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jeudi 26 décembre 2019

Dessin Milon
Faut-il être hyper connecté pour trouver aujourd'hui la perle rare ? © Dessin Pierre Milon

Actuellement en kiosques, le numéro 383 de L'Eperon a consacré un important dossier au commerce de chevaux en France. Dans le milieu amateur ou à haut niveau, le marché a évolué et le commerce 3.0 change désormais la donne. En bien ? Des ventes de gala où les adjudications les plus folles atteignent le million de dollars au petit éleveur qui peine à vendre son produit au prix de revient, le commerce du cheval de sport révèle toute sa complexité. Découvrez le début de cet article signé Emilie Le Guiel et illustré avec humour par notre dessinateur Pierre Milon.

Dans un paysage mondial en pleine mutation socio-économique, et au sein d’une filière cheval qui tente de se structurer, acheter un cheval peut s’avérer être un casse-tête. La multiplicité des acteurs et l’étendue des canaux de vente désormais faciles d’accès pour tous n’aident pas forcément l’acheteur à s’orienter. Le commerce tel qu'il était autrefois n'existe plus et une grande partie des activités de négoce se fait désormais sans TVA (taxe sur la valeur ajoutée), c’est-à-dire de particulier à particulier. Le monde du cheval n’échappe pas à l’essor des sites communautaires tels Le Bon Coin, Airbnb, BlaBlacar, etc. Désormais n’importe qui peut s’improviser commerçant, et le “tout internet” a largement rebattu les cartes. Ce mélange des genres n’est pas que positif, et peut nuire à la lisibilité de l’ensemble de la filière, particulièrement quand on est cavalier amateur. Si le monde du commerce dit professionnel possède des règles d’initiés qui peuvent sembler opaques et parfois précédées d’une réputation peu flatteuse, il assure toutefois à l’acheteur un cadre de garanties protectrices, ainsi qu’une expertise technique. C’est malheureusement souvent quand il est trop tard que les clients se rendent compte qu’ils sont démunis. Contrairement au milieu automobile, la filière équine ne possède pas d’Argus. Tout dépend du jeu de l'offre et de la demande, pimentée en plus par ce critère inexplicable qu'est le sentiment. Le choix d'un cheval repose sur une part affective non négligeable, qui peut justifier parfois l'inexplicable et déjouer toutes les prédictions. Comme dans tout contrat, seul l’accord fait foi et le juste prix d’un cheval est celui sur lequel le vendeur et l’acheteur s’entendent. 28 289 ! C’est le nombre de transactions réalisées sur des chevaux de sport de race en 2017, un chiffre en hausse de 2 % par rapport à 2016 et basé sur les changements de cartes de propriété. Ces relevés, tirés de l'annuaire statistique ÉCUS (pour Élevage, Commerce, Utilisations et Statistiques socio-économiques), sont établis par l'observatoire économique et social du cheval de l'institut français du cheval et de l'équitation (IFCE). Ce document, qui présente chaque année la situation économique de la filière et l'évolution de ses principaux marchés, est publié en janvier et présente les données de l'année précédente. Les chiffres présentés dans cet article seront donc ceux de l'année 2017. Le but de ce dossier n’est pas de parvenir à l’exhaustivité dans le dédale des possibilités offertes aux acheteurs, mais de donner un regard à un instant T du commerce en France et des préoccupations de chacun...

La suite dans votre numéro 383 de L'Eperon !

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