Aachen 2026 – Dressage : le collectif allemand plus fort

Xavier Boudon 12 août 2026

C’est un ‘back-to-back’ pour l’équipe germanique, après le sacre de 2006 auquel – déjà ! – Isabell Werth avait contribué. Mais le paysage du dressage mondial a changé. Exit les Pays-Bas et les Etats-Unis, qui laissent leur place à la Grande-Bretagne et au Danemark. La Belgique loupe le bronze de peu, tandis que la France loupe sa qualification olympique.

Commençons par analyser les performances françaises. Si Ginger (Glock’s Tango, kwpn) et Bertrand Liégard ont produit une reprise équivalente à ce qu’ils ont montré dernièrement lors des CDI4* de Crozet et CDI3* de Mâcon Chaintré, il faut remonter à février et au CDIW de Bordeaux pour un Grand Prix moins bien noté pour Ruling Olivia, sous la selle d’Alexandre Ayache. Seule satisfaction : Alizée Roussel, la benjamine de l’équipe. Celle-ci signe sa meilleure performance en Grand Prix de niveau 5* avec son Oldenbourg Bel Amour (Bretton Woods, kwpn). Malheureusement, le salut n’est pas venu comme souvent de Pauline Basquin. L’écuyère du Cadre Noir de Saumur a commis trop de fautes pour espérer grappiller les points qu’elle obtient habituellement. Son fidèle Sertorius de Rima Z*IFCE a certes amélioré son score des Championnats d’Europe 2025, mais n’a toujours retrouvé son niveau de la finale Coupe du Monde 2025 ni celui des JO de Paris. 16e au classement général, la France n’aura donc pas de représentant dans le Spécial et la RLM.

Pauline Basquin et Sertorius de Rima Z*IFCE (photo : Léa Tchilinguirian)

L’Allemagne solide sur ses appuis

Des douze médaillés de 2006, seule Isabell Werth a donc résisté au temps qui passe, et aux modes qui s’effacent. Inusable, indétrônable (du moins par équipe), indémodable (malgré l’évolution certaine de la discipline ces dernières années), l’allemande réussit le tour de force de rester parmi l’élite et même de rester la leader d’un quatuor entièrement renouvelé. Certes, sa domination sur le dressage allemand chancelle depuis quelques temps. Et notamment à cause (ou grâce) à Katharina Hemmer. Agé de tout juste 32 ans (fêtés le 5 août), la n°10 mondiale a signé aujourd’hui son record personnel en obtenant 79.224 % avec son cheval de tête Denoix PCH, old (Destano, hann). C’est d’ailleurs grâce à elle que l’Allemagne bat la Grande-Bretagne, toujours emmenée par Charlotte Fry et son étalon KWPN Glamourdale (Lord Leatherdale, rhein). Les Britanniques empochent ainsi leur quatrième médaille d’argent par équipe après Lexington, Caen et Herning, médailles auxquelles Carl Hester est le seul à avoir systématiquement participé. De quoi le faire entrer un peu plus dans le ‘Hall of Fame’ du dressage mondial ! Pour deux petits points, le Danemark, tenant du titre, hérite du bronze avec trois équipiers en commun par rapport à 2022. Le score de la ‘petite nouvelle’ Nadja Aaboe Sloth a bien failli compter dans le classement final.

Quant à la Belgique, la prestation légèrement tendue de Justin Verboomen sur son formidable étalon Rheinland Zonik Plus (Zonik) n’a pas permis de compenser les quelques points manquants pour espérer accrocher la 3e place.

A titre individuel, le trio ne surprend pas : Cathrine Laudrup-Dufour (DEN) s’impose avec 82.376 %, devant Justin Verboomen (BEL) à 80.885 % et Charlotte Fry (GBR) à 80.311 %.

Le dressage marque une pause demain jeudi et reprendra vendredi dès 10h50 avec le Grand Prix Spécial.

Résultats complets par équipe

Crédit photo à la une: Aachen 2026 - Podium par équipe dressage (photo : Léa Tchilinguirian)