Trophée L’Eperon : Jean-Marc Le Guennec sacré
jeudi 09 septembre 2021

Jean-Marc Le Guennec lors de la remise des prix du Trophée L'Eperon
Jean-Marc Le Guennec lors de la remise des prix du Trophée L'Eperon © Jean-Louis Perrier

À vingt-quatre ans Jean-Marc Le Guennec appartient à cette nouvelle vague de formateurs talentueux de jeunes chevaux. À la Grande Semaine de Fontainebleau, il a remporté le Trophée L’Eperon, qui récompense le meilleur d’entre eux, devant Corentin Derouet et Valentin Besnard... anciens vainqueurs de ce même trophée. Chez les cavalières, c'est Audrey Paris qui s'est vue récompensée.

Neveu d’Hélène Herrmann, qui dans son haras du Limousin fait naître de multiples performers estampillés à l’affixe Champeix, Jean-Marc Le Guennec trace sa route dans les bonnes maisons normandes. Après un passage au haras des Biches, il travaille depuis deux ans pour le compte de l’élevage de la Cense, près de St Lô. Dirigé par Emmanuel Vincent, le site qui abrite environ trois cents chevaux avec une cinquantaine de naissances par an, est la base normande des frères Markus et Thomas Hauri, dignes représentants d’une grande famille de cavaliers suisses. Jean-Marc le Guennec, ou Jean-Jean pour son fan club, monte une quarantaine de chevaux, quasiment tous âgés de quatre et six ans, avec un objectif de formation et/ou de valorisation. Pour le cru 2021 de la Grande Semaine de Fontainebleau, il présentait douze chevaux avec une réussite exemplaire. Son seul quatre ans engagé, Nabi’s Boy SDW Z (Nixon van’t Meulenhof) est quatrième des ASB, catégorie où ses juments de cinq ans ont fait merveille avec la victoire de Guyana de la Cense (Trésor) et la troisième place de Bred to Jump SDW Z (Bisquet Balou CD Mispel). En Selle Français, Gabonne Champeix (Vagabond de la Pomme) est vingt-huitième avec le label Très Bon. Chez les entiers et hongres, c’est un produit maison qui a le plus de réussite : Goodluck de la Cense (Padock du Plessis), quatorzième avec le label Excellent. Les cinq chevaux de six ans engagés se concluent avec un double succès en finale, associé à Fontaineblau Manciais (Ogrion des Champs), quatrième du championnat et mention Elite, tandis que Festival Semilly (Tornesch) est dix-huitième, soit un label Très Bon.

Jean-Marc Le Guennec avait pourtant face à lui une forte concurrence, puisqu'il devance deux anciens vainqueurs de ce trophée. Son dauphin, Corentin Derouet, l'avait remporté en 2018. Cette année, il avait emmené dix chevaux de cinq et six ans avec lesquels il signe un total de sept sans-fautes, parmi lesquels le vainqueur des six ans, French Lover, fils de Best of Iscla, étalon maison de son patron depuis six ans, Bruno Rocuet, croisé à son ancienne jument de concours Artolitia. « Etre classé dans les trois premiers de ce Trophée est important pour nous, cela contribue à la visibilité», confie Corentin. Valentin Besnard, trente ans, installé avec sa compagne Pauline Paris à Belle Vie en Auge, dans le Calvados, était accompagné lors de ces finales de cinq chevaux de cinq ans et de trois de six ans. Après avoir été sacré meilleur préparateur de jeunes chevaux en 2020, et classé troisième en 2018, Valentin se classe cette année encore à la troisième place. « La majorité des chevaux que je montais appartient à Eric Levallois, deux au Groupe France Elevage et un à l’élevage de Kergenn », indique Valentin, qui a déjà prévu de poursuivre le circuit SHF en 2022.

Audrey Paris, meilleure cavalière

Audrey Paris, vingt-six ans, associée à son père Fabrice au haras familial des Forêts, fondé par son grand père Guy, en tête du classement des élevages de chevaux de sport français 2021, décroche le titre de meilleure cavalière du Trophée l’Eperon, grâce notamment au coaching d’Alexis Gautier, champion de France Pro Elite 2010 et 2011. Sur les sept chevaux qu’elle avait amenés à Fontainebleau, l’étalon de quatre ans Halifax du Barquet (Lauterbach), né chez Benjamin Ghelfi et propriété de Cheval Liberté, décroche la mention Excellent suite à un double sans faute. Guernica des Forêts (Bella Baloubet) pointe en cinquième position de la finale des cinq ans femelles, tandis que la jument de six ans Firefox Champlong (Quite Capitol) se classe troisième de la finale des chevaux autres que SF-AA. « En plus des soixante poulains que nous faisons naître chaque année, nous essayons de plus en plus de développer le côté propriétaires », explique Audrey, soutenue dans ses multiples tâches par cinq employés. Parmi les 250 chevaux accueillis sur le site de Couvains (14), la jeune femme peut notamment compter, côté reproduction, sur les étalons Gwenndu de Kergane (Capoutchi de Kergane), Hélios d’Helby (Cornet Obolensky), et sur la dernière recrue, Exocet du Houssoit (Ugano Sitte). « On vit à 200 à l’heure, mais on ne sait pas faire autre chose », sourit Audrey.