Un seul transfert d’embryon pour les juments de pur sang arabe
lundi 18 mai 2020

Elevage PSA
Après débat, l'ACA a tranché : pour les naissances 2022, un seul poulain issu d'un transfert d'embryon pourra être enregistré au stud-book Pur-sang Arabe © Jean-Louis Perrier

Après débat, l’Association du Cheval Arabe (ACA) a pris la décision de limiter à un seul transfert d’embryon annuel par jument pour avoir un poulain inscrit au stud-book du pur sang arabe. Les éventuels poulains issus de transferts supplémentaires pourront être enregistrés comme Demi Sang Arabe (DSA).

Le débat sur le recours au transfert d’embryon avait été largement ouvert au sein de l’ACA depuis plusieurs mois. Un sondage avait été lancé par mail sur un fichier de 1357 contacts, avec malheureusement la déperdition habituelle : pour 527 mails ouverts, seules 132 réponses ont été enregistrées.

A la première question, favorable ou non à la mise en place d’une règlementation, les éleveurs se sont prononcés pour à une écrasante majorité pour : 91% ! La question sur être favorable ou non au transfert d’embryon a reçu une réponse plus mitigée avec 56,5% de pour, et 43,5% opposés. Concernant la limitation en nombre de transfert, si 36% des éleveurs se montraient totalement hostile avec aucun autre produit inscrit, 48,8% votaient pour un produit issu de transfert inscriptible, 10,4% pour deux produits et 7,2% pour trois et plus. 

Une réunion de l’ACA avec les représentants du SIRE le 12 décembre 2019 a permis de codifié les modalités techniques et juridiques et a débouché sur la décision finale du conseil d’administration de l’ACA en faveur de la limitation à un seul produit par transfert d’embryon inscriptible au stud-book français du pur sang arabe, les produits en plus pouvant être enregistrés au registre du Demis Sang Arabe. Pour l’ACA, il s’agit, sans se priver des avancées technologiques en matière de reproduction, de fixer un cadre éthique et de stopper une escalade laissant la part belle aux éleveurs dotés de moyens financiers importants, le coût d’un transfert d’embryon restant élevé. 

Sur le plan génétique, la réflexion est intéressante. D’un côté la décision permet de sauvegarder les meilleures souches, entre la naissance par mère porteuse et celle par la mère biologique, deux produits sont possibles, et le recours au transfert donne une possibilité de procréer pour les juments en compétition. Mais d’un autre côté, la limitation évite d’écraser les potentiels génétiques de nouvelles souches en privilégiant à l’excès les mêmes juments. Il ne faut pas oublier aussi qu’une partie de la production du pur sang arabe est destinée aux courses d’hippodrome où le code des courses exclue les transferts d’embryon. 

La nouvelle règlementation sera applicable à partir de la monte 2021 soit pour les naissances 2022. La décision a relancé le débat, certains éleveurs craignant une fuite des juments vers d’autres pays comme la Belgique où le nombre de transfert n’est pas limité. En effet la WAHO, organisation mondiale du cheval arabe, laisse libre choix à chaque pays de réglementer ses inscriptions, certains interdisant totalement les transferts d’embryon, d’autres n’ayant aucune ingérence. Un des objectifs de l’ACA est aussi d’arriver à une harmonisation mondiale des pratiques utilisant les nouvelles technologies de reproduction.