L’éleveur de Royal Feu s’est éteint
vendredi 18 juin 2021

Jean Marie Lécuyer
Jean Marie Lécuyer © Coll.

Jean Marie Lécuyer, l’un des éleveurs marquants de sa génération, est décédé hier à l’âge de 88 ans. Il avait notamment donné naissance à l’étalon Royal Feu.

Jean Marie Lécuyer naît en janvier 1933 dans l’Aisne. Il hérite de ses parents Maurice et Romaine, agriculteurs et éleveurs de moutons, la passion de l’élevage et celle des chevaux qui travaillent la terre. En parallèle de son exploitation agricole située au nord de Rouen, dédiée à la culture des céréales et à l’élevage des vaches laitières, Jean Marie, pour faire plaisir à ses cinq enfants, récupère quelques poneys chez son frère Jean Paul. « Dans les années 70, nous avions jusqu’à quarante poneys à la maison, notre premier cheval est arrivé en 1975 » évoque Pierre. Si Agnès monte pour le plaisir, Régis, Pierre et Valérie exercent leurs talents en compétition jusqu’au niveau 135, et Romain en « classe A ». En 1979,  viennent au monde les premières poulinières, dont Niobe IV,  fille d’Emir du Mesnil (Night and Day ps) et d’Isba (Brilloso), qui perpétue côté maternel la souche de Pierreville et Plein d’Espoirs, ainsi que Neurine (ISO 151/ 1990), fille de Laudanum et Ramona par Casoar. Associée à Lord Gordon, Neurine donne naissance en 1983 à l’étalon Royal Feu (ISO 149/1997), produit marquant de l’élevage Lécuyer. 

L’installation au Haras d’Ysieux 

En 1986, Jean Marie et son épouse Françoise, qui aura travaillé à ses côtés jusqu’à son décès en 2015, décident de vendre leur ferme, où ils restent basés pendant quatre ans. En 1990, toute la famille déménage à Chaumontel (95) au haras d’Ysieux, du nom du cours d’eau qui borde les quinze hectares de la propriété, futur affixe de l’élevage. Jean Marie, qui a décidé de se consacrer uniquement à l’élevage de chevaux, construit intégralement les installations qui aujourd’hui encore accueillent une soixantaine d’équidés. Fidèle à son goût de l’innovation, il aménage des écuries fonctionnelles, équipées de l’une des premières chaînes à fumier. A cette époque, après huit ans en Grand Prix pro 1 sous la selle de Romain, Royal Feu débute sa carrière de reproducteur. Sur plus de 1000 juments saillies, et 650 descendants, citons Diam's III (ISO 183), Diabolo d'Ysieux (ISO 167), King de B’neville (ISO 161), Quir Royal Linière, Feu du Château (ISO 156), Misteur des Vaux (ISO 171), Joyau et Kepi d'Elle (ISO 161), Kire Royal Star (ISO 169), Ninon des Loulou (ISO 161), ainsi que l’étalon Magnus Romeo, et Nayana (ISO 170) gagnante avec Pénélope Leprévost, Diabolo d’Ysieux (ISO 167) et Rocker d’Ysieux (ISO 167) performer sous la selle d’Emeric George. Lorsque Jean Marie prend sa retraite en 1995, Pierre continue à travailler aux côtés de son frère Romain jusqu’en 2016, puis lui rachète ses parts. Depuis, l’élevage se limite à une naissance annuelle, et les produits sont confiés à sa nièce Félicie Bertrand, ou à sa sœur Violette, installée en Belgique. Pierre retiendra de son père une forte personnalité. « Il ne faisait rien comme tout le monde, il était toujours à l’affût de nouvelles idées, il choisissait ses étalons sur leurs performances, et non sur leur modèle. Il a été parmi les premiers à mettre les juments à la reproduction avant leur carrière sportive, ce qui nous permis de produire de très nombreuses générations. » 

Les obsèques de Jean Marie Lécuyer se dérouleront dans la plus stricte intimité familiale. L’Eperon présente ses plus sincères condoléances à ses enfants Agnès, Romain, Pierre, Régis et Valérie, à sa famille et à ses proches.   

Un portrait complet avait été consacré à Jean Marie Lécuyer en avril 1998, à retrouver dans les archives de l’Eperon.