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L’heure de la retraite sportive a sonné pour l’étalon Hello Vincent

Emilie Dupont 12 juin 2023

Après plusieurs années au plus haut niveau, Hello Vincent (né Coquin de Coquerie Z), quatorze ans, en a fini avec le sport et va désormais uniquement se consacrer à sa carrière d’étalon, comme l’a annoncé son cavalier, Scott Brash.

Il avait notamment marqué les esprits en remportant les Grands Prix Coupe du monde de Londres en 2019 et de Lyon en 2021, mais également le prix Allianz (1,55 mètre) du prestigieux CHIO d’Aix-la-Chapelle il y a deux ans. Sous la selle de Scott Brash, Hello Vincent a atteint ce que l’on peut appeler l’apogée de sa carrière sportive, qui s’est finalement conclue lors du CSI2* de Lier en mars dernier, dernière compétition internationale à laquelle il a pris part. Car, comme l’a annoncé Scott Brash ce lundi 12 juin, Hello Vincent ne foulera désormais plus les terrains de concours. “Je suis extrêmement triste d’annoncer que l’heure de la retraite sportive d’Hello Vincent est venue, mais très heureux de dire qu’il sera désormais stationné et disponible en tant qu’étalon chez Stallion Al Services“, écrivait le Britannique sur ses réseaux sociaux.

Bon sang ne saurait mentir

Issu du croisement entre Consul DL Vie Z et Quadrille de Coquerie, SF (Fergar Mail, SF), Hello Vincent a ainsi le sang de quelques très grands noms de l’élevage, à l’image de Clinton, Holst (son grand-père paternel), Laudanum, PS et Papillon Rouge, SF (que l’on retrouve du côté maternel), mais également de la prolifique Girl de Coquerie, sa deuxième mère, qui a notamment engendré Déesse de Coquerie (par Consul DL Vie Z et qui s’illustre actuellement en CSI5* avec Marlon Modolo Zanotelli), Ugano de Coquerie (par Indoctro, Holst et que l’on a également pu voir en CSI5*, notamment sous la selle de Kevin Staut) ou encore Team de Coquerie (par Heartbreaker, KWPN, qui a atteint le niveau 5* avec Darragh Kenny). La mère d’Hello Vincent (soeur utérine des précédemment cités, donc), Quadrille de Coquerie, a quant à elle également produit le jeune étalon Feeling de Coquerie (Cornet Obolensky, Bwp) qui, à huit ans, s’illustre en CSI3* sous selle bulgare, et Diana de Coquerie (Malito de Reve, Bwp), dix ans, que l’on peut actuellement observer sur les CSI1* avec Audrey Paris. Bref, c’est d’une excellente lignée maternelle qu’est issu Hello Vincent et, encore une fois, bon sang ne saurait mentir.

Agréé au stud-book Zangersheide, l’étalon n’a pour le moment aucun descendant, sa carrière sportive ayant été la propriété durant les dernières années. Mais on ne devrait pas attendre bien longtemps avant de voir naître les premiers produits du beau bai, maintenant que sa carrière d’étalon est officiellement lancée.

Parcours sans faute

Né en France, et plus précisément dans la Manche chez Raphaël Dulin et Annick Dulin Le Goupil, Coquin de Coquerie Z (par la suite renommé Hello Vincent, notamment en référence à Vincent Van Gogh, qui avait lui aussi l’oreille coupée) a tout d’abord évolué sur le circuit dédié aux jeunes chevaux tricolores, sous la selle de Ferguson Burt, alors cavalier de l’élevage de Coquerie. Vainqueur de quasiment toutes les épreuves auxquelles il a pris part à quatre ans, le bai en a fait de même à cinq ans, avant de changer d’écuries et de drapeau. Il faut dire qu’un tel cheval, avec une aussi jolie tête, un style quasi parfait et un si grand potentiel, laisse rarement indifférent. A six ans, c’est avec le Britannique Tim Wilks qu’on le retrouve, sur les CSIYH1*, où il enchaîne les sans-fautes et se classe régulièrement, ainsi que lors des championnats du monde Jeunes chevaux de Lanaken. En 2016, il poursuit son ascension vers le haut niveau aux côtés de Jodie Hall McAteer, avec qui il figure très souvent au classement d’épreuves labellisées 4* et participe aux championnats d’Europe Juniors de Samorin en 2017, avant de rejoindre les écuries de Scott Brash en 2019 et de faire ses premiers pas en CSI5*. Tel a ainsi été l’itinéraire de ce talentueux cheval français, qui a brillé à travers le monde, fait le bonheur de cavaliers français et britanniques et devrait, désormais, très certainement faire celui d’éleveurs à travers le monde.

Photo : Hello Vincent et Scott Brash. Crédit : Eric Knoll.