Victoire de Kent Farrington dans le Top 10 : moins par moins égale plus
mercredi 18 décembre 2019

Le Top 10 2019 en chiffres
Le Top 10 2019 en chiffres © Alan Cararic

Créée en 2001, la finale du Top 10 se tenait pour la quinzième fois sur dix-neuf éditions lors du mythique CHI 5* de Genève (12 au 15 décembre). Comme le Master en tennis, le Top 10 permet aux dix meilleurs cavaliers, et rien qu’eux, de se retrouver dans une des dernières compétitions de l’année.

Des femmes absentes du Top 10

L’équitation a beau être le seul sport olympique mixte, cette compétition n’a pas vu de femme disputer l’épreuve depuis 2016 avec Pénélope Leprevost. En effet, bien que présente dans les dix meilleurs cavaliers mondiaux, Elizabeth Madden, ne souhaitant pas faire le déplacement en Europe, a cette année laissé sa place à Henrik Von Eckermann, premier réserviste. Ainsi, pour faire partie des prétendants cette année il fallait être un homme d’environ 36.9 ans, Martin Fuchs faisant baisser cette moyenne à l’inverse de Peder Fredricson qui lui est âgé de 47 ans.

Des cavaliers toujours plus demandés

Avec un nombre de compétition en pleine croissance ces dernières années, il n’est plus possible pour les cavaliers voulant figurer en haut de la Ranking List de miser sur un seul cheval de Grand Prix. À eux seuls, les dix meilleurs mondiaux ont ainsi mobilisé 46 montures. Steve Guerdat et Darragh Kenny sont les deux cavaliers qui ont compté sur le plus grand nombre de partenaires. En effet, les deux champions se sont élancés sur des Grands Prix 5* avec 6 chevaux durant l’année (du 01/11/2018 au 31/10/2019, période comptant pour la qualification). Tous les cavaliers avaient à leurs côtés au minimum quatre chevaux pour les épreuves reines des CSI 5* durant cette période. Cependant, ces épreuves ne sont pas les seules permettant de marquer des points et donc gravir des places dans le classement. Numéro trois mondial, Daniel Deusser est celui qui a disputé le plus d’épreuves pouvant rapporter des points. Le cavalier des écuries Stephex s’est élancé dans 269 compétitions, dont 128 comptant pour la Ranking List, un ratio de 47% très important par rapport aux autres cavaliers. En comparaison, 25% des parcours de Steve Guerdat, toujours à la recherche et à la formation de nouveaux cracks, comptaient pour le classement mondial. En moyenne, les cavaliers du Top 10 se sont élancés sur 284.6 épreuves dont 102.2 étaient créditées de points, cela sur 42.6 semaines de compétitions. Sur ce point, Darragh Kenny, présent sur le continent américain mais aussi en Europe, est le plus assidu avec 48 week-ends passés sur les terrains de concours.

Kent Farrington, un cas à part

Loin des statistiques, Kent Farrington s’est tout de même imposé dans la finale du Top 10 ce vendredi 13 décembre. Avec Austria 2 qui n’est sa partenaire que depuis juin, l’Américain a soulevé le trophée pour la deuxième fois sur cinq participations. Il l’avait remporté en 2015 avec son puissant Voyeur. Kent Farrington demande le maximum à ses chevaux à chacun de ses parcours, mais il peut expliquer cela par un nombre de sorties internationales bien moindre que les autres cavaliers. Tout d’abord, le médaillé olympique est l’unique cavalier des dix meilleurs mondiaux à faire moins de 200 parcours durant l’année, dont 89 épreuves Ranking étalées sur seulement 37 week-ends. Malgré, ce nombre de jours de compétition plutôt faibles, il est également la personne avec le moins de départs par concours puisqu’il en fait en moyenne 5.35. De plus, Kent Farrington peut se targuer d’être l’un des cavaliers les plus rapides du monde mais cela est également dû à la vélocité de ses chevaux. Dans son barrage face à Romeo 88, Austria 2 réalise deux foulées de plus que la monture de Darragh Kenny mais termine tout de même 2’’22 devants. Chez ses autres montures de Grands Prix, Gazelle et Creedance, cette qualité prévaut également, seul Emmerton se distingue par sa grande galopade.