Cicave du Talus n'est plus
samedi 26 février 2022

cicave du talus
cicave du talus © Coll. GFE

L'excellent Cicave du Talus, vendu l'an dernier aux Etats-Unis par le GFE, n'a pas survécu à une crise de coliques. Performant sous la selle de François-Xavier Boudant avant de passer sous celle de Paul O'Shea, Cicave laisse derrière lui des produits encore jeunes, mais non moins prometteurs.

Vendu foal, Cicave du Talus (Untouchable M x Voltaire), né chez Jacques Le Boedec, avait été exporté en Belgique avant de revenir en France où il avait été adjugé aux ventes Fences en 2015 au GFE. A quatre ans, il termine 2e du CIR d’Auvers. Finaliste à Fontainebleau, il est classé Elite et vice-champion de France des 4 ans, réalisant 14 parcours sans faute sur 14 dans la saison. A 5 ans, sous les selles d'Audrey Paris et Thomas Rousseau, il réalise 17 parcours sans faute sur 19 en Cycles classiques et se distingue de nouveau Elite à Fontainebleau. il est classé Elite et 3e du Championnat de France des mâles de 5 ans. Il est finaliste aux championnats du Monde de Lanaken, où il effectue un parcours sans faute. A 6 ans, il réalise 15 parcours sans faute sur 21 en Cycle Classique sous la selle de Fabrice Paris, dont un sans faute lors de la finale à Fontainebleau. L'année suivante, à 7 ans, il passe sous la selle de François-Xavier Boudant et se classe 2e du Grand Prix des 7 ans à Notre Dame d'Estrées, 5e à Maubeuge, 5e à Auvers, 7e à Hardelot...  Après deux bonnes années sous la selle de François-Xavier Boudant, qu'il a achevées avec des participations en épreuves 150, 155 (4* de Saint Tropez, 3* de Cabourg), l'étalon a été vendu en 2021 aux Etats-Unis à Paul O'Shea.

En l'espace de cinq années, de 2016 à 2021, Cicave avait accumulé près de 48000 euros de gains. Alors qu'il était encore sous sa selle, en 2021, le cavalier décrivait ainsi la fils d'Untouchable M : "Cicave est un cheval qui possède de nombreux qualités. Il a un super mental et est vraiment très respectueux. Il veut toujours faire les choses bien, avec beaucoup de sérieux. C’est un très bon élève. Il l’a d’ailleurs toujours prouvé : dès l’âge de 5 ans il était très performant et n’a jamais cessé de l’être. Au quotidien, c’est vraiment un cheval des plus agréables. Son seul défaut vient de l’une de ses qualités : il est tellement respectueux qu’il ne faut pas aller trop vite avec lui. Mais c’est le seul léger défaut que je vois à cheval. Il est vraiment exceptionnel. Je pense que Cicave est fait pour les CSI5* donc on va essayer de l’emmener doucement sur ces épreuves. Une chose est sûre : il en a le potentiel, tant physiquement et mentalement."

S’il a débuté sa carrière d’étalon assez timidement (31 juments en 2016) après son approbation à 3 ans par le stud-book Selle Français, les éleveurs se sont rattrapés, notamment en 2020 avec plus de 90 saillies (62 saillies en moyenne par an). Ses premiers 4 ans ont débuté en 2021. Aujourd'hui, Cicave du Talus compte un peu plus de 200 produits enregistrés, dont Hendrick des Forêts, étalon finaliste à 4 ans, ISO 115, Hidalgo du Quartz, finaliste à 4 ans, ISO 113, Histoire d'Eole, ISO 112, Hélios des Bruyères ISO 110, Idéal d'Elle, 2e de la qualificative étalon SF de 3 ans à Villers-Vicomte, approuvé étalon Très Prometteur à la suite du testage en 2021, ou encore Ibou du Bidou, adjugé pas moins de 135 000 euros aux ventes Fences Elite, 2e Top Price de l’édition 2021.

Arnaud Evain, fondateur du GFE, qui a conservé la gestion de la carrière de reproducteur de Cicave et le distribue toujours, se montre particulièrement peiné de la disparition de l'étalon. "C'est triste et dur, notamment pour tous les gens qui ont connu et côtoyé Cicave, dont la famille Boudant", a indiqué l'actionnaire. "On avait des nouvelles très régulières du cheval et il allait commencer les belles épreuves avec son nouveau cavalier. Cela ne faisait que quelques mois qu'il était parti aux Etats-Unis, et nous suivions bien sûr sa carrière avec attention et intérêt..." Une pilule qui a du mal à passer pour Brice Elvezi, directeur du GFE, également. "Il avait démarré la saison à Wellington, et tout allait bien", indique-t-il. "Mais il a fait plusieurs crises de colique successives et a été opéré plusieurs fois. A chaque fois, il s'est relevé et on pensait finalement que ce serait un peu notre Diamant à nous. Mais malheureusement, l'histoire n'a pas eu la même issue..."