NHS : Cobs normands et Percherons à l’honneur
jeudi 10 septembre 2020

Cobs normands
L'élevage de Cobs normands, race menacée, a su se diversifier pour offrir de nouveaux débouchés aux chevaux lourds © Madeleine Hill

Les centaines de chevaux Selle Français présents au Normandie Horse Show n’étaient pas les seuls stars de l’évènement normand. Leurs ancêtres, les Cobs normands, et les Percherons étaient également représentés et mis en avant.

Ces chevaux lourds, depuis des années en danger d’extinction, réussissent quand même à se maintenir. Il y a même un peu d’espoir du côté des éleveurs qui se consacrent à ces anciennes races normandes. Les naissances, en augmentation graduelle depuis 2017, ont été au nombre de 200 pour les Cobs normands. La même année, 39 étalons étaient enregistrés en activité et près de 350 juments ont été saillies.

Le Cob normand, populaire et polyvalent 

« Le Cob normand a toujours été populaire », affirme Didier Lalonde, Président du Syndicat National des Eleveurs et Utilisateurs de Chevaux Cob Normand. « Si les concours et expositions qui leur étaient dédiés ont quasiment disparu dans les années 80, ils ont été réintroduits grâce au Haras de St Lô et du Pin au début des années 90 suite à la réflexion du directeur du Haras du Pin à l’époque ». 

L’effectif des races lourdes traditionnelles a commencé à diminuer après les guerres mondiales du XXe siècle, cependant ils étaient toujours utilisés par l’armée, surtout pendant la guerre 14-18 durant laquelle énormément de chevaux ont été tuées. Puis avec l’arrivée de l’automobile et la mécanisation de l’agriculture, les chevaux de trait avec leurs charrues ainsi que leurs calèches ont commencé à disparaitre du paysage. Les éleveurs se sont alors tournés vers la boucherie et pendant cette période les Cobs sont devenus plus lourds pour la viande. Mais la demande des boucheries a également diminué, laissant les races lourdes dans une situation périlleuse.

Aujourd’hui, de nouvelles perspectives s’offrent à la race. « Les boucheries, c’est fini maintenant et vu le caractère placide du Cob normand, une issue de secours a été trouvée avec les concours, attelés et montés », explique Didier Lalonde. « Depuis une vingtaine d’années la race a été allégée, on a approuvé des étalons plus légers. Ça reste des chevaux porteurs, mais surtout polyvalents. Le Cob l’a toujours été : il pouvait travailler la terre pendant la semaine, et être attelé pour amener la famille à la messe le weekend. » L’augmentation des naissances témoigne d’un interêt retrouvé pour ces anciennes races. « Il y a aujourd’hui une demande pour le loisir, notamment parce que c’est un cheval assez facile lorsqu’il a été bien débourré. Sans oublier l’aspect économique aussi : c’est un cheval sobre, rustique, qui peut rester au champ toute l’année. Le Cob présente également un bon mental, ce qui permet à un néophyte de s’en servir. » 

L’avenir dans la police ?

Pour l’avenir, outre le loisir, d’autres voies s’ouvrent au Cob normand : les calèches touristiques sont de retour, et les cobs sont souvent utilisés dans le sport pour la voltige, ainsi que l’attelage ; quelques-uns sont exportés chaque année pour la chasse au Portugal. Il a peut-être également un avenir dans la police. Au NHS, la police de Tours étaient présente pour étudier et éventuellement sélectionner des Cobs normands pour travailler avec elle. « C’est un cheval imposant et calme, idéal pour les besoins de la police », détaille Jean Buisson, secrétaire du stud-book. « La police cherche avant tout des chevaux équilibrés, et nous en avons déjà vendu quatre à Tours ».  

Percherons, aussi de retour

Au NHS, les Cobs normands, qui jouaient leur qualification pour le Salon de l’Agriculture, n’étaient pas les seuls chevaux lourds représentés : les Percherons étaient également présents pour décrocher une élection pour les championnats nationaux de la race au Haras du Pin. Cette sélection a d’habitude lieu chaque année à la Foire de Lessay, mais après l’annulation à cause de la Covid, les Percherons ont été invités à St Lo. L’occasion pour Samuel Gloria, président de la Société Hippique Augeron du Cheval Percheron, de rappeler que les naissances de Percheron évoluent également de manière positive. « La race est menacée mais aujourd'hui, il y a environ 800 naissances en France chaque année », explique-t-il. « Ce sont des petits élevages avec deux ou trois poulinières, et un ou deux poulains par an. Le Percheron est toujours un cheval de trait, il peut être utilisé pour la collectivité, les vignobles, le débardage… entre autres ! ». Juge de concours, Samuel Gloria cherche avant tout des chevaux avec un modèle présentant « une belle tête, une belle encolure, un bon dos et des bons membres. Il faut que le cheval ait des bonnes allures au trot, et une belle souplesse. C’est un cheval de sang-froid, il est gentil. Mais c’est également est un cheval de prestige» Pour les éleveurs passionnés de ces races lourdes, les concours sont importants : ils représentent une vitrine pour leur travail autant que pour leurs races menacées. C’est également l’occasion de rencontrer d’autres éleveurs, de s’encourager et d’entretenir de l’espoir pour l’avenir de ces chevaux.  « Il ne faut pas baisser les bras », confirme M. Gloria. « Il faut continuer à élever les chevaux lourds, il y en aura toujours. »  

Le Président du Normandie Horse Show, Jean Claude Heurtaux considère la présence des Cobs normands et des Percherons comme importante. « Le NHS valorise aussi ces races, les races lourdes dédiées à la terre. Elles sont en train de se diversifier pour le loisir et l’attelage, des utilisations adaptées à notre société. L’activité autour de ces races connait un regain d’intérêt, notamment grâce aux choix des éleveurs qui ont modifié leurs croisements pour le loisir, créant ainsi des débouchés supplémentaires pour ces races menacées. »