SOS, recherche poulinière d'urgence
jeudi 02 juin 2022

Poulain
Poulain © Coll. Bénédicte Barrier

Certains poulinages connaissent malheureusement une triste issue : de tout jeunes poulains perdent leur mère ou sont trop faibles pour survivre après leur naissance. Des éleveurs mettent alors tout en oeuvre pour trouver une issue moins tragique à la situation, en se mettant en quête d’une maman adoptive ou d’un poulain à sauver. Pour les y aider, des structures spécifiques et des outils existent.

Depuis qu’elle s’est spécialisée dans l’adoption de poulains il y a une quinzaine d’années, Bénédicte Barrier a vu passer près de 1 000 individus en quête d’une maman. Et se félicite aujourd’hui d’afficher 100% de réussite dans l’association poulains/nourrices. Mais ce chiffre ne serait pas si élevé si Bénédicte ne se pliait pas, depuis toutes ces années, à un processus très rigoureux, ne comptant pas ses heures pour permettre aux tout jeunes chevaux de trouver une mère accueillante et de vivre leurs premiers mois de vie un peu plus sereinement que leurs premiers jours. « Notre activité relève de la néonatalité », indique celle qui est à la tête de l’élevage du Banco, installé au haras de la Cour du Chasseur, sur la commune du Pin-au-Haras (61). « Je suis prestataire pour Equitechnic et je dispose aujourd’hui d’un cheptel de soixante-dix juments environ. Equitechnic possède de nombreuses juments porteuses. En général, lorsque celles-ci prennent un peu d’âge ou ne sont plus aptes à recevoir un embryon, elles intègrent le troupeau des nourrices. Ce sont en majorité des trotteuses, mais il y a aussi quelques Selle Français. Elles ont été manipulées et nous les connaissons bien. » Dès le mois de novembre, certaines sont mises sous lumière artificielle afin de déclencher leur cycle. « Nous sommes susceptibles de devoir répondre à la demande des éleveurs en matière d’adoption dès le mois de janvier, notamment chez les Pur-sang, dont les juments mettent bas plus tôt. Et d’avoir déjà des nourrices de disponibles. »

Un suivi rigoureux et des centaines de biberons

Au haras de la Cour du Chasseur arrivent régulièrement des poulains de toute la France. La fréquence peut varier. « Nous pouvons en accueillir cinq coup sur coup, puis rien pendant une semaine », poursuit Bénédicte. « Mais il faut avoir des juments disponibles en permanence. » Lorsque les poulains arrivent au haras, ils sont généralement nourris au biberon pendant une ou deux journées avant l’adoption. « Il faut ensuite continuer à les nourrir au biberon quelques jours, le temps que le processus de lactation s’active chez la nourrice et qu’elle puisse donner à manger en quantité suffisante au petit. »

La suite de cet article est à découvrir dans le numéro 420 de L'Eperon Hebdo (paru le 1er juin 2022), disponible sur notre boutique en ligne.