Critiquer oui ! Mais pour construire !
Renaud Rahard 29 juillet 2026
A l’approche des finales SHF, la tension monte parfois d’un ou deux crans et quelques critiques véhémentes ont eues ces derniers jours leur petit succès sur les réseaux sociaux, supports favoris des indignations des cinq dernières minutes.
En réponse, la SHF publie aujourd’hui une tribune pour préciser les enjeux du circuit jeunes chevaux, le mode de prise de décision et ce qui se joue aujourd’hui dans une conjoncture économiquement tendue.
Explication de texte avec Michel Guiot, président de la Société Hippique Française :
- « Les critiques, je dois pouvoir les entendre et accepter les désaccords, tant qu’ils sont exprimés avec tact et respect. Oui nous avons effectué des changements sur le circuit cette année, et le regard de chacun sur ces évolutions doit s’écouter même si je suis parfois surpris par certains jugements présentés comme des vérités par des gens dont je ne me souviens pas de l’engagement dans un cadre collectif. Serait-il plus facile de dézinguer que d’agir ?
- Attention, le président de la SHF ne décide pas seul, un matin, des évolutions du circuit, notre association rassemble des professionnels reconnus, qui se réunissent d’abord en commission technique, formulent des propositions, elles-mêmes rediscutées en conseil d’administration. Il n’y a pas de décisions parfaites, mais des solutions issues de discussions, de compromis parfois, en tenant compte de nombre de contraintes, qui je le sais, sont parfois difficiles à percevoir de l’extérieur.
- J’entends que dans une conjoncture difficile, avec un marché dur, avec des clients amateurs, comme professionnels, hésitants à investir, que l’inquiétude puisse se faire jour. Tout est cher, les boxes, le carburant et surtout, et j’en sais quelque chose, former un jeune cheval, c’est très cher. Mais attention, le circuit n’est pas là pour couvrir les frais. C’est un circuit agricole, éducatif d’abord, sportif ensuite. Éducatif pour former au mieux un cheval qui correspondra à ses clients. C’est aussi un circuit zootechnique, qui permet, par l’analyse de ses résultats, de proposer des outils pour orienter l’élevage du futur.
- Ce qu’il faut retenir de tout ça, c’est que la boite à idées est ouverte, que les utilisateurs qui veulent réfléchir avec nous sont les bienvenus. Oui, il sera temps, après les finales, de dresser le bilan de nos évolutions et d’ajuster. Nous avons mis en place deux changements importants cette saison.
- La suppression des CIR et les 4 tours de Formation obligatoires avec 4 tours de qualification en moins. Pour les CIR, que nous avons supprimés non seulement pour des raisons budgétaires, mais aussi parce qu’il devenait complexe d’assurer une égale qualité d’épreuves dans toutes les régions, je vois qu’il faut se remettre en question. Ce rassemblement annuel, même s’il n’était plus tout à fait le rendez-vous d’un commerce florissant, est important pour sa convivialité, pour les rencontres qui s’y font, pour le tissu social de l’élevage dans les régions. Et je crois que nous devons nous inspirer, pour la saison prochaine, de ce qui a été fait à Cluny, avec cet inter-régional. Nous allons travailler main dans la main avec les régions pour réfléchir à comment organiser à nouveau ce « moment » de la saison.
- Pour les épreuves Formation, et le fait qu’elles soient obligatoires, certaines régions ont très bien su les utiliser pour l’éducation et la formation des chevaux, d’autres les ont vécues comme une pesante obligation. Nous l’avions rendue obligatoire aussi pour assurer aux organisateurs un nombre suffisant de partants qui permet la pérennité des concours. Je n’ai pas de plaisir particulier à « obliger ». Là aussi faisons le point en fin de saison sur la fréquentation des formations et voyons comment nous adapter. »
Propos recueillis par Renaud Rahard pour L’Eperon.
Crédit photo à la une: Michel Guiot (photo : SHF)