Sophie Dubourg : "Le mot d'ordre est la proximité. pour la compétition"
dimanche 21 juin 2020

Stage jeunes. Fontainbleau Juin 2020
Les jeunes cavaliers de la région étaient convié à Fontainebleau ce week-end pour un stage avec le staff fédéral au grand complet © Béatrice Fletcher

Une vingtaine de compétiteurs des catégories poney, children, juniors et jeunes cavaliers étaient convoquée pour un regroupement de deux jours au Grand Parquet de Fontainebleau, en présence d’un staff fédéral au complet, composé de Henk Nooren, Edouard Coupérie, Olivier Bost et Sophie Dubourg. Point d’étape avec la directrice technique nationale.

L'Eperon : Dans quel esprit de déroule ce regroupement ?

Sophie Dubourg : Au cours des dernières semaines, ceux d’entre eux en situation professionnelle, comme l’exigeaient les restrictions en vigueur, ont intégré les stages fédéraux réservés aux séniors. L’idée de ce regroupement, dans la dernière ligne droite avant l’ouverture aux compétitions pour tous, est de leur proposer un véritable entraînement à la compétition. Nous leur proposons un travail sur  un parcours type début de saison qui donne l’occasion aux entraîneurs de leur donner leurs dernières indications. Cela permet aussi aux chevaux, pour ceux qui ont manqué d’occasions de sortir ou de louer des pistes à l’extérieur, de se remettre dans le contexte.

Quels ont été les cavaliers conviés ?

Nous avons établi une liste d’une Elite poney, children, junior et jeunes cavaliers qui avaient déjà participé aux dernières détections, et non ceux qui ont déjà repris la compétition, à l’image des deuxièmes années de junior et jeunes cavaliers. Il ne s’agit bien sûr pas d’être en concurrence avec les quelques concours qui sont organisés à huis clos ce week end. Nous avons convié les plus jeunes et les plus proches géographiquement, nous nous rendrons plus tard chez ceux  qui ont eu des difficultés de transport. 

Quel est le programme des deux jours ?

Habituellement les stages se composent d’une séance sur le plat le premier jour, et le lendemain d’un travail de gymnastique à l’obstacle. Nous avons modifié le programme pour rapprocher les cavaliers de l’esprit compétition. Samedi, ils ont enchaîné un parcours barème A sans chrono, et le dimanche un dispositif un peu plus corsé en les mettant en situation de compétition, c’est le principe que nous avons appliqué aux séniors ces trois dernières semaines un peu partout en France. 

Comment se dessine la saison pour les jeunes ?

Ils vont re-débuter sur les grands nationaux, ou à Royan. A ce jour, les programmes de concours étant à peu près arrêtés pour les deux mois à venir, nous allons les orienter selon les grands secteurs géographiques, sans leur demander comme les autres années de suivre un circuit national.  Nous avons eu en coulisses la nouvelle de la programmation d’un championnat d’Europe. Le dressage est prévu à Budapest du 9 au 25 août pour toutes les catégories d’âge, y compris les poneys, l’obstacle est en cours de discussion avec la FEI, nous serons fixés le 25 juin. Certains pays ayant soumis des candidatures spontanées, le dossier de Villamoura, qui s’était déjà proposé, a été rouvert par la FEI, nous sommes en attente de sa décision. Le championnat de concours complet devrait être maintenu en octobre. La saison est très particulière, on observe des clashs de dates, car le CSIO en France était reprogrammé le dernier week end d’août à Fontainebleau, en lieu et place de Deauville en avril. Pour ce qui est des poneys, nous n’avons à ce jour pas de date programmée. La FEI, la Fédération Européenne et la FFE laissent à l’organisateur la responsabilité de maintenir les dates ou pas dix semaines avant l’événement. Dès qu’une date est reprogrammée, les fédérations nationales sont interrogées à l’aide d’un questionnaire dans chaque discipline sur le niveau de préparation de leurs athlètes et leur désir de prévoir un déplacement des équipes. 

Quel bilan tirez-vous de cette période de confinement ?

Au cours des derniers mois, les plus jeunes cavaliers ont eu des difficultés à s’entraîner, car ils n’avaient pas le droit de se rendre dans les écuries et qu’ils avaient des priorités scolaires. En revanche, leurs poneys et chevaux ont été maintenus en travail, car ils sont tous basés dans des écuries professionnelles. La reprise est donc assez rapide d’autant que les jeunes ont une faculté d’adaptation importante. Le staff fédéral est resté en contact rapproché avec tous les cavaliers. Les séniors ont finalement pu reprendre très tôt, courant avril, dans le respect des consignes sanitaires, sur ce type d’entraînement, afin de sortir les chevaux et les cavaliers, ce qui a permis de maintenir le contact. 

Qu’en est-il de la compétition en général ?

A priori, selon les dernières annonces, la compétition amateur devrait redémarrer très prochainement, toujours dans l’application d’un protocole précis, et à huis clos. Tout le monde s’attendait à démarrer plus tôt, mais la ministre des sports l’a annoncé, il faudra attendre le 11 juillet, pour qu’une jauge de 5000 personnes soit autorisée sur les événements. Les annonces concernent avant tout le football. Nous avons soumis deux protocoles différents, mais pour le moment nous n’avons pas de réponse écrite. Selon notre dernier échange avec le ministère des sports le jeudi 18 juin, à partir du 22, la responsabilité appartient aux maires, aux préfets, aux organisateurs et aux cavaliers. Nous avons transmis l’information aux organisateurs, car on observe dans quelques villes l’apparition de nouveaux foyers mis en évidence par le dépistage. 

Et la compétition internationale ?

L’activité internationale est très timide, nous avons  actuellement peu d’indications sur la volonté de participation des étrangers, notamment en raison des conditions d’ouverture des frontières. Nous avons maintenu un Grand National étoffé avec quatre étapes consécutives, pour proposer une offre démultipliée aux cavaliers. Dans la mesure où de nombreux concours ont été annulés, la Fédération a redonné la possibilité aux régions de reprogrammer leurs concours en DUC tardives pour essayer de relancer l’activité. Le mot d’ordre est le concours de proximité. Les cavaliers vont se cantonner à leurs régions, et le staff se déplacera. A l’heure actuelle, nous n’imaginons pas consommer du concours international à l’étranger, ce que nous faisions les autres années pour créer l’ambiance équipe.