Comme Il Faut, l’excellence en héritage
jeudi 06 janvier 2022

Comme Il Faut et Marcus Ehning, ici lors des championnats d'Europe de Rotterdam en 2019
Comme Il Faut et Marcus Ehning, ici lors des championnats d'Europe de Rotterdam en 2019 © Eric Knoll

Telle une étoile filante dans la galaxie des étalons, le si bien nommé Comme Il Faut file à la vitesse de la lumière vers l’élite mondiale des reproducteurs. À seulement seize ans, il intègre le top 20 des meilleurs pères de gagnants internationaux, et ce n’est très certainement que le début. Dans son numéro 399, L'Eperon Hebdo revient sur l'histoire et la génétique cet étalon exceptionnel.

La fée des bons gènes s’est penchée sur le berceau du jeune Comme Il Faut. En effet, avoir comme père Cornet Obolensky (BWP, Clinton) et comme mère Ratina Z (Hann, Ramiro), excusez du peu, mais c’est un bon démarrage dans la vie. La championne Ratina Z est une légende des sports équestres. Elle a tout gagné, d’abord avec le Néerlandais Piet Raymakers pour le compte de son naisseur Léon Melchior est a notamment été médaillée d’or par équipe et d’argent en individuel aux Jeux Olympiques de Barcelone en 1992. Le Kaiser allemand, Ludger Beerbaum, fait ensuite acheter la carrière sportive de Ratina Z à sa fidèle propriétaire Madeleine Winter-Schulze. La bouillonnante baie lui aura ainsi permis de décrocher l’or olympique par équipe et en individuel aux Jeux Olympiques d’Atlanta en 1996. De très nombreuses victoires en Grand Prix suivront, dont le mythique Grand Prix d’Aix-la-Chapelle. Un palmarès unique dans l’histoire des sports équestres. En 1999, Ratina Z prend sa retraite sportive et reste définitivement à Riesenbeck, chez Ludger Beerbaum (où nous vous avions emmené dans le numéro 397 de L’Eperon Hebdo), qui souhaite par-dessus tout garder auprès de lui sa championne. Un accord a donc été conclu entre Ludger Beerbaum et Léon Melchior pour se partager la carrière à l’élevage de la jument du siècle.

Le croisement de tous les espoirs

En 2004, le jeune étalon BWP gris Cornet Obolensky (alias Windows Van’t Costersveld) alors âgé de cinq ans est basé aux écuries Beerbaum. En effet, son propriétaire ukrainien fonde de très grands espoirs sur ce jeune champion et ne lésine pas sur les moyens pour lui donner toutes les chances de réussir. Il rêve de croiser Cornet avec Ratina, qui est sur place et qui ne donne plus d’embryon depuis trois ans. Ainsi, âgée de vingt-deux ans, Ratina est inséminée avec la semence fraîche de Cornet Obolensky. Il est décidé de limiter les manipulations pour optimiser les chances de gestation, et Ratina portera donc elle-même. Le petit poulain bai Comme Il Faut naît au printemps 2005, à Riesenbeck et est inscrit au stud-book allemand de Westphalie.

À noter que Cornet Obolensky deviendra par la suite un grand performer en devenant champion d’Europe par équipe avec Marco Kutcher. Mais c’est en tant que père de gagnants qu’il devient une superstar mondiale. Cornet est aujourd’hui une des grandes valeurs sûres de l’étalonnage mondial et truste les podiums des classements d’étalons.

La lignée maternelle d’Heureka

En 1970, l’Allemand Hermann Schridde gagne l’emblématique Grand Prix d’Aix-la-Chapelle avec une jument baie alors âgée de dix ans, nommée Heureka (Hann, Ganeff). Léon Melchior, qui débute un programme d’élevage ambitieux basé sur les résultats sportifs et non le modèle (conception très novatrice dans le contexte de l’époque !), se dit qu’une gagnante du Grand Prix d’Aix-la-Chapelle, c’est ce qui se fait de mieux, et jette donc son dévolu sur Heureka. Excellent choix, nous direz-vous ! Effectivement, Heureka devient à l’élevage une jument fondatrice, à l’origine d’une lignée maternelle européenne majeure.

La suite de cet article est à découvrir dans le numéro 399 de L'Eperon Hebdo (paru le 5 janvier 2022), disponible sur notre boutique en ligne.