AG de la SHF : une situation saine dans un contexte contraint
Jeudi 16 avril se tenait l’Assemblée Générale annuelle de la Société Hippique Française. Réalisée 100 % en ligne, celle-ci a permis de dresser le bilan de l’année 2025, tant sur les plans financier qu’opérationnel. A cette occasion, Michel Guiot, a souligné le contexte très exigeant dans lequel évoluait la filière. Une situation à laquelle la SHF répond par plusieurs mesures, notamment la création d’un fonds de dotation.
Ere post-Covid oblige, l’AG de la SHF se déroulait en ligne, présidée par Michel Guiot. Plus de cinquante personnes y ont assisté, et plus de trois-cents ont voté les différents points de l’ordre du jour. Même si cette assemblée n’était pas élective à proprement parler, elle a néanmoins procédé au remplacement de Julien Renault au Conseil d’Administration, par Jérémy Chaix. Eleveur de chevaux et de bovins en Loire-Atlantique, il a obtenu une très large majorité de votes, « c’est d’ailleurs l’objet à l’ordre du jour ayant reçu le plus d’opinions favorables » s’est amusé le président. Il rejoint ainsi le CA de la SHF jusqu’au prochain renouvellement, autrement dit en 2028.
« Le contexte exigeant, le climat géopolitique et économique, et une inflation persistante impactent fortement notre filière, engendrant pour tous ses acteurs des défis de plus en plus relevés » a-t-il martelé en préambule. En effet, outre les conflits armés et la crise pétrolière, de nombreux challenges s’imposent aux professionnels, des changements climatiques à la transmission des exploitations. « La SHF œuvre quotidiennement pour accompagner les transformations nécessaires » a-t-il ajouté. « Notre rôle est notamment d’aider à exprimer le potentiel des chevaux et de les amener à rencontrer le marché, afin de permettre aux professionnels de vivre de leur métier. »
Plus de mutualisation
Avec 13208 adhérents en 2025 toutes associations confondues et plus de 5000 rien qu’à la SHF, la SHF assiste malgré tout à une lente mais persistante baisse des adhésions. Rien d’alarmant, comme l’a indiqué Michel Guiot, puisqu’elle résulte d’une modification de l’obligation d’adhérer pour les propriétaires et éleveurs. En effet, seuls les cavaliers participant aux circuits Cycle Classique SHF doivent être membres. Les engagements en concours d’élevage ont globalement stagné, sauf chez les poneys où une baisse significative par rapport à 2024, due notamment aux Shetland qui n’ont organisé qu’un international et à l’annulation d’un concours poney pour cause de rhinopneumonie, est observée. 2026 marquera sans doute une évolution à la hausse avec l’entrée de la FERL (Fédération des Equidés de Races Locales) parmi les organismes associés et utilisateurs du site Internet. Sur le plan des circuits SHF, la fréquentation se maintient bien, avec une hausse de 4,8 % en saut d’obstacles. Enfin, côté élevage, les naissances, toutes races confondues, ont bondi de +58 % entre 2014 et 2024 (chiffres consolidés). Pourtant, la SHF, société-mère des chevaux et poneys de sport de 0 à 6 ans rappelons le, parvient à soutenir la filière avec une enveloppe budgétaire constante…challenge relevé !
Des finances saines
Malgré le contexte économique difficile, la SHF est parvenue à économiser en 2025 plus de 100’000€ par rapport au budget prévisionnel. Certaines charges se sont avérées plus élevées que prévu (notamment les coûts liés à la participation aux événements) mais certaines recettes supérieures aux prévisions, notamment les résultats obtenus par les équipes commerciales de la SHF, ont permis de compenser. « Nous tenons à sincèrement remercier le Ministère de l’Agriculture qui subit de grosses contraintes et a su comprendre les enjeux de notre filière, tout comme le Fonds Eperon, en confirmant leur soutien financier » a tenu à souligner Michel Guiot. Certes encore loin de l’autosuffisance, la SHF progresse encore une fois sur ce plan (56 % de recettes propres). Si mécaniquement, le montant des adhésions a baissé, des économies substantielles ont été réalisées sur des postes comme la vidéo et l’organisation des finales. Cette tendance devrait se poursuivre avec la suppression cette année des CIR.
Pour accélérer l’acquisition de son indépendance financière, la SHF a par ailleurs créé le Fonds Hippique Français (FHF). Sur le modèle d’un fonds de dotation, le FHF aura comme objet d’intérêt général de contribuer à la recherche en élevage, au progrès génétique, à l’amélioration des bonnes pratiques, à la diffusion des connaissances, et à la valorisation de la filière par le patrimoine et la culture. Le but : développer de nouvelles sources de financement via le mécénat. Un projet mûrement réfléchi qui répond directement aux contraintes budgétaires qui s’annoncent.
Hausse des cotisations
La cotisation à la SHF – 50€ quel que soit le statut de l’adhérent – n’avait pas changé depuis…2011 ! Le Conseil d’Administration a donc proposé de revoir son montant. Celle-ci sera de 60€ dès 2027 dans sa version ‘Essentielle’ et sera déclinée en ‘Premium’ à 150€, une somme incluant l’abonnement à L’Eperon et des réductions sur la location des boxes lors des finales. Une formule spéciale destinée aux officiels de compétition (commissaires au paddock, juges, chefs de piste) à 30€ leur permettra d’accéder à des formations, des outils pratiques et des événements dédiés.