Aachen 2026 – Saut d’obstacles : Dynamix de Belheme porte Steve Guerdat sur le toit du monde !
Champion olympique, Champion d’Europe, vainqueur de la Coupe du Monde…il ne manquait qu’un titre à Steve Guerdat pour réaliser ses rêves d’enfant. Avec la fantastique Dynamix de Belheme, il a tout simplement survolé les deux manches de cette finale individuelle au scénario dramatique. Un sacre qu’une immense majorité du public attendait avec impatience, notamment les naisseurs de la baie, Frédéric et Laure Aimez. Sur le podium, le Suisse se retrouve avec la nouvelle génération incarnée par Thibeau Spits (BEL) en argent et Harry Charles (GBR) en bronze.
Les mots manquent pour qualifier la performance exceptionnelle de Steve Guerdat lors de cette semaine incroyable. Frank Rothenberger a composé une partition de toute beauté. L’allemand, chef de piste indissociable d’Aix-la-Chapelle, s’est surpassé. Tant et si bien qu’il a versé sa petite larme lors de la conférence de presse. Inhabituel, lui qui d’ordinaire est craint de tous pour ses parcours toujours techniques et gros. L’émotion était palpable une fois la tension dissipée. Dès la fin de son tour, Steve Guerdat comprenait qu’il avait atteint son objectif, celui vers lequel Dynamix et lui tendaient depuis mercredi. L’émotion était trop grande, et c’est les yeux embués qu’il est retourné au paddock le temps de préparer la remise des prix. Sous les yeux encore plus noyés de larmes de Laure Aimez, éleveuse avec son père Frédéric de la fille de Snaike de Blondel, venue en dernière minute et clairement aux anges.
Des parcours au cordeau
Quand un travail est bien fait, il faut le dire. Trop souvent, celui des chefs de piste est sévèrement critiqué, et le maître allemand Frank Rothenberger n’est pas indemne. Mais cette semaine a offert une série très sincèrement parfaite. Aucune véritable catastrophe (si l’on omet l’équitation de certains), un nombre de sans faute cohérent avec le niveau du plateau et l’épreuve, et un scénario à suspens jusqu’au bout de la dernière manche…le spectacle offert fut de toute beauté. Sans doute en pleine décompensation de la pression supportée toute la semaine, Frank Rothenberger a commenté ses réalisations avec beaucoup d’émotion. « Nous avons eu de merveilleux tours aujourd’hui, et nous avons besoin de cavaliers comme vous pour parvenir à ce podium. J’ai juste fait ce pour quoi je suis payé. Je tenais à ce que les premiers tours ne soient pas trop difficiles car nous avions 145 chevaux au départ. Finalement, le parcours le plus difficile à construire était la chasse. Je ne savais pas comment les couples allaient réagir. Mais je crois que nous avons réussi notre mission. »

« J’en ai rêvé depuis mon enfance »
En larmes à la remise des prix, Steve Guerdat mesurait le chemin parcouru. Qui aurait pu dire l’an dernier qu’il deviendrait Champion du Monde individuel cette année ? Opéré du dos, empêché de monter durant de longs mois, Steve a connu une saison 2025 très difficile, qui l’a empêché de monter sa jument comme il l’aurait souhaité. Alors cette médaille prend une saveur toute particulière, à la fois revanche sur la vie et accomplissement sportif absolu. « Oui, c’est incroyable de me dire que j’ai enfin remporté ce titre…même si ça m’énerve que tout le monde oublie ma victoire à la finale Coupe du Monde (rires). J’ai atteint tous les objectifs que j’avais quand j’étais enfant. J’ai toujours été motivé par deux choses, les grands championnats et Aix-la-Chapelle. Il n’y a pas un jour dans ma vie où je ne pense pas à Aix. J’ai eu quelques bons résultats ici, j’ai vécu quelques bons concours, mais je n’ai jamais réussi à gagner le Grand Prix. Et c’était une déception quotidienne. Chaque année, je regardais ce mur 100 ou 200 fois et je ne voyais jamais mon nom. Le championnat du monde en lui-même, c’est quelque chose dont j’ai rêvé. Et j’ai été extrêmement nerveux toute la semaine, parce que je pensais que ce serait peut-être ma dernière tentative. Parce que ce n’est pas tout le temps que tu as une jument comme Dynamix, dans la forme où elle était cette semaine, où tout va dans le bon sens. Et tu sais que tu as la chance de l’avoir avec toi, alors que tu constates comment le sport s’améliore, combien il y a de bons cavaliers et de bons chevaux. »
« Tellement de bonheur »
Le Suisse avait un peu de mal à réaliser le niveau de sa performance. Pas une barre de la semaine pour sa Dynamix de Belheme sur laquelle il ne tarit pas d’éloges. Une relation fusionnelle comme rarement il a vécu, selon ses propres dires. « La semaine a été très très longue. Mais une fois que j’ai sauté le dernier obstacle, toutes les émotions sont remontées. Je n’ai pas de mots pour le dire, je ne sais pas vraiment ce que ça signifie. J’ai eu ce que je voulais, et je vis l’instant présent. Je veux remercier beaucoup de personnes, bien sûr ma jument d’abord, et tout le monde autour de moi, ma famille. Vous savez, ça demande tellement de personnes pour te porter jusqu’ici. Je suis celui qui a la chance d’être sur le podium, mais j’aimerais pouvoir partager ça avec eux. Et j’aimerais aussi remercier l’équipe pour tout ce qu’elle a fait pour nous, pour l’organisation, pour Frank, le chef de piste. Il y a tellement de choses dans ma tête, tellement de bonheur, et oui, je n’ai pas beaucoup de personnes autour de moi en ce moment, mais je ne veux pas vraiment descendre de mon cheval. Et je ne sais pas, ma vie est différente maintenant, parce que j’ai ce que je voulais. Donc je ne sais pas ce qui va se passer, mais c’est certainement quelque chose de nouveau pour moi aujourd’hui. » Interrogé sur la suite de sa carrière, Steve Guerdat a tenu à indiquer qu’il continuerait à monter à haut niveau et à prendre du plaisir à cheval. « Je veux aller là où il y a de l’ambiance, car c’est l’unique chose qui me fait vouloir me lever le matin et marcher pour donner aux spectateurs quelque chose de nouveau et essayer de performer devant un public comme celui-ci. Je veux continuer à ressentir ces émotions. J’ai le sentiment qu’ils sont avec moi, et c’est important pour moi. »