Thierry Pomel : « Il est clair que l’on s'appauvrit »
dimanche 03 octobre 2021

Thierry Pomel, samedi soir lors de la reconnaissance de la petite finale, à Barcelone
Thierry Pomel, samedi soir lors de la reconnaissance de la petite finale, à Barcelone © Scoopdyga

Suite aux résultats de l'équipe de France sur l'ensemble de cette finale Coupe des nations, Thierry Pomel s'est exprimé sur l'urgence dans laquelle se trouve le saut d'obstacles français, affaibli par la perte récente des olympiques Berlux Z, ancienne monture de Simon Delestre, et Urvoso du Roch, jusqu'ici sous la selle de Nicolas Delmotte. Le sélectionneur de l'équipe de France tire également la sonnette d'alarme quant au sport qu'il a vu ce week-end, qu'il juge parfois trop difficile pour les chevaux.

« Je ne peux pas dire que ce soit un bilan positif, mais au vu de tout ce que l’on a vécu cette année, les Jeux olympiques, les championnats d’Europe, les mouvements de chevaux, dont la perte de chevaux olympiques, je dirai que le positif est qu’Excalibur est en train de se conditionner comme un vrai cheval d’équipe, et nous pouvons réellement croire au couple qu’il forme avec Pénélope. Nous devons former et endurcir Grégory Cottard et Bibici, ainsi que Marc Dilasser, qui a extrêmement bien monté aujourd’hui. Je comptais sur Mathieu Billot pour assurer un score et chatouiller les Britanniques, mais c’est le sport, après tout (Mathieu Billot a abandonné après une barre et un refus, ndlr) ! Il faut être un peu philosophe car Barcelone est un lieu particulier. Premièrement de part l’éclairage de la piste, qui fait que le cheval saute très haut, mais également à cause de la distance de départ. Mais il faut savoir accepter que parfois, on rate. Cependant, je suis déçu par cette finale qui n’a pas été un beau spectacle, on a vu beaucoup trop de fautes, à la limite d’un sport trop difficile, où on court à cinq équipes pour finir. Sur le plan sportif, il faut réfléchir à ce que l’on va offrir pour l’avenir. Des vides et complications réglementaires doivent tous nous remettre en question. Protéger les chevaux est primordial, on voit bien que leurs carrières sont devenues fragiles par rapport aux nombres de compétitions. On ne peut pas envisager d’aller aux championnats du Monde sans objectif de réussite, et évidemment sans une médaille. Il sera très important d’ici la fin de l’année de connaître les choix d’orientation des cavaliers avec les propriétaires. Mais il est clair que l’on s'appauvrit. Deux chevaux olympiques sont partis, deux chevaux sur lesquels je comptais en cette fin de saison, et particulièrement pour l’année prochaine. Tout ça mérite beaucoup de réflexion et d’échange très constructif pour le futur. Ce n’est pas comme si l’on disposait de suffisamment de couples pour la suite, les Jeux olympiques arrivent très vite et les clients étrangers sollicitent de plus en plus nos cavaliers et leurs chevaux. Certains résistent, d’autres pas, et on ne peut pas leur reprocher, il faut aussi faire tourner leurs affaires et leurs piquet de chevaux. Mon avenir à la Fédération et en tant que chef d’équipe ne dépend pas de moi. J’ai des choix à faire et nous verrons comment tout cela va s’organiser. Je dirais que rien n’est impossible ! »

Sur ce sujet, L'Eperon vous invite également à lire la réaction de Marc Dilasser, en cliquant ici.