Bernard Lesage à Bondues : "il faudrait limiter le nombre de cartes"
dimanche 18 mars 2012

lesage flahaut
lesage flahaut

Brossés, nattés, présentés en main ou montés, 47 étalons de sport étaient au centre de toutes les attentions, dimanche, dans le grand manège des écuries du Forest, à Bondues (59).

L’occasion pour Bernard Lesage, président de l’AECCP, de rencontrer ses homologues éleveurs et de nous renseigner sur l’état du marché de l’élevage.
Tandis que son épouse, Monique, et sa fille, Elyse, étaient dans les tribunes du Grand Palais parisien, à l’occasion du saut Hermès, Bernard Lesage, président de l’AECCP, était resté dans le Nord-Pas-de-Calais, pour le traditionnel salon des étalons, organisé par l’AECCP (association des éleveurs de chevaux, des cavaliers et des propriétaires). Pour l’occasion, les haras de Hus, de Villers ou encore du Bois Margot étaient présents. Les régionaux n’ont pas non plus boudé l’événement : entre autres, Jean-Noël Poiteau, du haras de la Bouloye, Marius Huchin, du haras des Princes ou encore les frères Dewulf, Eric et Guillaume, pour l’élevage d’Eole, sont restés toute la journée durant, pour présenter leurs étalons aux intéressés. Dans les tribunes du manège des écuries du Forest, éleveurs, passionnés ou simples curieux étaient assez nombreux, surtout dans l’après-midi, pour apprécier le modèle de Kannan, l’équilibre d’Air Jordan, le beau geste de Tsunami de Hus ou encore le peps de Flipper d’Elle.

L’élevage, à l’image de l’économie en général
Bernard Lesage s’est félicité de la tournure des événements. « Il y a un peu de monde, c’est convivial, a décrit le président. La plupart des éleveurs connaissent de sacrées difficultés. Au moins, cette journée leur permet de passer un bon moment ». Pour le président, également éleveur, difficile de faire fortune en faisant naître des chevaux de sport. « Il faut réellement être passionné pour faire ce métier, reprend plus sérieusement le président de l’AECCP.  Seuls 5% des poulains que nous faisons naître parviennent, un jour, à se hisser au sein des compétitions de haut niveau. Et actuellement, le nombre de ventes de saillie baisse ». Arnaud Evain, président du Groupe France Elevage, assure que le marché de l’élevage est calqué sur le modèle économique et financier actuel. « Les étalons phare, les produits qu’on pourrait qualifier « de luxe », tels Kannan ou Diamant de Semilly sont toujours autant demandés. Et les saillies présentant un excellent rapport qualité/prix connaissent également un certain succès, rapporte Arnaud Evain. En revanche, pour les étalons qui se situent hors de ces deux catégorie, c’est beaucoup plus complexe ».

Le haut niveau, indissociable de l’élevage
Chauvin Bernard Lesage ? Sans doute un peu, en ce qui concerne les qualités du Selle Français. En revanche, il ose admettre que l’élevage national s’était quelque peu endormi, pendant une période qu’il situe entre 1980 et le début des années 2000. « Les éleveurs ont moins recherché la performance, tandis que les Belges, Allemands ou Hollandais ne l’ont jamais lâché du regard, affirme le président. Mais, depuis quelques années, les mentalités ont évolué, l’élevage français s’est remis activement en marche ». Nicolas Dugué, directeur territorial des Haras Nationaux, voit les choses de la même façon. « L’élevage belge ou allemand, sans doute motivé par les bons résultats de ses meilleurs cavaliers nationaux, a toujours cherché à être performant, explique le directeur. Il y a quelques années, les éleveurs français, sans doute réconciliés avec le haut niveau grâce à la remontée de l’équipe de France aux meilleur niveau, se sont remis à table avec appétit et ont de nouveau cherché comment produire de futurs champions ». D’où, la nécessité d’aller parfois chercher du sang étranger. « Le sang étranger n’est pas un ennemi, pour l’élevage français, pose Nicolas Dugué. S’il permet d’accéder à l’excellence, alors ce serait une ineptie de ne pas s’y oser ». Pour conclure, Bernard Lesage pointe le côté passion de l’élevage. « C’est une activité qui n’est pas formelle, mais qui doit être exercée avec sentiment. Faire naître un futur champion, c’est le rêve de tout éleveur ».