Sophie Dubourg : adaptation et motivation pour 2021
samedi 23 janvier 2021

Sophie Dubourg
Sophie Dubourg © Scoopdyga

Présente le jeudi 21 janvier sur le stage fédéral CSO au Parc du Cheval de Chazey sur Ain, Sophie Dubourg s’est exprimée sur la situation des sports équestres en ce début 2021. La Directrice Technique Nationale compose avec les incertitudes liées à la crise sanitaire sans perdre une belle motivation sur la perspective olympique 2021, et plus encore Paris 2024.

Comment se présente la saison 2021 pour le jumping ? 

Pour le moment nous avons un prévisionnel hyperchargé mais nous sommes bien conscient qu’il faut naviguer à vue ! On vient d’apprendre l’annulation des CSI de Cagnes sur Mer et Villeneuve-Loubet. Certains organisateurs de concours printaniers envisagent de reporter plus tard dans la saison. Pour les cavaliers qui ont décidé de commencer à l’étranger, les concours en Espagne, au Portugal et en Italie sont pour le moment maintenus. Sur le plan national, le calendrier du Grand National est fait. Nous avons ces jours une réunion pour décider du maintient ou non des Masters Pro en avril à Jardy.

Il y a au Japon de plus en plus de doute sur l’organisation de J.O à Tokyo, quelles informations avez-vous ? 

Oui nous savons que les Japonais ont fermé la billetterie, mais on continue à travailler sur les différentes procédures, notamment la long list des accréditations qui doit être déposée le 5 mars. Pour nous rien n’est remis en question à ce jour. Notre interlocuteur sur le sujet est le Comité Olympique. Nous avons des protocoles très contraignants pour la logistique, c’est sûr que ça sera particulier ! Nous avons une réunion au CNOSF les 28 et 29 janvier, nous en saurons plus à ce moment là. Mais en attendant nous continuons à travailler dans cet objectif. C’est pour ça que nous avons lancé les regroupements des couples pressentis avec des check up sur les chevaux car leur condition physique va être déterminante. On attend des températures tournant autour de 46° de ressenti avec un taux d’hygrométrie bien plus élevé qu’à Tryon. Pour les cavaliers aussi il y a une préparation physique prévue avec des tests en chambre thermique à l’INSEP.

Une annulation des J.O aurait-elle des conséquences en termes de soutien financier pour la FFE ? 

Non, il y a déjà eu un report de la convention d’objectifs de 2020 sur cette année et pour nous la dotation financière JO n’est pas très importante. Elle représente 1,3 million d'euros soit 3% du budget de la FFE. Le mode d’attribution est fait par rapport aux différentes ressources des fédérations. Pour certaines fédérations avec peu de ressources propres, l'aide à la préparation olympique représente 75% de leur budget ! L’annulation des J.O serait un très mauvais coup, mais nous travaillons déjà sur la perspective Paris 2024. Cette année, il y a heureusement les échéances européennes qui ont été validées par la FEI. Nous avons beaucoup d’échanges avec la FEI. John Roche a enfin été remplacé à la tête du CSO et c’est Marco Fuste, l’ancien chef d’équipe espagnol (NDLA : très impliqué lors des JO de Barcelone et des JEM de Jerez) qui va occuper ce poste. La dernière étape du circuit Coupe du Monde de Leipzig est annulée, mais pour l’instant la finale de Göteborg est maintenue. Les points des rankings sont toujours gelés, à voir si cela peut durer plus d’un an ? 

Et sur le plan national, avez-vous des informations sur la reprise des compétitions pour les clubs et pour les cavalier amateurs ?

Nous sommes sollicités tous les jours et je comprends les inquiétudes et les impatiences de tous. Mais nous sommes soumis aux décisions des autorités dans le cadre de la lutte contre cette pandémie. Il ne faut pas se mentir, l’évolution n’est pas bonne, et on sait qu’un 3e reconfinement n’est pas impossible ! On a entendu parler de la date du 1er avril pour la réouverture d’un certain nombre d’établissements comme la restauration, c’est peut-être cette perspective qu’il faut avoir, nous n’avons aucun indice provenant du Ministère. Pour les cavaliers amateurs, on espérait pouvoir rebondir sur le cas de la Coupe de France de foot, mais pour les autorités ça reste dans un contexte très pro, donc pas d’extension à d’autres sports. Nous sommes bien conscient que ça pose beaucoup de problèmes y compris dans les modèles économiques des organisateurs de concours et des cavaliers professionnels qui ont tous besoin des amateurs. De même pour les clubs, c’est très frustrant après la très belle rentrée de septembre. Mais il faut déjà se satisfaire de l’avancée qu’il y a eu depuis mai dernier grâce au protocole entre la SHF et le Ministère de l’Agriculture qui nous a permis ensuite de rouvrir les concours. Alors même s’ils sont réservés actuellement à ceux qui peuvent justifier d’une activité professionnelle, ou d’une formation en cours à ce titre, c’est vraiment mieux que rien comme lors du premier confinement ! On a pu sauver une partie de la saison 2020, on ne peut pas aller vers une saison blanche en 2021 ! On a commencé à travailler aussi sur des nouveaux plannings pour les rendez-vous de l’été à Lamotte afin de maintenir des échéances pour les poneys et les clubs. 

Est-ce que tout ça n’est pas démotivant ?   

C’est très compliqué de travailler avec plein de problèmes logistiques supplémentaires liés au protocole sanitaire, mais justement nous avons la chance de pouvoir continuer à travailler ! Les stages, les réunions, que nous avons sont l’occasion de voir que tout le monde est très motivé. Nous continuons d’avancer sur nos projets. Par exemple dans le cadre de la préparation olympique il y a du matériel qui est testé comme la sangle connectée de CWD qui nous permet d’enregistrer une foule de données. On voit des jeunes cavaliers s’équiper avec de très bons chevaux, c’est encourageant pour l’avenir. Pour les propriétaires de chevaux de haut niveau, il y a des conventions dans le cadre des J.O et Equi Action va bientôt être présentée. La FFE est à l’origine de cette idée de fondation permettant de réunir des financements, mais c’est une action indépendante qui est présidée par Thierry Klein (NDLA,  trésorier de la FFE). Nous voulons aussi aider les organisateurs à trouver des soutiens. Pour cela il ya un projet piloté à la DTN par Laurent Gallice pour labelliser les sites accueillant des compétitions avec un système d’étoiles, un peu comme les hôtels.