Vigo d’Arsouilles s’est éteint
dimanche 28 juillet 2019

Vigo d'Arsouilles JEM 2010
En 2010 Vigo d'Arsouilles offrait deux médailles à Philippe Le Jeune, dont le titre de champion du monde © Scoopdyga

Certains chevaux marquent l’histoire des sports équestres, Vigo d’Arsouilles en faisait partie. A l’âge de 21 ans, l’étalon s’est éteint en laissant derrière lui une carrière sportive mais aussi de reproducteur des plus remarquables.

L’étalon a disparu hier soir à l’Elevage de Muze où il était stationné depuis 2016, comme cela a été annoncé sur leur page Facebook : « L’une des plus belles histoires de nos vies s’est achevée la nuit dernière de façon inattendue, mais nous sommes reconnaissants envers toutes les personnes qui ont pu être impliquées dans ce récit. Merci Champion, Vigo ».

Né chez le Belge Didier Vaene, Vigo d’Arsouilles a été acquis à l’âge de 3 ans par Joris de Brabander de l’Elevage de Muze, qui l'a confié à Kurt de Clercq pour le former avant qu'il rejoigne les écuries de Philippe Le Jeune. Avec le cavalier belge, il a réalisé une aussi belle carrière que son père, Nabab de Rêve, qui avait été médaillé de bronze par équipes aux Jeux Equestres Mondiaux de Jerez de la Frontera en 2002. Huit ans plus tard, en 2010, Vigo d’Arsouilles offrait à son cavalier une nouvelle remise des prix aux JEM, cette fois-ci à Lexington, et sans doute la plus belle : un nouveau bronze en collectif, mais surtout le titre de champion du monde individuel.

Il s'est retiré du sport en 2012, en ayant remporté la même année la Coupe des Nations du CSIO de La Baule et en ayant terminé 2e du Grand Prix. Membre de nombreuses fois de l’équipe nationale en Coupe des nations, participant au mythique CHI de Genève, championnats d’Europe, Jeux Olympiques, Jeux Equestres Mondiaux, Vigo d’Arsouilles aura porté les couleurs belges au plus haut niveau de la plus belle des manières, réalisant le rêve de nombreuses personnes, dont ceux de son Philippe Le Jeune. C'est avec cinq mots que son ancien cavalier s'est s'exprimé ce matin : "Je t'aime très fort".

Le fils de ce dernier, Philippe Le Jeune Jr, lui a rendu hommage ce matin sur les réseaux sociaux : « Tu as offert à papa ses rêves, ce championnat en octobre 2010, un top 5 au Grand Prix d’Aix, le podium à La Baule, tant de Coupes des nations... Et les nombreuses personnes que tu as faites vibrer, mais le plus beau souvenir était de voir ta tête et ta crinière de lion sortir de ton boxe tous les matins au pti dej... 

[…] Tu méritais toute l’attention de notre écurie, pas pour une médaille, mais parce tu avais une personnalité, un caractère, car tu étais un seigneur !!! C’est avec beaucoup de tristesse que nous avons appris ta disparition soudaine et trop tôt... Je vais en rester là, car j’en ai gros sur le cœur ... Au revoir Vigo, on t’aimera pour toujours comme personne d’autre... ».

Vigo d’Arsouilles était également un grand reproducteur, sa descendance ayant couru ou courant encore au plus haut niveau. On peut ainsi citer, pour n’en mentionner que quelques-uns, Dixson (champion par équipes des Jeux panaméricains de 2015) Vagabond de la Pomme (2e à la finale Coupe du monde en 2015), Irenice Horta (7e aux JEM de 2018), Ego van Orti, Fair Light van’t Heike, Go Easy de Muze, Golden Hawk, Donatella-N, ou encore Farfelu de la Pomme. Gageons que ses fils et filles continueront à faire résonner son nom sur les plus belles pistes de concours pendant de longues années.