Fernand Leredde relance son projet de "stud-book"
vendredi 13 mai 2011

leredde
Fernand Leredde © www.scoopdyga.com

Tenace, Fernand Leredde tente de relancer son projet de création de « stud-book Anglo-normand », qui permettrait de distinguer, parmi les Selle Français, les chevaux exempts de sang étranger.

Bien connu de tous en sa qualité de créateur du Haras des Rouges, maintes fois titré, l’éleveur de Rochet Rouge - M (champion d’Europe individuel avec Alexandra Ledermann et bronze aux JO) et de l’étalon Papillon Rouge, âgé de quatre-vingts ans, souhaite défendre les spécificités de l’élevage français et la valorisation des chevaux de terroir exempts d’origines étrangères à quatre générations.
L’appel qu’il lance vise donc à soutenir sa demande de création d’un registre « Anglo- normand » regroupant des chevaux de sport aux origines purement françaises, avec édition de livrets, pour une période test de deux ans. Discuté en commission du livre généalogique et souvent soutenu, le projet attend toujours que la décision de l’administration.
Au bureau des activités équestres et de l’élevage du Ministère de l’Agriculture, Charles de Certaines nous indique que ce projet pose des questions juridiques, qu’il 3 a fait une demande d’expertise juridique au service du Ministère, relancée encore récemment, et qu’il attend ses réponses pour poursuivre la réflexion. Il précise également qu’il « souhaiterait régler cette affaire sans trop tarder ». Dans quel sens ? Suspense…

Le communiqué de Fernand Leredde : L’ANGLO NORMAND dès aujourd’hui , « Avant qu’il ne soit trop tard » … demain !

Depuis plusieurs années maintenant, les équilibres financiers de l’élevage du cheval de sport français ne sont plus assurés et menacent ainsi la survie de notre élevage tout entier. Chacun y va de son explication et de proposer des solutions miracles.

Pour ma part, et plutôt que de réinventer la roue, j’affirme que les spécificités qui ont fait hier la gloire de l’élevage français doivent demeurer la REFERENCE que nos voisins, aujourd’hui encore, nous envient et recherchent. Il nous reste à défendre nos particularités afin de mieux valoriser nos origines issues de croisement de ½ Sang-Normand-Trotteur- PS-AAR-AR – exempt de sang étranger à quatre générations. Cette différence que nous revendiquons ne peut que renforcer l’image de cheval Européen qu’a voulu prendre l’ANSF. Ces deux positionnements complémentaires couvriront une offre beaucoup plus large et réduiront ainsi les pertes de parts de marché de notre élevage. La diminution de notre production interne est d’autant plus regrettable qu’elle est compensée par l’importation de chevaux étrangers dont les procédures administratives de SIRE leurs ont été simplifiées. A ceux qui pourraient me trouver aujourd’hui « trop pressé », il me faut leur rappeler que, voilà très exactement quinze ans, redoutant que l’ouverture, par les Haras Nationaux, aux chevaux étrangers n’engloutisse notre élevage, je protégeai par un dépôt à l’INPI l’appellation « Anglo-Normand ». Je dois toutefois reconnaitre que je me trouvai, à cette époque, bien seul pour vouloir réhabiliter le Stud Book Anglo-Normand supprimé en 1950 - ainsi que toutes les autres races régionales par décision des Haras Nationaux.
Cette décision, unique en Europe, de vouloir imposer une marque exclusive se fit sans concertation des éleveurs, comme ce fut le cas en Allemagne mais dont le pouvoir fédéral animé des mêmes intentions dû faire machine arrière. Voilà maintenant cinq ans que, fort du soutien et de la détermination de quelques éleveurs, j’ai entrepris auprès du Ministère de l’Agriculture et du SIRE les « démarches officielles » conduisant à la restauration de notre Stud-book Anglo-Normand. Il me faut d’ailleurs remercier Messieurs Xavier Guibert et François Goriou qui ont supervisé la rédaction de notre règlement, ainsi que Messieurs Bertrand Langlois (INRA) et Bruno Mellet (SHF) qui ont voté favorablement pour notre projet lors de la commission du livre généalogique du 8 décembre 2009, au cours de laquelle, accompagné et soutenu par Madame Françoise Rivière , Messieurs Guy Bidault, Luc Tavernier et Philippe Martin, nous avons pu développer nos arguments. Les récentes turbulences à la tête des Haras Nationaux n’ont pas facilité nos dernières démarches. Le nouveau directeur Général Philippe de Guénin, dont le cheval n’était pas sa spécialité, a dû se faire sa propre opinion.
Afin de quantifier l’intérêt que pourraient porter les éleveurs à notre démarche, nous avons proposé au Ministère d’inscrire dans un registre « ad hoc » Anglo-Normand, de test pour une période de deux ans, les produits exempts de sang étranger à quatre générations et dont les naisseurs en manifesteraient le souhait. A la demande du Ministère de l’Agriculture, notre projet initialement limité aux seuls départements normands a été étendu à l’ensemble du territoire national. Il n’appartient aujourd’hui plus qu’au SIRE de proposer au Ministère de l’Agriculture la mise en œuvre opérationnelle de ce test. L’Histoire équine retiendra le Nom de Paul de Laurens de Saint Martin qui, au péril de sa propre carrière, enfreignant les directives de sa hiérarchie, renonça, bien qu’on le lui commanda, à saborder l’élevage normand dont l’utilité après la 2ème guerre mondiale n’était plus justifié. Gageons que Philippe de Guénin qui estime aujourd’hui notre demande « légitime » aura le même courage ! Comment d’ailleurs pourrait-on comprendre que l’IFCE, qui signe « larga manu » des conventions avec des Stud-books étrangers leur donnant droit de cité sur notre territoire, refuse, avec de faux prétextes, une initiative franco-française ?
Fernand Leredde

« Jesoutiens l'action de Fernand Leredde » :

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anglo-normand@orange.fr

Commentaires


LUDOVIC B | 15/06/2011 18:05
la polémique est infondée. On confond génétique et généalogie... Si on permet l'accès de sang étranger à la quatrième génération, c'est bien que le sf de souche" est une mascarade.
A l'ANSF de ne pas agréer tout ce qui vient de l'étranger sans recul, et voilà tout... Car les chefs de race de tout stud-book ont une génétique très proche. qu'on agrée que ce qui a un lien direct avec les vraies bonnes lignées, et curieusement, les bons étrangers comme les bons sf en sont issus... quand on voit ce qui est arrivé à l'anglo-arabie, ce protectionnisme laisse perplexe...

Laure B | 14/05/2011 09:25
Je suis bien d'accord, trop de jeunes chevaux Selle Français de nos jours ont au moins un parent étranger !