Rotterdam 2019 : l’analyse chiffrée
mercredi 09 octobre 2019

Analyse chiffrée Rotterdam
Près de 20% des chevaux engagés dans le championnat d'Europe de saut d'obstacles à Rotterdam était des Selle-Français ! © Giulia Stricher/L'Eperon

Fin août, les championnats d’Europe de Rotterdam, particulièrement palpitants, se concluaient sur le sacre individuel de Martin Fuchs. L’or par équipe décroché par les Belges, ainsi que l’attribution de trois tickets pour les JO à la Belgique, la Grande-Bretagne et la France font partie des autres moments forts de la semaine néerlandaise. Afin de faire durer le plaisir nous vous proposons de vous replonger dans cet événement avec des analyses chiffrées sur les différents engagés.

L’apothéose du stud-book Selle Français

Un total de 13 Stud-Books étaient représentés au championnat d’Europe de saut d’obstacles. À Rotterdam, le grand gagnant est celui du Selle Français, qui comptait pas moins de 13 chevaux, fleurons de l’élevage tricolore. Cela représente presque 20% de l’effectif total, pourcentage encore plus important lors de la finale avec 24% ! Bien évidemment, les vestes bleues mettent naturellement en avant ce stud-book, avec Timon d’Aure, Vancouver de Lanlore et Urvoso du Roch, respectivement montés par Alexis Deroubaix, Pénélope Leprévost et Nicolas Delmotte mais les chevaux Selle Français s’exportent dans toute l’Europe. Le Portugal a particulièrement fait honneur à la France lors de ces championnats avec trois chevaux français sur les quatre membres de l’équipe. 

En plus d’être présents en nombre, les chevaux nés en France ont fait sensation. Comment ne pas citer Volver de la Vigne, inexpérimenté à ce niveau d’épreuve qui réalise trois parcours sans toucher de barre. Ce fils de Diamant de Semilly a d’ailleurs suscité les convoitises d’un certain Ludger Beerbaum qui s’en est porté acquéreur. Un second représentant du stud-book a été vendu à l’issue du championnat : Tam Tam du Valon est rentré en Suisse en compagnie de Clooney 51, le nouveau champion d’Europe.

Derrière le Selle Français, le Zangersheide est le deuxième stud-book le plus représenté en terme d’effectif. Cependant, les chevaux du stud-book Z quittent le podium lors de la finale car sur les huit engagés au départ (11%), seuls 2 ont atteint la finale individuelle (8%) : Scuderia 1918 Tobago Z et Cheston de la Pomme d’Or Z. En revanche les KWPN terminent ces championnats parmi les mieux représentés lors de la finale. Peu nombreux, les chevaux affiliés au stud-book Westphalien font preuve d’une impressionnante régularité. Sur les 4 engagés, 3 terminent dans le top 10 avec Clooney 51 porte-drapeau suivi non loin derrière de Comme Il Faut et Toveks Mary Lou. En outre, le quatrième, Chianti’s Champion était lui aussi qualifié pour la finale avant que son cavalier, Peter Moloney, décide de le préserver pour les prochaines échéances.

Les Hongres, une valeur sûre

Les juments n'ont pas été à l’honneur lors de ces championnats. Une petite dizaine seulement prenait le départ de l’événement continental et parmi elles, 3 se hissaient jusqu’en finale. Cependant, ces trois drôles de dames sont vraiment parmi les meilleurs athlètes au monde car il s’agit de DSP Alice, championne du monde en titre, Toveks Mary Lou, numéro un au classement WBFSH de juin et Albfuehren’s Bianca, la crack de Steve Guerdat. Elles sont devancées de peu par les étalons mais les hongres dominent littéralement les classements. 40 étaient au départ de la première épreuve et 15 lors de la finale soit un pourcentage équivalant à 60% des engagés. En plus d’être présents en nombre, ils ont répondu présent car Clooney 51, Explosion W et Igor, les trois médaillés individuels sont des hongres !

Onze ans, l’âge de raison 

Autorisés à participer à ce genre d’épreuve à partir de 8 ans, les chevaux sont rarement prêts à courir ce type d’échéance à ce moment de leur carrière. Pour preuve : aucun cavalier n’est venu avec un cheval si jeune. Toutefois, quelques montures de 9 ans étaient engagées et deux se sont qualifiés pour la finale. Chablou est le meilleur pour son âge mais pointe tout de même à la 20e place. Bien plus expérimenté, Skjerabergs Larkin, du haut de ses 16 printemps, était le doyen à Rotterdam. En moyenne, les chevaux courant le championnat d’Europe étaient âgés de 11.26 ans, moyenne légèrement plus haute pour le top dix avec 11.9 années. Bien que sacré pour la première fois, Clooney 51 est depuis ses 9 ans sur les podiums. En effet, en 2015 il était médaillé de bronze par équipes, tout comme en 2017, en 2018 il repartait de Tryon avec une médaille d’argent mais c’est bien à 13 ans qu’il remporte son premier championnat.

Chacco-Blue, Cornet, Diamant… des chefs de races incontestés

Premier et deuxième au classement des pères de saut d’obstacles WBFSH 2018 (voir ICI), Chacco-Blue et Diamant de Semilly ont tenu leur rang à Rotterdam. Les deux étalons sont une nouvelle fois sur le devant de la scène avec leurs nombreux produits. L’étalon de Paul Schockemöhle possède une longueur d’avance sur ses poursuivants avec 5 descendants, dont Explosion W et Chaclot. Diamant de Semilly et Cornet Obolensky le suivent avec tous deux 3 fils. Chez les meilleurs reproducteurs le podium reste inchangé lors de la finale car Chacco-Blue qualifie 3 produits contre 2 pour Diamant de Semilly et Cornet Obolensky. 

525 foulées pour un sacre

Avant de pouvoir sabrer le champagne dimanche après-midi, le parcours de Martin Fuchs a été long. Le couple qu’il forme avec son attachant Clooney 51 a franchi 76 obstacles sur la piste du grand stade durant le championnat. Principalement des oxers, puisque 33 se sont dressés devant lui ! Entre la spa, obstacle numéro un du premier jour et l’oxer Longines de l’ultime parcours, le gris de treize ans a effectué 525 foulées réparties sur les cinq parcours du championnat. Le plus long étant celui de la première manche par équipes car Clooney 51 a réalisé 121 foulées de galop rien que ce jour. De plus, il a fallu 6 minutes et 10 secondes intenses de concentration à Martin Fuchs et son partenaire pour venir à bout de l’ensemble des parcours dessinés par Louis Koninckx avant de mériter le titre.