Le Haras de St Lô sous les flammes
vendredi 12 juillet 2019

Haras de St Lô
Haras de St Lô © Capture d'écran

L'année 2019 aura été marquée par de nombreux départs de feu dans différents haras français. Après l'incendie qui a ravagé une partie des infrastructures du Haras de Vauptain en mars, puis du Haras d'Aurois la semaine dernière, ce sont des bâtiments du Haras de St Lô qui ont pris feu cette nuit.

"Le feu s'est déclaré aux alentours de minuit. Il a mobilisé plus de 70 pompiers, qui en sont venus à bout à 4h du matin", déclare choqué et fatigué Yann Adam, directeur du Haras de St Lô. Si les origines de l'incendie sont encore inconnues, le départ de feu aurait pris dans un bâtiment où du fourrage était stocké avant de se propager aux écuries voisines et au laboratoire d'insémination qui les jouxte. "Nous avons réussi à évacuer la vingtaine de chevaux et poneys, notamment grâce à l'aide d'un cavalier professionnel installé sur place et aux nombreux haras voisins venus prêter main forte. Tous les équidés sont sains et saufs", indique le directeur. "Le laboratoire, placé au bout du bâtiment, a été entièrement détruit également. C'est une chance que le feu ait pu être maitrisé de manière à ce que la cuve d'azote qui contient les semences n'explose pas !"

Outre la perte de paillettes de quelques uns des plus grands reproducteurs internationaux, Yann Adam ne peut que déplorer la perte patrimoniale engendrée par l'incendie. "Les deux bâtiments touchés n'avaient pas été détruits pendant la guerre. La totalité des deux charpentes datant de 1886 est partie en fumée. C'était vraiment très impressionnant"

Après une nuit éprouvante, l'heure était ce matin à la réorganisation. "Nous avons trouvé des boxes pour que le cavalier professionnel puisse se réinstaller sur le site. Certains trotteurs pour qui la saison de monte touchait à sa fin sont rentrés chez eux. Nous avons pu compter sur un bel élan de solidarité des haras voisins pour accueillir des chevaux. Des étalonniers de la Manche nous ont aidés ce matin à prélever les étalons avant de les accueillir ensuite dans leur structure". Un élan de solidarité qui n'a rien d'étonnant. "Le Haras de St Lô, c'est le berceau du Selle Français, ça touche tout le monde. C'est le Notre-Dame de l'élevage de chevaux." Il faudra du temps, et de l'argent (l'estimation des dégâts n'a pas encore été faite), pour redonner son aspect d'origine au haras, mais Yann Adam insiste : "On ne va pas se laisser abattre !"