Sapphire brille encore, les Français ternes cette fois-ci
dimanche 30 mai 2010

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McLain Ward et Sapphire © Jean-Louis Perrier

Interdite de finale par le jury et les vétérinaires de la FEI à Genève, pour "hypersensibilité" de l'antérieur gauche, Sapphire n'en finit plus depuis d'offrir des revanches à son cavalier. Après le Grand Prix de La Baule, mi-mai, celui de Rome, disputé ce dimanche sous le soleil et devant 12'000 spectateurs enthousiasmés par le sport présenté sur la sublime Place de Sienne.En images, l'interview de Rodrigo Pessoa au micro d'Alban Poudret

Réservé aux 13 meilleurs (sur 49), le "Tour des vainqueurs" en fut vraiment un, avec deux champions olympiques (Lamaze et Pessoa), un double champion olympique par équipe (Ward), des détenteurs de Coupe(s)du monde (J. Whitaker, Skelton, Deslauriers, Pessoa encore)et autres champions d'Europe (Charles, J. Whitaker encore) ou No 1 mondial(Schwizer). Du grand sport, une lutte de titans, sur de gros obstacles et avec des conversions demandant beaucoup d'équilibre de la part des chevaux.

Victorieux de ce Grand Prix et de sa louve en bronze l'an passé, Rodrigo Pessoa fut le premier à allier vitesse et précision, mais il ne risqua pas tout. Il ne monte l'étalon HH Rebozo que depuis quatre mois, comme il l'explique dans l'interview qu'il a accordée à Cavadeos.

Victorieux en 2007, John Whitaker et Peppermill se connaissent par coeur et ils surent gagner une bonne seconde sur eux. Ce ne fut pas suffisant pour s'imposer, McLain Ward osant tout avec Sapphire. "C'est une perle, une jument d'exception, elle mérite ce doublé. Je vais encore enchaîner sur St-Gall, puis lui donner un repos bien mérité jusqu'à la mi-août. Je veux faire deux concours avant les Jeux Mondiaux au Kentucky, l'objectif no 1 de l'année", dira sobrement l'Américain, sans évoquer l'élimination de Genève. Et d'ajouter: "Je suis venu ici à Rome en 1993 pour la première fois, j'avais 17 ans (et demi) et je suis très fier de figurer désormais au palmarès d'une épreuve aussi prestigieuse. C'est quelque chose de gagner à Rome!".

Eric Lamaze aurait pu se faufiler au 2e rang avec Hickstead, mais il se fit piéger par l'ultime oxer: 6e! Idem pour l'Italien Natale Chiaudani, 9e avec Seldana di Campalto. Le Britannique Nick Skelton, 7e avec le très prometteur gris Carlo, déjà 2e à Turin (devant HH Rebozo!), et son compatriote Peter Charles, 8e avec Rubert R) avaient aussi été punis de leur gourmandise. A l'inverse, l'Allemande Rebecca Golasch, 4e avec le puissant gris Lassen Peak, et l'Espagnol Julio Arias Cueva, 5e avec Victory Day, ont été récompensés de leur prudence et de leur régularité. A chacun ses objectifs! Pius Schwizer fut aussi trop audacieux au second tour et il manqua son affaire, commettant trois fautes pour échouer au 13e rang. Peut-être aussi son petit Ulysse était-il fatigué par sa première manche et la chaleur? Le No 1 mondial était bien déçu: vivement St-Gall!

Les Français, aussi, attendent St-Gall pour poursuivre sur leur brillante lancée en Coupe des Nations et... prendre leur revanche sur ce Grand Prix, qu'ils ont vu se dérouler sans eux. Au propre comme au figuré pour Pénélope Leprévost, malade, qui a dû renoncer à monter Myss Valette. Et pour Nicolas Delmotte, qualifié mais qui a préféré ménager Luccianno HN en vue de St Gall, le sélectionneur national Laurent Elias ayant rajouté leurs noms sur sa liste. Et les trois autres ont déçu hier. Deux barres, dans le triple et sur un vertical assez sec, pour Kevin Staut et Silvana, peut-être un peu fatiguée (il faisait 30°). "La jument n'avait plus sauté entre Genève et Turin, elle a besoin de se remettre, de retrouver sa meilleure condition", souligne Laurent Elias. Deux barres aussi, à l'entrée du triple et sur l'obstacle suivant pour Simon Delestre et Napoli du Ry, le fils de Baloubet du Rouet. "Simon a fait des réglages d'embouchure, il a remis un pelham beaucoup plus doux et doit encore adapter sa monte, après sa faute, il a fait une foulée de plus pour aller sur le bidet", explique Laurent Elias. Une latte et deux barres aussi pour Patrice Delaveau et Katchina Mail, moins convaincante que dans la Coupe. "Il y a eu un problème de distance sur la rivière et celaexplique le reste, un peu de précipitation pour essayer de faire un 4 pts rapide et une dernière ligne abordée sans trop de précision". Et Laurent Elias d'ajouter: "ça calme un peu, mais ça motive encore plus pour St-Gall!". Suite au retrait de Michel Robert et de Roger-Yves Bost (leurs chevaux de tête ont besoin d'une pause), les quatre héros de la Coupe des Nations de Rome enchaînent ainsi sur St-Gall, où Marie Etter-Pellegrin complètera le quintette. Une jolie promotion! "Je crois beaucoup en Admirable et Marie pourra ainsi évoluer sans trop de pression avant de faire à son tour des Coupes des Nations",conclut Laurent Elias.