Elevage de Boulonnais : la régénération est en route
samedi 01 février 2020

Boulonnais
En raison de son taux de consanguinité et de la baisse régulière des nouvelles naissances, le Boulonnais est menacé © Coll.

Historiquement élevé dans tout le Pas-de-Calais, la Picardie et le pays de Caux, le Boulonnais est réputé pour sa puissance couplée à une énergie rare chez un cheval lourd. Avec 583 individus recensés en 2014, cette race de trait français est la plus menacée, en raison de son taux de consanguinité et de la baisse régulière des nouvelles naissances.

Mais le sauvetage de la race Boulonnais est en cours ! Avec l'Observatoire des races de chevaux de trait, le Centre régional des ressources génétiques, l'IFCE, l'INRA, le syndicat hippique du Boulonnais : tout le monde s'y attèle.

Si la ferveur règne en Hauts-de-France pour le « cheval impérial » -l’élégant gris qui brillait attelé aux champs ou comme mareyeur-, la race reste fragile. Le taux de consanguinité frôle 7% en moyenne, ce qui signifie qu'ils ont tous des cousins germains parmi leurs ancêtres. On compte une soixantaine d'étalons et vingt ancêtres portent 80% des gênes actuels. 

Cependant, le coefficient de consanguinité peut baisser. Le plan de sauvegarde et de développement des Traits du Nord et des Boulonnais émis par la Région Hauts de France commence à porter ses fruits. L'encadrement et les connaissances sont désormais réunis, avec le Centre régional des ressources génétiques de Villeneuve d'Ascq, l'Observatoire des races des chevaux de trait, l'IFCE, l'INRA et le Syndicat hippique du Boulonnais, créé en 1886, qui tient le stud-book. Il interdit tout étalon qui a un ancêtre commun sur trois générations. « Il est difficile de régénérer le Boulonnais qui n'a pas de race voisine », précise Florent Piedanna, du Centre de ressources génétiques. « Impossible donc de retremper comme les Traits du Nord qui prennent un étalon trait belge. » 

Une solution vient de l’arabo-boulonnais (une boulonnaise saillie par un arabe). Celui-ci peut être inscrit au Livre B des origines, qui liste des chevaux issus de parents non de race pure, une commission pouvant approuver ensuite un étalon. Si les essais sont rares, un premier étalon est approuvé, Babar du Marais. Selon la grille d'accouplement éditée par l’observatoire, il fait chuter le coefficient de consanguinité à -2%. Houral des Couleurs, son fils, est aussi approuvé et un second a des chances de l'être cette année... Cet alezan appartient à Francis Urbain installé à Gueschart dans la Somme. A Quaedrype dans le Nord, Edouard 43, un magnifique étalon noir, est lui passé avec une mère sans papier. 

Les éleveurs peuvent être accompagnés dans le choix d'une saillie souhaitable, grâce à l'annuaire et au tableau des origines et de la gestion des lignées; réalisés par le centre de ressources et l’IFCE. La région va dans le même sens : elle augmente la prime à la naissance jusqu'à 500€ en cas de faible consanguinité et les primes à 2 et 3 ans sont liées à la participation aux concours. Elle octroie en outre des subventions pour les manifestations, évènements et routes attelées utilisant les Traits. 

La réaction des éleveurs varie selon l'âge et l'attachement aux traditions. « La plupart ont une mentalité de naisseurs, ils sont moins attentifs à la préparation des chevaux pour le sport ou les métiers actuels », remarque Florent Piedanna. Mais des quadras sont plus fonceurs, comme Christophe Debruyne, un agriculteur-meneur qui fait naître une quinzaine de poulains par an, à Quaedrype dans le Nord. Camille Santune qui dispose de deux étalons gris agréés à Auxi-le-Château (62) ou Philippe Peuvion qui exporte certains de ses produits de Bazinghem (Pas-de-Calais) aux Etats-Unis sont deux autres exemples !

Plus d'informations sur www.le-boulonnais.com