Mondial du Lion, sept ans : Kevin McNab en vainqueur
dimanche 24 octobre 2021

Cute Girl et Kevin McNab sont sacrés champions du monde des sept ans
Cute Girl et Kevin McNab sont sacrés champions du monde des sept ans © PSV Photos

Face à des Britanniques affamés, l'Australien Kevin McNab s'est taillé la plus grosse part du gâteau cet après-midi au Mondial du Lion, dans le championnat du monde des sept ans. Côté Français, la meilleure performance est à mettre au compte de Karim Laghouag, sur Embrun de Reno. Le sélectionneur Thierry Touzaint dresse le bilan de cette édition 2021.

Si Kevin McNab n'avait pas tenu bon, la remise des prix des sept ans du Mondial du Lion aurait eu un air de championnat de Grande-Bretagne. En effet, nos voisins d'Outre-Manche occupent presque toutes les places du top 7. Toutes... sauf la plus prisée ! En tête depuis le début de la compétition, l'Australien Kevin McNab et Cute Girl (Coventry) se sont offert le titre tant convoité au nez et à la barbe des cavaliers de l'Union Jack. « Si une barre était tombée, j’aurais très certainement été celui à blâmer », faisait remarquer Kevin McNab, ravi du comportement de sa jument et de sa facilité à se jouer des difficultés proposées ce dimanche par Jean-Pierre Cosnuau, le chef de piste. « Elle était encore très fraiche ce matin, je l'ai d'ailleurs trouvée plus décontractée que d'habitude du fait d'avoir couru le cross hier. » De la fraicheur, les chevaux de Laura Collett et Selina Milnes en avaient aussi, aucune de ces deux cavalières n'ayant touché la moindre barre. Les coéquipières terminent respectivement deux et troisième, Selina se permettant même d'ajouter 0.8 point de temps à son score sans que cela n'impacte son résultat final. « Je n'ai pas les mots, déclarait Laura Collett. Outback (Duke of Hearts) a été brillant toute la semaine. Il a parfois eu des réactions de bébé, mais il est toujours resté avec moi et m’a fait confiance. » La Britannique estime que son cheval a tout pour lui et qu'elle n'a qu'à bien le monter pour qu'il soit compétitif. « Mon objectif premier était vraiment qu’il engrange un maximum d’expérience pour l’avenir, et je pense qu’il a beaucoup appris. C’est super de pouvoir montrer à des jeunes chevaux une atmosphère comme celle-ci. » De son côté, Selina Milnes savait que Cooley Snapchat (Kannan) était capable de décrocher un podium sur cette échéance. « Je l’ai depuis ses quatre ans, donc je l’ai formé de A à Z. C’est un cheval assez facile, même s’il m'est arrivé de rencontrer de petits problèmes comme vous pouvez en avoir sur des jeunes chevaux. C’est vraiment un excellent cheval et pour être honnête, cette piste aujourd'hui lui allait vraiment bien. J’ai senti qu’il se laissait porter par le public et que ça lui donnait un petit quelque chose en plus », confiait-elle en sortie de piste. 

Une fois de plus, les Britanniques ont livré une véritable démonstration et prouvé (s'il le fallait encore !) que le réservoir de très bons chevaux est loin d'arriver à épuisement puisque Gemma Tattersall, Hayden Robert Hankey, Izzy Taylor et Oliver Townend se classent des quatre au septième rangs, tandis qu'on retrouve Sarah Bullimore un peu plus loin dans le classement, à la onzième place avec Evita AP (Con Air), suite à un hippique pénalisé de deux fautes. 

Karim Laghouag et Embrun de Reno, meilleurs Français

Chez les Bleus, un représentant de l'Hexagone est parvenu à se faire une place dans le top 10. Sous la selle de Karim Laghouag, Embrun de Reno (Eliott MC) termine, comme l'année dernière à six ans, en dixième position de son Mondial du Lion. Il fait partie des cinq chevaux à terminer la compétition sur son score du dressage. « Le cheval est exceptionnel, il s’est beaucoup amélioré cette année. Sur les derniers mois, au niveau cardiovasculaire, gainage… il s’est affuté. Il reste à l’asseoir un peu plus, mais les grands chevaux comme lui arrivent à maturité un peu plus tard morphologiquement parlant, affirme Karim. Patrick Caron m'a beaucoup aidé à travailler sur le saut d'obstacles, et on voit vraiment qu'il a bien progressé sur ce test. Le dressage est vraiment son point fort, c'est à moi de progresser, et il me régale sur le cross. » Benjamin Massié réalise lui aussi une excellente performance avec sa fille de L'Arc de Triomphe, Edition Fonroy. Lui aussi parvient à s'extraire sans embuche du parcours d'hippique pour reprendre quelques places et s'afficher au treizième rang. 

D'autres sont passés à un cheveu du sans-faute, mais n'ont pu éviter la barre... sur le dernier obstacle du parcours. C'est le cas d'Arnaud Boiteau, très déçu de cette faute qui empêche Enpleincoeur Tardonne (Lando) de figurer mieux qu'en seizième position sur le tableau des résultats. Alexis Goury s'est aussi fait avoir alors qu'il menait parfaitement son Elastic Girl Blanche (Canturo). Malgré cette faute qui le relègue au dix-neuvième rang, le cavalier installé à une vingtaine de minutes du Lion d'Angers tire « un bilan super positif » de son premier Mondial. « Cette faute est rageante mais je ne peux pas en vouloir à ma jument, elle a fait un très bon championnat. J'ai réagi un petit peu tard pour lui remettre de la place. C’est une jument qui a tendance à aller vers l’avant et j’aurais dû lui demander de m’attendre un petit peu » analyse le cavalier de vingt-six ans, qui espère de tout coeur pouvoir la garder pour le haut niveau. « On m'a déjà demandé si elle était à vendre et je ne sais pas ce qu'il va être décidé. Mais c'est sûr que si elle reste, ce sera une jument pour faire du haut niveau. » 

La cadette tricolore de l'épreuve, Julie Simonet, termine elle aussi son concours avec un hippique à quatre points, sur la palanque, mais sortait de piste avec un grand sourire et une vingt-cinquième place en poche. Elle qui n'imaginait pas pouvoir se qualifier et encore moins participer à cet évènement est très fière d'Elton des As (Canturo). S'il n'est pas vendu, il devrait « faire le circuit des Jeunes cavaliers. Il me reste encore un an. Ça permettra à mon cheval de tête (Sursumcord'Or, avec qui elle terminait médaillée de bronze en individuelle aux derniers championnats d'Europe Jeunes, ndlr) de faire du haut niveau tout en essayant de l'économiser. » Le champion olympique Astier Nicolas termine dix-huitième avec Cooley Nutcracker (Tolant R), Sébastien Chemin et Esperenzo (Lully Rocio) sont vingtièmes tandis que Sébastien Cavaillon et Elipso de la Vigne (Arko) pointent au quarantième rang. 
À noter que Thomas Carlile a choisi de ne pas présenter Etoile de Béliard (Upsilon) à la visite vétérinaire ce matin pour préserver son intégrité physique.  

« Il y a quand même des chevaux qui ont du potentiel »

À la fin de cette journée de saut d'obstacles, Thierry Touzaint, le sélectionneur de l'équipe de France, dressait un bilan mitigé de cette édition du Mondial du Lion. S'il était évidement ravi de la performance de son neveu, Nicolas, et confiant sur le potentiel de son cheval, Fibonacci de Lessac*HDC, qu'il aimerait bien voir remporter le Mondial des sept ans l'année prochaine, il disait également beaucoup de bien de Fair Lady des Broucks, la partenaire de Thomas Carlile. « Aujourd'hui, elle était un petit peu émotive plus qu’autre chose (sur l'hippique, ndlr). Mais je pense que c’est une bonne jument, qui dresse bien. » Même son de cloche pour le gris de Fabrice Saintemarie, qu'il estimait être lui aussi un « bon représentant ». En revanche, le chef de file des Bleus admet que chez les sept ans « on en a quelques bons, mais pas tout à fait aussi prêts que les chevaux des Anglais. Ça s’est vu dès le dressage. » Il a particulièrement apprécié les prestations d'Embrun de Reno et Enpleincoeur Tardonne. Et de conclure avec honnêteté : « Ce qui ressort de ce Mondial, c’est une fois de plus le potentiel des chevaux anglais et leur nombre ! Face à eux, on n’a pas un grand cru, on ne va pas se voiler la face. En France, on sait que si on sort un ou deux bons éléments tous les ans, ça nous suffit pour l’avenir. Je préférerai en avoir plus, mais on a du mal à conserver nos chevaux actuellement. On va se contenter de ce qu’on a. Il y a quand même des chevaux qui ont du potentiel, il va falloir les garder et les travailler. On va s'en sortir ! »