GSD : Kinai du Rêve I, le doublé et la victoire dans le Cycle libre 5 ans 2ème année
dimanche 27 septembre 2020

Diane Sabathe et Kinai du Rêve
Diane Sabathe et Kinai du Rêve © Les Garennes

Les onze chevaux de 5 ans courant pour la 2ème année, épargnés par les éléments contrairement à leurs cadets en piste ce matin, auront pu exprimer pleinement leur potentiel au jugement expert d’Alain Franqueville, juge international.

Tout comme lors de la reprise préliminaire de vendredi (80.600%), le KWPN Kinai du Rêve (Sandreo) s’impose lors de cette finale avec un score de 80.800%, et obtient une moyenne de 80.700% au critérium, pour le plus grand bonheur de sa cavalière propriétaire Diane Sabathe et de son entourage. Venue de Vic Fezensac dans le Gers, la jeune fille de 21 ans poursuit ses études de lettres modernes et travaille à cheval avec son père Pierre, enseignant d’équitation qui depuis qu’il a cessé son activité se consacre entièrement à sa fille. « Nous avons Kinai depuis qu’il a quatorze mois, nous l’avons dressé nous-mêmes. Il a très bon caractère, il est imperturbable au travail, il a un bon équilibre naturel. Je le monte trois à quatre fois par semaine, il vit au pré à la maison. » Pour l’avenir, Diane compte bien poursuivre la formation de son cheval sur le circuit SHF, et aller le plus loin possible dans la discipline du dressage. Pour le moment, devenir cavalière professionnelle reste du domaine du rêve, mais qui sait … 

En deuxième position au classement final avec une note moyenne de 79%, Légende du Hans, hanovrienne fille de Livaldon, confiée aux rênes de Charles Jousson, seul cavalier de cette catégorie, vivement applaudi par les spectateurs qui avaient bravé la météo. Le jeune homme, qui travaille dans un laboratoire vétérinaire, montait exceptionnellement la jument de sa sœur Céline, à la tête des Ecuries d’Espoir à Angers. « Je monte le soir et pendant le week end. C’était ma première finale jeunes chevaux. Dès qu’elle le pourra, ma sœur remontera Légende. »

Sur la troisième marche du podium, Fitz Roy de Lameth, SF par Noipan, qui obtient une moyenne globale sur les deux reprises de 77.600% sous la selle de Marine Faust.

L’œil du juge

Alain Franqueville, ex-écuyer du Cadre Noir, sélectionneur national et juge international 4*, l’explique « on attend des jeunes chevaux qu’ils soient expressifs dans leurs allures, notamment au trot, mais certains, espérant obtenir de meilleures notes, en demandent presque trop à leurs chevaux, et sont à la limite du trot moyen, dans une vitesse légèrement trop élevée par rapport aux critères demandés. Ce n’est pas un plus d’obtenir de l’extension, en revanche il faut être en mesure d’obtenir du trot de travail avec beaucoup d’expression. »

Interrogé sur la comparaison entre le cycle libre et le cycle classique, Alain Franqueville le souligne, le public des cavaliers n’est pas tout à fait le même. « En cycle classique, ils ont un niveau technique plus abouti et davantage d’expérience. En cycle libre, on voit souvent de très bons chevaux, mais on note parfois des maladresses de la part du cavalier. Parfois, les chevaux sont engagés en cycle libre car ils ont eu un problème de santé, (ou ont été acquis tardivement et n’ont pu bénéficier d’une préparation suffisante ndla), ou encore ont pâti d’une erreur d’engagement et ne peuvent plus poursuivre en cycle classique, qui est un circuit très normé. Ce cycle libre est très utile pour un public amateur. Quelle que soit l’option choisie, l’important est de respecter les différentes étapes prévues dans ces circuits de formation, car l’attention du juge, du cavalier et du coach est concentrée sur les qualités de fond qui permettront la progression, tandis que dans les reprises club par exemple, la précision dans l’enchaînement des figures permet à elle seule de s’en sortir même si les fondamentaux ne sont pas véritablement acquis. C’est une autre logique. » 

Alain Franqueville se dit également satisfait de constater que l’échelle de progression, qu’il a mise en place voilà une dizaine d’années, est enfin intégrée aux critères de jugement. « L’objectif est de mettre l’accent sur les fondamentaux, à savoir la régularité des allures, la souplesse, la décontraction et la qualité du contact. La première fois que j’ai présenté ce projet lors d’un séminaire des entraîneurs, nous avons du faire face à de vraies oppositions de la part de professionnels qui n’envisageaient pas de sortir du célèbre adage Calme, en avant, droit. »

Résultats complets : ICI.