de très beaux concours -, mais au détriment du sport. En défendant Longines, parce que c’est son sponsor, la FEI a fait perdre à la Coupe du monde un énorme élan. Et le circuit Coupe des nations est en train de sombrer dans la misère car les plus belles étapes appartiennent aujourd’hui à Rolex : La Baule, Calgary, Aix-la-Chapelle, Rome… Ces superbes concours ne comptent ainsi plus dans le classement de la Super league et dans la qualification pour la finale à Barcelone, car ils sont sous les couleurs de Rolex. Il ne reste plus de concours de prestige dans la ligue 1 à cause de cette bagarre. On ne peut pas avoir un sponsor, Longines, impliqué dans le sport alors qu’il est aussi le sponsor titre de la FEI… L’absence de conflit d’intérêt, c’est la règle numéro un du business et du sport ! Quand on voit la liste des partants de la finale de la Coupe du monde, ce n’est plus ce que c’était. Aux États-Unis, il n’y a pas un grand choix de concours en fin d’année, donc sur les concours Coupe du monde de la côte Est, les meilleurs Américains et les étrangers résidents sont là, mais sur la côte Ouest, il n’y a personne ! Le circuit a perdu de son aura. La FEI, en tant que gestionnaire du sport, doit faire un meilleur travail.

La suite de cet entretien est à découvrir dans le numéro 430 de L'Eperon Hebdo (paru le 11 août 2022), disponible sur notre boutique en ligne.