L’ancestrale Course de la Bague
mercredi 07 juin 2006

bague-course
Ph. Catherine Bloch

Instauré au XVIIème siècle, la course de la bague est la plus ancienne de France. Rassemblant des cavaliers portant les couleurs de propriétaires et éleveurs de la région, elle se court sur le « mail » de la cité médiévale de Semur-en-Auxois

et sur une distance de plus de 2 000 m à parcourir en ligne droite.

C’est en 1639 qu’il fut décidé par les magistrats de la ville de Semur-en-Auxois, située en Côte d’Or, d’ajouter à la course des chausses (course pédestre disputée par les jeunes gens autour de la ville et qui est toujours d’actualité), une course à cheval à l’occasion de la foire de la pentecôte. Quelques années plus tard, en 1652, l’écharpe de taffetas blanc remise au vainqueur de la course se vit remplacée par une bague en or gravée aux armes de la ville : on parla désormais de « course de la bague ».Au fil du temps, quelques modalités de la course évoluèrent : elle ne se court plus le lendemain de pentecôte mais le 31 mai et d’autres courses ont été ajoutées: en 1841 une course de trot attelé, appelée « course à la timbale », dont le vainqueur remporte une timbale en argent et qui se déroule le dimanche précédant la course de la bague, et en 1995, une course de chevaux de trait, dont le gagnant se voit remettre une bague en argent frappée des armes de la ville.

Et depuis des années, le rituel semble immuable le 31 mai, quatrième jour des Fêtes de la Bague qui animent la cité médiévale de Semur-en-Auxois, ville pittoresque de 5000 âmes, perchée sur un éperon granitique.Un cortège composé notamment d’une fanfare, des chevaux de trait et des chevaux de selle (pur-sang et AQPS) se forme sur la place de l’Hôtel de Ville et traverse les stands de la foire commerciale pour rejoindre le « mail », large allée pédestre qui, pour le temps d’une journée, deviendra champ de course.Ce sont les chevaux de trait qui ouvrent le bal : leurs cavaliers, revêtus des habits d’époque, tenteront de les mener à la victoire en parcourant une distance de 1 100 m environ. A peine sont-ils arrivés que les galopeurs prennent le départ. Acclamés par un public entassé derrière de minces barrières métalliques placées en bordure de piste, les cavaliers habillés des toques et casaques aux couleurs de leurs propriétaires, et pour la plupart amateurs ou semi-professionnels (gentleman rider), vont parcourir à bride abattue une distance de 2 112 mètres en ligne droite.La ligne d’arrivée franchie, tout ce beau monde, accompagné par la foule, retourne en direction du centre ville pour la remise des trophées par les officiels, une remise faite depuis le balcon de l’Hôtel de Ville.

« La course de la bague est notre course : c’est une tradition, notre Arc de Triomphe » précise Sylvain Wuillaume, éleveur à Marmagne près de Montbard dont la jument Gloire, une pur-sang de 5 ans par Orage Noir, termine 3ème sous la selle de Sandra Heitzmann, monitrice au centre de tourisme équestre de Thenissey. « c’est une course très spéciale, unique puisqu’elle se court tout en ligne droite » souligne Séverine Sourd, vainqueur cette année de la course à la bague avec Blue Light, un pur-sang de 4 ans produit de son élevage. Dirigeante de l’Ecurie de la Fontaine, centre équestre situé à Annéot (près d’Avallon) et éleveur, Séverine Sourd détient une licence de cavalière (elle participe pour son plaisir à des courses de galop et d’obstacles) et possède un palmarès bien étoffé : il y a deux ans, elle remportait la bague en argent de la course de trait, remportée cette année par Philippe Moutard en selle sur sa comtoise de 7 ans, Lidie 4. L’an dernier sa jument Filaflore gagnait la course de la bague sous la selle de Vanessa Sandrin, et cette année, elle rafle la timbale en s’adjugeant la course de trot attelé avec son cheval Jazzy de Thonery., en plus de la bague en or remise avec la coupe « Mistou », propriétaire aujourd’hui décédé qui pendant 30 ans alignait chaque année un de ses chevaux sur la ligne de départ de la course de la bague !