Aachen 2026 – Complet : « J’ai pris du plaisir », Astier Nicolas
Désigné dès le début pour courir ce Championnat du Monde à titre individuel, Astier Nicolas a signé une magnifique performance, terminant 8e. A 16 ans, Alertamalib’Or a montré une nouvelle fois qu’il pouvait rivaliser avec les meilleurs mondiaux. Le Normand nous partage son ressenti après cet ultime tour de piste.
« Lors de la précédente interview, on m’a demandé ce qu’était le plus beau moment de mon séjour, et je pense que c’était en rentrant dans cette arène. J’ai pris pas mal de plaisir. J’ai regardé autour de moi, je me suis dit que c’était un privilège de monter là. Alertamalib’Or a de l’âge (16 ans, ndlr), je pense qu’il a encore du gaz pour continuer, mais on sait aussi que dans ces âges-là, c’est eux qui nous disent en fin de saison ou en début de saison, si c’est le dernier coup ou pas, et je me suis dit, profitons ensemble de ce moment, parce que je ne monte jamais ici. La dernière fois que j’étais venu, c’était il y a douze ans, mais il y a forcément un parfum un peu plus savoureux quand c’est un Championnat du Monde que quand c’est juste une Coupe des Nations. Donc j’ai pris pas mal de plaisir là.
Une saison sur-mesure
Après, c’est vrai que j’ai dû assurer un peu, je n’ai pas eu trop de bonnes statistiques cette année, j’ai assuré un peu mon tour, je l’ai un peu aidé à sauter, j’ai été un peu lent. Sans ce temps dépassé, je serais passé devant Andrew Hoy et Tom McEwen avec sa barre. J’aurais été 6e au lieu de 8e. Mais dans tous les cas, même si ce n’est pas un podium, il n’y a pas péril en la demeure. Globalement, le cheval signe un double sans faute, il va très vite hier. Il a 16 ans, toutes ses dents. Franchement, il est super. Il faut juste savoir que malgré mes petites galères personnelles de blessures, le cheval devait démarrer au concours de Saumur précisément. Nous avons réussi à ne pas le retarder dans sa préparation malgré ma blessure. Et ça lui va très bien de faire des saisons comme ça sur-mesure, courtes. Il sait tout faire, il le montre année après année. Ce n’est pas la première fois que je le dis à un micro. Le tout, c’est de l’avoir de bonne humeur, en forme. Et puis, ce n’est pas le seul cheval d’âge à briller dans cette compétition. Après que je sois passé, on a pris un vrai plaisir à regarder de la belle équitation, alliée à la gestion du stress. C’est un très beau sport, comme disent les journalistes.
Formateur et performer
Voir ici d’autres chevaux passés par mes écuries était forcément une grande satisfaction de voir que ça marche plus ou moins bien sportivement, mais qu’ils sont là au Championnats du Monde. Pour moi, c’est important parce que le fond de commerce, c’est quand même le commerce. C’est ça qui fait tourner la boutique. Je les ai montés entre championnats du monde, 4 étoiles, 5 étoiles et championnats du monde des jeunes chevaux. Et ils sont avec tout type de cavaliers, avec des très bons pros confirmés, avec une amateur qui m’avait déclaré ne pouvoir faire que des 3 étoiles et qui, un an et demi après, était en 4 étoiles (la turque Kumrun Say associée à Baladin de l’Ocean LA, tombés à l’obstacle 9A sur le cross, ndlr). Il y a aussi les Japonais avec Vinci de la Vigne dont le cavalier habituel a passé la main à un pilote un peu plus novice. C’est bien pour l’image de mon écurie. C’est une fierté à titre personnel. Mais c’est surtout commercialement que c’est intéressant. J’avoue que je n’ai aucun regret, mais je voudrais bien continuer d’en monter, pas tous les vendre. »