Verden, toujours aussi beau , mais difficile
mercredi 12 août 2009

Verden09-Honnerups Driver- Andreas Helgstrand
Honnerups Driver/ crédit: www.Ridehesten.com

Les années se suivent et ne se ressemblent pas, dit-on. Ce fut le cas à Verden pour les championnats du monde des chevaux de dressage de cinq et six ans. Le danois Andreas Helgstrand, qui participait à Verden pour la première fois, crée l’événement puisqu’il remporte or et argent en 5 ans. Jamais un cavalier n’avait fait le doubler.

Et cette victoire en 5 ans de l’ex-cavalier du haras Blue Hors (et de Matinée rendue célèbre dans le landernau du dressage pour ses fouaillements de queue) désormais installé à son compte, est également exceptionnelle car seules deux Britanniques avaient réussi depuis la création de cette compétition d’élevage à forcer la forteresse germano-hollandaise, mais c’était avec des chevaux allemands.

Cette fois Andreas Helgstrand occupe les deux premières marches du podium avec des chevaux danois même si Don Schufro (Oldenbourg performer en Grand Prix avec le même Helgstrand) est le père de la 2e, Uno Donna Unique (avec 9,08) et le père de mère du vainqueur, Honnerups Driver. Ce fils de Romanov-Blue Hors gagne avec 9,46, ce qui constitue là aussi un des meilleurs scores jamais atteints, si ce n’est le meilleur. Le Danemark fait très fort cette année puisque deux autres couples se retrouvent en finale et terminent 7e et 13e parmi une flopée d’Allemands et de Hollandais - dont de grands professionnels comme les Möller, Minderhoud, Klimke - interrompue par deux Suédois en selle sur des chevaux allemands.Et, pour nous Français la différence se situe peut-être déjà là : les professionnels du dressage déjà peu nombreux chez nous « s’investissent trop peu dans les jeunes chevaux », regrette amèrement Alain Francqueville qui estime que cela ne laisse pas beaucoup de choix pour les sélections, tout en se félicitant «  de la très bonne tenue de nos couples, qui sont tout à fait à leur place ». Toutefois, c’est tout de même une jeune professionnelle, Jessica Michel, (première Française à avoir décroché une médaille, en bronze, lors de ces championnats du monde avec Noble Dream en 2007) qui réalise la meilleure performance tricolore en 5 ans avec le champion français des 4 ans (sous la selle de Caroline Mériaux), le Hanovrien Socrate de Hus (Stedinger) : 7,38 et 16e de la Consolante. VOIR RECTIFICATION Une pure amateur, Myriam Victor-Thomas termine 22e avec le Selle Français Qwismel d’Hebecourt (Karamel de Lauture x Le Plantero). En 6 ans, Hollandais et Allemands reprennent leurs droits en trustant les six premières places derrière le KWPN Westpoint (Jazz) que présentait Emmelie Scholtens (P.-B.). Il devance largement (9 à 8,72) l’Allemande Dorothee Schneider et le Hanovrien Florinero (Fürst Heinrich, qui fut lui-même champion des 5 ans en 2003). Là encore, trois Danois accèdent à la finale, une Suédoise et une Autrichienne, mais pas de Français.

Si en 5 ans on espérait voir Socrate de Hus en finale, en 6 ans c’était plutôt Wakensho, la petite jument bai brun au pas impressionnant avec laquelle Sylvie Corellou avait remporté les 5 ans à Saumur. Mais, sans être aussi inquiète que Socrate, Wakensho (Han par Wolkentanz I) « s’est montrée un peu timide dans sa première reprise, un peu vite au trot, des petits problèmes d’équilibre au galop et son pas n’a été noté qu’à 8 », analyse Alain Francqueville. Donc pas plus de finale pour Wakensho que pour Socrate, et elle termine termine 20e de la Consolante. Et c’est le moniteur d’équitation, président de la Commission de dressage de Provence qui réalise la meilleure performance française dans cette classe d’âge avec le bavarois Rossini (Rivero II) : 16e avec 7,2. Pas plus en 5 ans qu’en 6 ans un étalon ne se détache comme père de ces jeunes chevaux. Tout juste peut-on remarquer quelques noms qui reviennent : Jazz, Dressage Royal, Fürst Heinrich, aucun n’ayant cependant un nombre significatif de produits. Hormis nos cavaliers, quelques Français étaient sur place parmi lesquels Bernard Maurel puisqu’il faisait partie du jury, mais aussi quarante-cinq juges équipés d’oreillettes pour suivre les reprises avec les commentaires en direct du Dr-Vét. Patrick Collard. Et pour la première fois, Bruno Mellet, directeur de la Société hippique française, avait fait le déplacement. Impressionné bien sûr, qui ne le serait pas, notamment par « les présentations de 3 et 4 ans qui évoluent aux trois allures gentiment posés sur la main de leurs cavaliers pour la plupart des moins de vingt ans ». Le directeur de la SHF ajoute : « J’ai été ébloui par l’organisation, la qualité des chevaux, les Hanovriens surtout, et le professionnalisme qui règne partout : par exemple, tous les cavaliers à la détente ont l’oreillette qui leur permet d’écouter les conseils de leur coach. Je suis à la fois déçu de voir que les couples que nous avons sélectionnés n’ont pas fait mieux, même si tous ont très honorablement figuré, mais encouragé car je reviens avec plein d’idées. Et puis l’ambiance est vraiment chaleureuse, tout le monde semble heureux de se trouver là ». Ce grand rendez-vous reste incontournable pour tous ceux qui s’intéressent au dressage et à son évolution en France.