Astaffort, des purs sang arabes abandonnés aux enchères
jeudi 14 janvier 2010

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Le petit village d’Astaffort, était jusqu’à présent connu du public grâce au plus célèbre de ses résidents, Francis Cabrel et des rencontres baptisées « Les Voix du Sud » qu’il y organise pour donner un coup de pouce à de jeunes musiciens. Et pourtant, ...

Depuis un an, cette petite commune de 2000 âmes vivait une étrange affaire. Un groupe de pur sang arabes composé de deux juments, d’un jeune étalon et deux pouliches nées au printemps 2009 divaguaient régulièrement à proximité du bourg après s’être échappés de leurs prairies non entretenues, sans doute à la recherche de nourriture, causant des dégâts sur les cultures et les véhicules. Pour le maire André Garros, "C'était le Far West ! » Un de ses administrés était même venu se plaindre qu'un des poulains, friand de plastique, avait grignoté les rétroviseurs, puis d'autres pièces de sa voiture. Une enquête avait tôt fait de révéler que les chevaux avaient été complètement laissés à l'abandon par leur propriétaire, un émir du golfe persique, Ali al-Qama, qui s’était offert un domaine de 25 hectares comprenant le haras de Hautefage en 2006 avec l’intention d’y construire une luxueuse villa de 400 m2 qui n'aura jamais vu le jour. La personne chargée de s'occuper des chevaux avait elle aussi disparu. Champs de céréales et semis labourés, pâtures rasées, ruades et autres coups de dents dans les véhicules des voisins, risques d’accident aux abords des routes, il fallait faire quelque chose. Le maire, pressé par son devoir de sécurité vis-à-vis des riverains, a donc pris l’affaire en mains. C’est lui, depuis le début de l'année 2009, qui se chargeait de charrier l’orge et le foin, et de remettre les clôtures en état. Depuis le mois de mars un voisin avait pris les « orphelins » en pension tandis qu'un autre fournissait l'électricité pour alimenter les clôtures. Mais la commune souhaitait légitimement rentrer dans ses frais. Entre les dégâts, les franchises d'assurances, les tests ADN destinés à déterminer l'origine des animaux, les frais de justice et d'entretien, la facture s'élevait environ à 17.000 euros. Une procédure déposée devant le tribunal d’Agen avait finalement autorisé le maire à organiser la vente aux enchères des chevaux en ce mercredi 13 janvier, avec l’aval de l’ambassade des Emirats Arabes Unis. Si de nombreux curieux ont fait le déplacement, seule une poignée d’acquéreurs sérieux ont effectivement pris part aux enchères. La poulinière Djula, 21 ans, a trouvé acquéreur auprès de la fondation Brigitte Bardot. Sa pouliche Calypso, fille du crack étalon Dormane, (Manganate*HN et Mandore par Grabiec), star mondiale parmi les pur sang arabes de course a trouvé acquéreur pour la très modique somme de 1100€, malgré les très sérieux espoirs que monsieur le maire et ses administrés fondaient dans sa vente en raison de ses origines prestigieuses. Fort heureusement, le reste des effectifs aura su séduire les acheteurs, permettant à la commune de récolter un total de 17100€. Tous frais déduits, le conseil municipal n’y sera de sa poche que pour une somme totale de 1000€ environ.

Un autre émir avait déjà défrayé la chronique locale en 1999 en rachetant un haras de l'autre côté du bourg, venant s'installer avec suite et chevaux un mois par an pour suivre la saison de courses. Il aurait également disparu, abandonnant son bien. Selon la rumeur, les deux domaines seraient à vendre. En attendant, le calme est revenu au village.