Exquis RB, le bon ‘Siwing’ de Richard Breul
En moins d’un an, l’alezan a franchi un cap. Passé de la selle de son naisseur Richard Breul à celle du Champion Olympique Kevin Staut, Exquis RB est peut-être même en passe d’accompagner le Normand à Aix-la-Chapelle. Itinéraire étonnant d’un cheval exemplaire.
Tout part d’un certain Siwing de Triaval (Bon Ami, sbs et Darling Delatriade, sf par Almé, sf). Acheté à 2 ans par Richard Breul, il est sacré vice-champion de France des étalons l’année suivante à Saint-Lô. « Il possédait de bonnes aptitudes ce qui m’a permis de l’emmener jusque sur des épreuves à 1,50m » explique le cavalier-éleveur. Mort de coliques entre 9 et 10 ans, Siwing de Triaval avait fort heureusement été prélevé et sa semence congelée. « Je l’ai croisé à plusieurs juments dont cette Fantastique vd Watertoren (Quamikase des Forêts, sf x Chin Chin, holst) dont la grand-mère Uchinga Hero était la sœur utérine de trois gagnants à 1,45m et plus (notamment Uchingo d’Esquelmes, Excellent à 6 ans, ISO 161, ndlr). Ce croisement n’était pas du hasard, nous y avions bien réfléchi ! » insiste Richard.
L’irrésistible ascension
Volontaire, doté de bons moyens, Siwing de Triaval avait donc des qualités suffisantes pour convaincre son propriétaire de produire plusieurs poulains. « J’en ai eu quatre et ils ont tous sauté 1,40m et plus » dit-il. Il continue d’ailleurs de monter Esthete, un Siwing sur une mère par Calisco du Pitray. « Exquis RB a débuté très légèrement à 4 et 5 ans, avant de sortir davantage à 6 ans. A 7 ans, il a participé à la finale à Fontainebleau. En fait, j’en ai refusé beaucoup d’argent dès l’âge de 4 ans. Il montrait déjà de l’amplitude, du respect et de bons moyens » se souvient-il. Ensemble ils gravissent les échelons, abordant les 1,45m à 8 ans, puis atteignant les CSI4* l’an dernier. « Je souhaitais qu’il passe un cap et Kevin était la personne toute indiquée » confie-t-il. Le Normand l’a essayé…et adopté. Après une 2e place dans un Grand Prix 1,45m à Lier (BEL), le hongre est aligné dans le Grand Prix 5* d’Amsterdam (NED) avant d’être du voyage à Ocala (USA). Le déclic a eu lieu lors du CSIO5* de St Gall (SUI) début juin où il a pris la 4e place du Grand Prix 1,60m. « Il est sorti à 0+4 dans la Coupe des Nations de Falsterbo et nous avons décidé de ne pas l’engager dans le Grand Prix » glisse-t-il, « nous avons choisi de le préserver pour Hickstead afin qu’il saute le double de bidets…au cas où il irait à Aix en août » finit-il par avouer. « J’ai pris mon temps avec lui et je pense qu’il est physiquement bien endurci.,Chaque fois que Kevin l’a sollicité, il a répondu présent. »
Protégé jusqu’à Aix
Après Hickstead, le couple entrera dans une période d’attente. « Vendredi 17 juillet au matin, j’ai appelé Sophie Dubourg la DTN de la FFE. Je lui ai garantis que le cheval ne serait pas essayé d’ici à Aix s’il était sélectionné, par respect pour Kevin et pour l’équipe de France » confie-t-il. Ensuite ? « J’avoue, je serais content qu’il y aille en 5e. Le projet de départ n’était pas du tout qu’il participe au Championnat du Monde. Tout ce qui se passe depuis sept mois est du bonus. Kevin est tellement fort qu’il faut s’attendre à tout. Comme Julien (Epaillard, ndlr), il est ‘anormalement’ bon. Ce sont les deux ‘jedi’ du saut d’obstacles français, de vrais cavaliers améliorateurs dont les performances reposent sur du talent et un travail acharné. » S’il advenait qu’Exquis RB ne soit pas retenu pour l’échéance mondiale, celui-ci serait de nouveau sur le marché où il est visiblement convoité par des nations lointaines aux moyens importants…

Siwing de Triaval, à une hanche près
L’histoire du père d’Exquis RB est singulière. Bon cavalier, Jean-Bernard Palmer montait au tout début des années 2000 une certaine Darling Delatriade, fille d’Almé. « Il avait déjà trois prothèses de hanche et devait s’en faire poser une quatrième » raconte son épouse Catherine Palmer. « Je voulais absolument qu’il arrête de monter, et je savais que tant que Darling serait performante, il continuerait » avoue l’éleveuse. Elle décide alors d’envoyer la baie à la saillie de Mr Blue, une union qui donna Rekor de Triaval, approuvé à 3 ans et vendu à un amateur. L’année suivante, Darling est saillie par le sbs Bon Ami stationné à l’époque chez Serge Selva au Haras de la Fontaine. Ainsi naquit Siwing de Triaval. En tout, Darling ne donna que quatre poulains mâles, n’assurant pas sa descendance. « Siwing a été sélectionné pour les ventes Fences de novembre où le vendeur doit défendre son cheval. Je n’ai pas bien su le faire et il a été vendu à Richard 5500€ » se souvient-elle. L’alezan brûlé est sacré vice-champion de France des étalons de 3 ans Selle Français la même semaine où son frère utérin était présenté dans les 2 ans et que le petit dernier, Viktor de Triaval (Poor Boy, rhdl), terminait 9e du Championnat de France des foals. « La semaine suivante, le mercredi, Darling est morte après s’être coincée dans son box et fracturée…c’était une jument exceptionnelle qui avait été vice-championne des 4 ans avec Jacques Bonnet » raconte-t-elle. N’ayant eu que des poulains mâles, la seule façon pour Catherine Palmer de retrouver cette génétique est d’avoir enfin une fille de Siwing. « Richard Breul m’a promis une saillie » dit-elle. « J’ai découvert l’existence d’Exquis RB grâce à L’Eperon. C’est le portrait craché de son père, avec sa liste en losange ». Siwing descend de la souche maternelle de Joliette (Dublin, ds), dont la fille Romanesca, sf (Red Star II, ps), propre sœur de la 4e mère de Siwing, a produit Giralda B, sf (Night and Day, ps), la mère du très bon Qualisco III de Jérôme Gachignard. Une lignée maternelle très près du sang avec Fort National et Red Star II, un sang qui se retrouve chez Exquis RB, désormais aux portes de l’échéance de sa vie.