Le tableau inachevé de Vangog du Mas Garnier

A seulement 16 ans, le sympathique étalon gris s’est éteint dans son paddock du Haras de Saint-Lô. Partenaire d’Olivier Robert jusqu’en Grand Prix 5*, il avait été acquis par France Etalon fin 2022. Il n’a eu le temps de saillir qu’un peu plus de 200 juments en trois saisons.
Avec sa jolie tête et son coeur énorme, Vangog avait conquis le public, y compris sur la scène internationale. Vainqueur du Grand Prix du Global Champions Tour de Rome au printemps 2021, il avait terminé sa carrière de compétiteur lors du CSI5*-W de Bordeaux en février 2023, avec une 4e place dans l’épreuve qualificative pour le Grand Prix. Débuté par Armand Darragon à 4 ans qui l’emmena à la victoire dans la Petite Finale SHF, il poursuivit aux rênes du normand Benjamin Bailly avec 8 sans faute à 5 ans (non qualifié pour la finale), et une 2e place en Petite Finale à 6 ans. Après trois tours sous la selle d’Eugénie Angot au CSIYH de Royan en mars 2016 (3 sans fautes), il rejoignit le piquet du Bordelais Olivier Robert qu’il accompagna ainsi durant un peu plus de sept saisons. Il marqua les esprits dès ses 8 ans en se montrant à l’aise sur 1,45m/1,50m, avec une très belle 2e place dans une 1,50m au CSI5*-W d’Oslo (NOR). L’année suivante, il remporta sa toute première épreuve internationale au CSI3* de Saint-Lô (1,45m), et prit part à la mythique Coupe des Nations d’Aix-la-Chapelle (GER) dont il termine 3e (avec le score raisonnable de 4+5 pts).
Le sang d’Ifrane
Michel Guiot et Denis Hubert, codirigeants de France Etalons, n’ont pas seulement été séduits par les aptitudes sportives du gris. Sa souche maternelle les intéressait au plus haut point : Vangog descendait de la même lignée basse que leur protégé Mylord Carthago. Tous deux sont des arrière-petits-fils d’Ifrane, jument Anglo-arabe de complément par le pur-sang Château du Diable née chez Roland Gilberton. Celle-ci donna d’abord Morgat, ac (Drapeau Rouge, ps) ISO 177, puis Nifrane, sf (Fury de la Cense, sf) mère de la fameuse Fragance de Chalus d’où, entre autres, Bamako de Muze, Mylord Carthago, Nartago ou encore Jolly Girl Kervec, et donc Caprice d’Ifrane, sf (Galoubet A, sf), la grand-mère de Vangog. Exploitée par plusieurs grands élevages, Caprice n’a pas eu la production espérée, à l’exception de l’étalon Triomphe de Muze, bwp (Chin Chin, holst). Sa fille Natasha, issue du chef de race Quidam de Revel, n’évolua jamais en compétition et effectua sa carrière au sein de l’élevage de Frédérique et Dominique Maes, en Seine-et-Marne, à quelques encablures de Fontainebleau. Après Tsara du Mas Garnier, sf (Argentinus, han) acquise par Mickaël Varliaud et qui lui a offert Dorado de Riverland, sf (Untouchable M, kwpn) ISO 159, Natasha donna naissance à Vangog du Mas Garnier en 2009, fruit de son union avec le jeune (à l’époque) Cornet Obolensky, alias Windows vh Costerveld, bwp (Clinton, holst). Les époux Maes répétèrent ce croisement à deux reprises, obtenant deux femelles mais aucune n’a été conservée à l’élevage.
Sang et influx
Très marqué par ses origines imprégnées de sang, il donnait une impression de légèreté sur les barres. Son énergie et sa générosité faisaient de lui un étalon intéressant à croiser avec des juments ayant du gabarit, du cadre, de la taille et de l’os, à qui il pouvait léguer sa réactivité et sa souplesse. Stationné cette saison au Haras de Soual, il a réellement débuté sa carrière d’étalon en 2023, laissant penser que le meilleur est à venir dans sa production. Il restera disponible en 2026 en semence congelée.
La rédaction de L’Eperon adresse ses plus sincères pensées à l’entourage de Vangog, à commencer par Michel Guiot et Denis Hubert, ainsi que ses anciens cavaliers, sa groom et ses naisseurs.