Elevage de Buissy : Cendrine Dutrait, l’Anglo dans le sang
jeudi 16 juin 2022

Cendrine Dutrait et Tacticienne de Buissy
Cendrine Dutrait et Tacticienne de Buissy © Coll. Loetitia Gerard

Dire que Cendrine Dutrait aime la race Anglo-arabe est un euphémisme : depuis plus de vingt ans, avec l’affixe de Buissy, elle s’efforce de magnifier, génération après génération, son travail de sélection sur ses souches maternelles. Cette passionnée a fait naître plusieurs champions, qui ont concouru sur les scènes internationales en concours complet et en saut d’obstacles. Elle déplore cependant aujourd’hui ce qui se profile comme l’extinction d’une race.

Cendrine Dutrait est spontanée, passionnée et a toujours cette petite pointe d’admiration dans la voix lorsqu’elle parle de ses Anglos. Ce qu’ils ont de plus que les autres ? « De l’intelligence, de la finesse... Un Anglo, ça vous parle, j’ai toujours eu un contact particulier avec eux. » L’éleveuse vit de façon générale pour ses animaux, au milieu desquels elle se sent bien. Et ils sont plutôt nombreux à Lubersac, à dix kilomètres de Pompadour, en Corrèze. Chiens, chats, chevaux, paons, perroquets... sont les protégés de Cendrine.
Installée aujourd’hui sur une vingtaine d’hectares, elle fera naître cette année cinq poulains et une dizaine en 2023. Pourquoi est-elle venue à l’élevage ? Pas pour continuer l’activité de ses parents, ils n’étaient pas du sérail. Et, alors qu’elle est enfant, Cendrine voit du pays. « Mon père était militaire et j’ai grandi en partie en Charentes-Maritime, à Saintes », explique-t-elle. « J’ai appris à monter là-bas, sur des Anglos. Je bassinais d’ailleurs mes parents pour qu’ils m’achètent un poney. Je prenais souvent des gamelles, mais peu importe, j’y retournais le mercredi ou le samedi suivant. J’avais ça dans la peau. »

Un premier contact au Haras national de Saintes

À Saintes, Cendrine pratique l’équitation dans un centre équestre situé au sein du Haras national. Sans vraiment le percevoir, son quotidien est très tôt baigné dans le monde de l’élevage du cheval de sport. « C’était la belle époque des Haras », se remémore Cendrine. « Je me promenais au milieu des étalons, que les gardes sortaient le matin et dont ils s’occupaient avec soin. Je regardais cela avec fascination. Il y avait notamment l’étalon Arlequin. C’était une magnifique vitrine de l’élevage national... Je me souviens avoir assisté à des concours de poulinières. » À douze ans, Cendrine se voit offrir sa première jument, une Anglo. « J’ai commencé à faire un peu de concours complet, puis du saut d’obstacles jusqu’en catégorie B », relate l’éleveuse. « Je suis contente d’être passée par la pratique du sport et de la compétition, c’est important de connaître les ressentis du cavalier. Je n’excellais pas mais j’ai toujours eu un profond attachement pour les animaux. C’est en partie ce qui m’a conduite à mener des études pour obtenir un BTS Production animale. »

La suite de cet article est à découvrir dans le numéro 422 de L'Eperon Hebdo (paru le 15 juin 2022), disponible sur notre boutique en ligne.