CVI3* Saumur : les Français en grande forme pour la reprise
lundi 14 juin 2021

Manon Moutino remporte le 3* féminin sur Kairo S, longé par Corinne Bosshard
Manon Moutino remporte le 3* féminin sur Kairo S, longé par Corinne Bosshard © Christine Marquenet

Privés de compétitions internationales depuis le début de la crise sanitaire, les voltigeurs de toutes nationalités se retrouvaient enfin le week-end dernier à l'occasion du CVI3* de Saumur. Sur le site de l'IFCE, les Français n'ont rien perdu de leur superbe avec en tête de file Manon Mouthino et Lambert Leclezio, qui ont largement dominé le 3* dans leur catégorie respective.

Leur dernière compétition internationale datait d'il y a presque deux ans, à l'occasion du championnat d'Europe d'Ermelo à l'été 2019. Le week-end dernier, les 140 voltigeurs représentant huit nations se sont retrouvés pour trois jours de compétitions sur le site de l'IFCE de Saumur, dans des épreuves allant de 1* à 3*. Dans l'épreuve majeure, labellisée 3* et divisée en deux catégories senior (individuelle femmes et hommes), les Tricolores Manon Mouthino et Lambert Leclezio ont dominé la compétition sur les trois tests, Manon se payant même le luxe d'avoir systématiquement une avance confortable d'au moins un demi-point sur ses concurrentes. Dans le test technique, elle comptait même un peu plus d'1,2 point d'avance (7.419) sur sa dauphine, la Néerlandaise Renske Van Schaik (6.186). Dans les tests imposé et libre, elle récolte respectivement 7.901 et 8.378 points sur Kairo S, longé par Corinne Bosshard, portant sa moyenne générale à 7.899 points. Deux autres voltigeuses françaises étaient engagées dans cette compétition 3*. Cléone Fritsch s'octroie le sixième rang avec Mon Ami, longé par Charlotte Verdier (6.291) tandis que Charlotte Lhommeau pointe en huitième position sur Irkos, longé par Maud Bousignac-Dumont (5.713).
Chez les hommes, les quatre premières places du classement ont été occupées dans tous les tests par les voltigeurs du Pôle France avec notamment d'excellentes notes obtenues dans le libre. Lambert Leclezio y cavale en tête à 8.944 points (Estado IFCE/Loïc Duvedu), suivi de près par Théo Gardies (8.682, Ultrachic HDC/Sébastien Langlois), puis Quentin Jabet (8.500, St. Louis 2/Maud Bousignac-Dumont) et Dorian Terrier (8.293, Vigo De Bailly/Marina Dupon Joosten). L'ordre du général est presque le même puisque Lambert s'impose logiquement devant Théo, tandis que Dorian complète le podium et laisse le quatrième rang à Quentin.

Un bilan positif malgré la crise

Interrogé sur la gestion de l'absence de compétition durant cette période de crise sanitaire, Davy Delaire, entraîneur national de la discipline explique : « Il a été dur de maintenir la motivation, même si on s’en sort plutôt pas mal. Les voltigeurs du Pôle France s’entraînent cinq à six heures par jour et c'était difficile parce qu'ils n’avaient pas d’objectif clair de compétition. Les résultats prouvent que nous avons quand même pu faire du bon boulot, même si les Juniors sont un peu moins prêts. Ils ont pu venir un peu en stage mais ils n’avaient pas accès à la salle de sport, ce qui compliquait encore les choses. Par ailleurs, les contraintes sanitaires nous ont aussi obligés à annuler beaucoup de stages de perfectionnement. Parmi les éléments positifs, depuis le mois de mai, nous avons eu la chance que les voltigeurs du Pôle puissent s’exprimer sur la piste du grand manège de l’IFCE, dans le cadre des Matinales du Cadre noir. Ces présentations ont permis une bonne remise en jambe pour les voltigeurs, les chevaux et les longeurs. » Interrogé sur la préparation de Lambert Leclezio, double champion du monde (2016 et 2018) et champion d’Europe (2019), Davy Delaire souligne que la préparation d’un nouveau cheval mis à sa disposition par l’IFCE, Estado IFCE, longé par Loïc Devedu, a été une aide précieuse. « Nous avons aussi eu la chance que le haras des Coudrettes nous confie Ultrachic HDC (qui voltige avec Théo Gardies, ndlr), qui était basé auparavant aux écuries de la Cigogne », précise l'entraîneur. 

Les équipes victimes d'une nouvelle année blanche

Si la compétition a permis aux concurrents engagés en individuel de retrouver leurs marques, ça n’a pas été le cas pour les équipes et les voltigeurs qui s’expriment dans en pas de deux. « Les voltigeurs de ces épreuves n’étaient pas autorisés à s’entraîner suite aux consignes sanitaires. Il ne faut pas oublier que pour constituer une équipe, il faut au moins une année d’entraînement. Les qualifications pour les championnats du monde seront assouplies cette année, mais nous ne savons pas encore s’il y aura une épreuve pour les équipes. Par contre, nous n’en avons pas programmé pour le championnat de France », précise Davy Delaire. Il ajoute : « Je ne suis pas inquiet pour le devenir de cette catégorie, les clubs sont vraiment en attente de cette reprise et je suis plutôt partisan de leur donner du temps pour retravailler avec les chevaux et les voltigeurs. »
Les compétitions vont tout de même s’enchaîner puisque le Boulerie Jump du Mans organise à la fois le championnat de France du 9 au 11 juillet et le championnat du monde Junior fin juillet, en même temps qu’un concours international Seniors. Ces derniers auront bien sûr en ligne de mire leur championnat du monde programmé à Budapest fin août.  

Manon Mouthino : du Pôle France à la Suisse

Maintenant installée en Suisse, Manon s’entraîne avec l’ancienne longeuse de Lambert Leclezio, Corinne Bosshard. « Après plusieurs années passées au Pôle France de voltige, je n’avais pas de cheval en France et, l’équipe Noroc avec laquelle j’avais été plusieurs fois médaillée au championnat de France, du monde et d’Europe s’est délitée. La plupart des voltigeurs concourent maintenant en individuel. La Suissesse Corinne Bosshard m’a proposé un poste dans ses écuries en Suisse. C’était une belle opportunité. Je loge sur place et j’occupe les fonctions de soigneuse et d’entraîneur de voltige. Il faut dire que je suis titulaire du BPJEPS et d’une licence STAPS (Science et technique des activités physiques et sportives, ndlr). » Interrogée sur sa préparation, Manon explique avoir quand même eu la chance de venir à deux reprises à Saumur, au Pôle France et aux écuries de Maud Boussignac, ainsi que d'avoir pu « concourir dans deux nationaux en Suisse avant le CVI de Saumur ».

Pour consulter les résultats en détail de l'individuelle femmes, cliquez ici.
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