L'élevage savoyard vise les sommets
lundi 25 juillet 2022

Maxim’Homme Tuilière
Fils du très performant Quel Homme de Hus, Maxim’Homme Tuilière s'est fait remarquer lors d'un concours organisé il y a peu par l’Association des éleveurs de chevaux des Savoie. © Jean-Louis Perrier

Au coeur des Alpes françaises, les départements de Savoie évoquent plus les sports d’hiver que l’élevage du cheval de sport. Et pourtant, le "made in Savoie" s’affirme de plus en plus dans les beaux rendez-vous du jumping international, fruit du travail d’éleveurs passionnés. Leur rencontre par les monts et vaux de Savoie vaut le détour.

En donnant comme affixe le nom de sa région à ses chevaux, le regretté Maurice Moine ne pouvait offrir un meilleur ambassadeur aux départements savoyards sur les prestigieux terrains internationaux, où Abdel Saïd s’illustre avec le Selle Français Bandit Savoie (Qlassic Bois Margot) : trois classements dans le top 5 de Grands Prix du Longines Global Champions Tour depuis le début de cette année, deux fois victorieux en Grand Prix 5* en 2021 à Wellington et Grimaud… Maurice Moine, cet homme modeste, personnage du monde équestre savoyard décédé fin mai, a fait naître près d’Annecy des performers à partir de juments Pur-sang judicieusement croisées. Comme lui, les éleveurs ont dû faire preuve d’instinct et/ou d’investissement pour constituer leur jumenterie, car il n’y a pas, dans cette région, de réservoir similaire à ceux de l’Ouest de la France. L’effectif de poulains nés pour le sport dans ces deux départements est faible avec, en 2020, cent-quatre-vingt-deux poulains enregistrés dans des stud-books de cette orientation, et cent-soixante-six en 2021. Mais ces chiffres pourraient bien évoluer à la hausse car, entre les bons résultats et le renouveau de l’organisation locale des éleveurs, un vent de dynamisme s’est levé dans les herbages alpins ! Alors que le syndicat local somnolait, le printemps 2021 a d’ailleurs connu un nouveau souffle avec l’Association des éleveurs de chevaux des Savoie, présidé par Rémy Richard.

La Tuilière et Bossy en parfaite harmonie

Natif d’Alsace, Rémy Richard est basé en Haute-Savoie depuis les années 1980, où il a dirigé les écuries de Gavot, puis une structure à Cornier, gérant cinquante chevaux. Depuis deux ans, il est installé avec son épouse Nico, née Lundin et maman de Charlotte McAuley, au haras de Bossy, à Scientriez, dans la vallée de l’Arve, à une quinzaine de kilomètres au sud d’Annemasse (74). Rémy Richard s’est battu avec succès contre les attaques de la maladie de Parkinson et, à soixante ans, il regorge de volonté d’aller de l’avant. « Le syndicat était en sommeil, alors j’ai accepté la présidence de l'Association des éleveurs de Savoie car il y a beaucoup de jeunes éleveurs qui avaient envie que ça bouge. Pour en finir avec les querelles de personnes, nous avons voulu commencer par une réunion conviviale en organisant ce que nous avons appelé "l’apéro des naissances" le 16 mai. Nous ne nous attendions pas à avoir près de deux cents personnes ! », raconte le président. Le deuxième succès est venu le 11 juillet avec un concours d’élevage très réussi, où les juges du stud-book Selle Français ont pu apprécier la qualité de plus de vingt foals présentés, avec un magnifique champion du jour, appelé sans aucun doute à beaucoup de réussite : Maxim'Homme Tuilière, par Quel Homme de Hus, Holst, qui affiche un score de 17,40.

Le haras de la Tuilière est le fief de la famille Lundin depuis les années 1980. « Mon grand-père était déjà cavalier en Suède et ma mère a hérité de sa passion qu’elle nous a transmise à ma soeur Mona et moi. Si les petits McAuley se mettent à cheval, ce sera la sixième génération de cavaliers dans la famille ! », souligne avec joie Nico. « Quand mes parents se sont installés à Genève, ma mère a commencé un petit élevage en 1982 avec une ancienne jument de concours. Puis, en 1986, mes parents ont acheté la Tuilière à Viry (74), qui est un endroit magnifique. Aujourd’hui, nous nous sommes structurés avec l’écurie de compétition dirigée par Charlotte et Mark à la Tuilière et comptant trente chevaux, ainsi que le haras de Bossy où, avec Fabien Duranton, cavalier des jeunes chevaux, et Augustin Bord qui a son diplôme d’inséminateur, nous gérons une vingtaine de chevaux de quatre à six ans et une trentaine à l’élevage, dont nos sept poulinières. Nous avons la chance d’avoir trente-cinq hectares d’un seul tenant avec des pâtures de grande qualité. Ce n’est pas pour rien que ça s’appelle la Vallée Verte ici », ajoute-t-elle. Et Nico l’assure, tout ce beau monde travaille parfaitement ensemble. « On emmène souvent des jeunes à la Tuilière pour les tester. On fait aussi le choix des étalons en concertation. On aime bien les connaître, le comportement est très important dans les croisements. » À voir le lot de foals, ce système fonctionne bien et il y a de quoi assurer la relève des performers maison comme Valentino Tuilière (Diamant de Semill y), ISO 168, performer en CSI5* avec Mark McAuley et exporté aux USA, et Lex Tuilière (Zeus ex Gordios), ISO 139, exporté au Mexique.

La suite de cet article est à découvrir dans le numéro 427 de L'Eperon Hebdo (paru le 20 juillet 2022), disponible sur notre boutique en ligne.