Elevage du Vilpion : Chaque poulain est une start up
vendredi 03 mai 2019

De gauche à droite : les trois associés de l'élevage de Vilpion, Rodrigue Lescaillet et son fils Paul Lescaillet ainsi que Christophe Legros. © Elisabeth Gilion

La rédaction de l'Eperon poursuit ses rencontres avec les éleveurs pour les interroger sur leurs projets de croisements 2019. Direction Erlon (Aisne) et l’élevage du Vilpion.

Le Vilpion réunit 3 associés : Christophe Legros, agriculteur éleveur à Erlon (Aisne), Rodrigue Lescaillet, agriculteur à Bois Grenier (Nord) et son fils Paul, cavalier. "On vit en confiance, on discute tout, on décide ensemble et on ne revient pas sur une décision. Avec Paul on a la tendance actuelle et les réseaux sociaux, avec Christophe (et son père avant lui) on a l'expérience de 2 générations d'éleveur ; on partage les mêmes valeurs, on est proche de la terre, axé sur le long terme, pour sortir quelques sujets de grande qualité et donc on y met les moyens," expose Rodrigue. Et il ajoute : "On est heureux!"

A Erlon : 15 hectares de prés entourés de haies, baignés par la rivière, Vilpion, de vastes écuries, un marcheur, des paddocks où sont installés les jeunes et les poulinières. Un lieu paisible, une bonne herbe nature, sans engrais. Christophe s'occupe lui-même des chevaux tous les jours, manipule en douceur. Il les connait par coeur. "Gentils, près de l'homme, ils sont faciles à débourrer," dit Paul.

Celui-ci les reprend à Bois Grenier à partir de 5 ans, pour le sport. Tous les 3 gèrent au millimètre :" on va ensemble aux rendez-vous importants et on note tout, chaque sujet a sa fiche ..." souligne Christophe Legros. Rodrigue ajoute : "on ne croit pas à la chance, alors on met le maximum d'éléments de notre côté pour réussir." Avec une excellente souche maternelle, ils visent une santé solide et du chic.

Ils ont vendu 3 poulinières cet hiver pour garder celles qui sont susceptibles de sortir des chevaux pour le haut niveau. Ils ont aussi arrêté Utopie du Vilpion, une fille de Diamant de Semilly et d'Hermine du Château (soeur d'Itot) à 10 ans "parce que l'élevage est un autre métier, pas question d'aller en concours et de pouliner. Ni de considérer l'élevage comme la mise au rencart d'une jument qui est moins performante sur les barres." Ils mettent à l'élevage Viacinthe de Montsec, une fille d'Etoile du Château et de Dollar du Mûrier : "qui est une bonne jument de concours mais compliquée en dehors", précise Paul.

Ils sont bien entourés et ils savent écouter, surtout les éleveurs « pour se créer des bonnes occasions. » Paul qui a appris le métier avec Bruno Broucqsault travaille maintenant avec Guillaume Foutrier. Les vétérinaires sont très présents et l'insémination est confiée au haras de la Bouloye. Actionnaire du GFE, Christophe s'entend bien avec Arnaud Evain, ce qui lui permet d’obtenir des paillettes rares.

Le Vilpion compte une vingtaine de sujets, avec 6 naissances l'an dernier et 4 cette année. "Notre choix est raisonnable, sur des juments dont la souche est exceptionnelle, qui ont déjà produit, donc on a un peu de recul," conclut Rodrigue.

  • Utopie de Vilpion qui a reproduit avec Balou du Rouet et Canturo aura cette année les faveurs de Big star. 
  • Viacinthe de Montsec : aprés Tangelo vd Zuuthoeve, puis Cristallo I… deux essais râtés cette année, l’élevage du Vilpion tente sa chance avec All star. 
  • Pour le petit gabarit, Flora de Vilpion (For pleasure) c'est le grand Cicero Z (Carthago) qui a été retenu.
  • En 2018, Bagira de Vilpion a été saillie par Quabri de l'Isle, et sera présentée cette année à Dominator Z.

Le rêve des trois associés? Sortir un bon étalon. Pourquoi pas parmi les 4 poulains nés en 2018...

Elisabeth Gillion

Contact : www.elevageduvilpion.com - 06 07 16 28 62.